Re: Rép : Prochaine AG
Philippe Tarroux <[email protected]>
| Newsgroups | gmane.comp.lang.ada.france |
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| Message-ID | <[email protected]> |
Stéphane Rivière a écrit : > Bon je me suis fait avoir avec cette liste mal configurée (un reply > simple ne renvoit qu'à l'émetteur du message, ce qui est > particulièrement illogique pour une mailing list). > > --- > >> Je pense que meme sans journée physique ca serait dommage de perdre >> l'infrastructure existante : liste de membres, serveur, contacts avec >> les autres associations, etc... L'investissement pour maintenir >> cela est minimal et je propose de m'y coller. Refaire cela depuis >> zero plus tard sera bien plus couteux. > > +1 > > >> Ensuite peut recommencer doucement la partie "virtuelle" en >> restructurant un peu le site web/wiki, animer doucement la mailing liste >> (infos sur GCC/GNAT), mettre quelques infos Ada en français sur >> identi.ca / twitter / facebook / linkedin / etc : c'est ce que je me >> propose de faire. Il y a des communautés raisonnablement actives et >> utiles qui fonctionnent uniquement en virtuel. > > +1 > >> >> Un truc qui m'interesse est de par exemple un tour des enseignements >> pour voir ou ca en est au niveau langage dans les cursus en France (Ada >> bien sur mais pas seulement), et c'est plus facile a faire quand il y a >> une structure qui mene la demarche. >> >> Ensuite si cela reveille un peu les affinités et des intérêts Ada on >> pourra envisager des rencontres physiques. > > +1 > > Je ne suis pas contrariant ce matin :) > > Je crois qu'on est tous d'accord (enfin ceux qui veulent continuer) que > perdre l'existant serait un recul très regrettable. > > Le site est ce qu'il est, mais il est là. La liste des adhérents aussi, > etc... > > Je trouve regrettable que le pays de naissance de Ada, même si ce n'est > pas celui qui l'a suscité, et qui possédait un fond d'enseignement > souvent fondé sur Ada, perde son association, surtout à un moment où un > revirement est peut être possible. > > En effet, l'informatique (au sens large) est irrationnelle car elle est > finalement le reflet de la société dans laquelle nous vivons. > > Nous subissons depuis plus de 10 ans un assaut de concepts véreux, avec > la finalité de produire des applications jetables, conçues par des > développeurs jetables. > > Il est possible qu'aujourd'hui, dans l'ère du recyclage, de l'écologie > et du "durable" à toutes les sauces (quelque soit ce que l'on peut > penser de ces incantations et de leurs conséquences réelles), que l'on > revienne à du code également "durable", donc écologique. > > Compte tenu de la couleur du langage Ada, je trouve que c'est une > coïncidence qu'il faudrait exploiter, afin de faire "redécouvrir" les > vertus assez uniques de ce langage, déclaré mort à maintes reprises, > mais qui est toujours bien là... > > Dissoudre l'association aujourd'hui me semble donc une très grosse > erreur de timing. Si cette décision est reportée, je suis prêt à y > adhérer. > Bonjour à tous, Etant dans la mailing list je vois passer les mails concernant l'association et vous me permettrez (même si je ne suis pas officiellement membre de l'association) de donner mon avis. Je réagis d'autant plus que je partage l'avis de Stéphane Rivière et d'un certain nombre d'autres qui se sont exprimés sur cette liste. Comme certains d'entre vous le savent, j'ai découvert Ada à sa naissance au moment où par ailleurs j'enseignais les bases de la programmation. Il n'y avait pas mieux comme support pour apprendre la rigueur et les bonnes pratiques et cela ne s'est pas démenti par la suite. Mes derniers enseignement avec Ada se sont terminés à Orsay quand j'ai cessé d'enseigner à des novices en programmation. Mon intérêt pour le langage reste très vif et j'ai pu, dans mon groupe de recherche, convaincre quelques jeunes collègues de l'intérêt du langage (surtout depuis qu'il inclut pleinement l'approche objet). Malheureusement, les temps sont à l'adoration de la nouveauté et de l'éphémère et nos idées de code réutilisable sont passées de mode. La sécurité et la sureté de programmation sont incarnées par d'autres pratiques même si les jeunes informaticiens ignorent que certaines dispositions qu'ils trouvent géniales dans les langages modernes sont d'abord apparues en Ada. Je crains que l'attitude qui consiste à professer qu'écrire soigneusement maintenant peut éviter de gros ennuis plus tard ne soit pas de mode, dans un monde où l'on privilégie l'instantané. Je prendrai un seul exemple, celui du typage fort : au lieu de voir son absence dans certains langages modernes comme un obstacle à l'écriture de codes sûrs, les promoteurs de ces langages mettent en avant la souplesse que cette absence entraîne. Les trente dernières années d'éducation ont, dans nos sociétés occidentales, privilégié la créativité et la facilité d'une fausse liberté à l'apprentissage de règles éprouvées. Ne nous étonnons pas après cela de. la désaffection des étudiants pour les filières scientifiques et de leur répulsion vis à vis des langages de programmation un peu contraignants. Ceci étant dit, tentons aussi de regarder les choses objectivement : Ada ne souffre pas seulement de son caractère strict réel ou imaginaire. A mon avis, il souffre d'un manque criant de bibliothèques qui permettraient de l'utiliser dans les contextes de l'informatique actuelle : de vrais bindings maintenus vers les outils graphiques, les bases de données, le web, le calcul scientifique lui ouvriraient une plus vaste communauté. Pour cela il faut des bras en particulier dans la communauté du logiciel libre, justement celle où l'on va trouver les personnes les plus réfractaires à utiliser un langage contraignant qui, bien que ce soit faux, passe pour conserver le coté militaire de son origine. La communauté actuelle de développeurs en Ada n'est pas tournée vers ces aspects. Combien de temps par exemple a-t-il fallu attendre pour que jgnat renaisse de ses cendres? Je manque d'information précises sur l'activité des autres associations nationales concernant Ada. Certaines à ma connaissances ont disparu, d'autres se maintiennent. Sont-elles confrontées aux mêmes difficultés que nous? Par ailleurs avons nous des indicateurs fiables de l'évolution de la pratique d'Ada. Bien sûr le milieu académique abandonne son usage dans l'enseignement au fur et à mesure des départs en retraite des enseignants de la première heure. Les étudiants là encore veulent des langages qu'ils pourront faire figurer sur leur CV, mais qu'en est-il de l'évolution dans le milieu industriel? Je pense qu'il faut aussi réfléchir au fait que l'association devrait être là pour accompagner la promotion du langage mais que d'autres moyens font la notoriété d'un langage. Java, C++, Python ou autres n'ont pas besoin d'associations pour exister. Ils existent par les communautés qui les font vivre. Avons nous les moyens et la volonté d'aller dans cette direction? Si l'association continue, ce que je souhaite, j'y adhérerai formellement. N'étant pas membre officiellement, je ne sais pas si j'ai un droit de vote. A toutes fins utiles je donne mon pouvoir à Jean-Pierre Rosen avec possibilité de le transmettre. -- *Philippe Tarroux* LIMSI-CNRS Groupe Cognition, Perception et Usages Systèmes et Modèles Perceptifs +33 (0) 1 69 85 80 86 _______________________________________________ Site WWW de l'association Ada-France: http://www.ada-france.org/ [email protected] http://www.ada-france.org/mailman/listinfo/ada-france