BMCR 2008.12.26, Guglielmo Cavallo, La scrittura greca e latina

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Guglielmo Cavallo, La scrittura greca e latina dei papiri: Una
introduzione. Studia Erudita 8.  Pisa/Roma:  Fabrizio Serra, 2008.  Pp.
206.  ISBN 9788862270144.  EUR 44.00 (pb).

Reviewed by Jean A. Straus, Universite/ de Lie\ge, CEDOPAL
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Word count:  2905 words
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Ce livre n'est pas un manuel de pale/ographie pour papyrologues, mais
une histoire des e/critures grecque et latine que l'on trouve dans les
papyrus. Papyrus est le mot repris dans le titre. Il est un peu
trompeur. En effet, si l'auteur utilise l'e/norme masse des papyrus
disponibles, il a recourt aussi aux parchemins, ostraca, tablettes de
bois et tablettes cire/es dont l'apport est loin d'e^tre ne/gligeable
pour son e/tude. Par ailleurs, qui dit papyrus pense avant tout a\
l'Egypte et l'immense majorite/ des te/moins que l'auteur emploie
provient de ce pays. Mais plusieurs papyrus viennent d'autres re/gions
(Italie, Gre\ce, Israe+l, Jordanie, Syrie) et il en va de me^me des
parchemins (Syrie), des ostraca (Libye) et des tablettes
(Grande-Bretagne, Alge/rie) sans oublier les codex sauvegarde/s dans
des bibliothe\ques depuis l'antiquite/ tardive. Cavallo ne ne/glige
aucune source. En de/finitive, il nous offre une histoire des
e/critures grecques et latines utilise/es dans des textes documentaires
ou litte/raires non e/pigraphiques jusqu'a\ la fin du VIIe s. p.C., en
prenant pour point de de/part la seconde moitie/ du IVe s. a.C. pour le
domaine grec et le Ier s. a.C. pour le domaine latin.

Le lecteur de ce compte rendu doit en e^tre conscient: les lignes qui
suivent donnent une image tronque/e du livre recense/. En effet,
celui-ci est exceptionnellement analytique et il est impossible de
re/sumer en 2500 mots les innombrables analyses extre^mement
approfondies et tre\s fines que l'auteur donne des diffe/rentes
e/critures utilise/es dans la documentation dont il dispose. Dans la
mesure du possible, j'ai essaye/ de pre/senter les e/critures les mieux
atteste/es a\ une chaque e/poque. Mais d'autres e/critures, dont
certaines ne sont que des variantes, cohabitent avec celles-ci. Je n'ai
pu en rendre compte.

La partie de l'ouvrage consacre/e a\ l'e/criture grecque est la plus
e/tendue parce que la mieux documente/e (p. 21-140). En voici les
diffe/rents chapitres. "Les plus anciennes e/critures grecques sur
papyrus (IVe-IIIe s. a.C.)" (p. 21-38). Dans les plus anciens te/moins
papyrologiques, l'e/criture grecque ne pre/sente pas de diffe/rence
substantielle entre les usages documentaires et libraires et ne
diffe\re gue\re, sauf certains trace/s plus souples, de l'e/criture
utilise/e dans les inscriptions contemporaines. Mais ces papyrus
anciens sont trop rares et trop mal re/partis dans l'espace pour rendre
compte d'une situation graphique qui devait e^tre plus complexe. Dans
des papyrus un peu plus re/cents apparaissent des formes graphiques qui
tendent toujours a\ plus de rapidite/. Dans une se/rie de documents
provenant des papiers de Ze/non et e/crits a\ Alexandrie, on trouve une
e/criture assez stylise/e appele/e e/criture de chancellerie
alexandrine. Sa caracte/risrique la plus e/vidente est la disposition
des lettres selon une ligne directrice qui en de/termine la
morphologie. Il est probable que cette e/criture a e/te/ adopte/e sous
une forme moins rigide et stylise/e dans les  papyrus litte/raires. Les
lignes ulte/rieures de l'e/volution de l'e/criture grecque entre la
moitie/ et la fin du IIIe s. peuvent se suivre a\ travers des te/moins
qui, me^me s'ils ne sont pas de/pourvus d'e/le/ments graphiques de
l'e/criture de chancellerie alexandrine, s'en de/tachent, car la forte
extension horizontale de l'e/criture dans son ensemble leur fait
de/faut tandis que les lettres prennent des trace/s plus souples et des
proportions plus re/gulie\res. En fait, le ductus se montre tanto^t
plus pose/ et calligraphique tanto^t plus rapide et informel. On peut
aussi observer que, de/ja\ au IIIe s., on assiste a\ la naissance d'une
e/criture dote/e de traits de/coratifs. Les me^mes caracte/ristiques se
retrouvent sans diffe/rences substantielles dans les e/critures des
papyrus litte/raires entre le second quart et la fin du IIIe s. a.C.
Parfois, cependant, le ductus est plus pose/ et les formes plus
arrondies et calligraphiques. On assiste en fait a\ la naissance d'une
ve/ritable e/criture libraire que l'auteur met en relation directe avec
la fondation de la bibliothe\que d'Alexandrie. Selon lui, celle-ci
devait imposer une production libraire plus intense qui de/termina une
e/volution et un affinement des formes d'e/criture vers plus de
calligraphie.

"De la non distinction a\ la distinction: e/critures cursives et
e/critures pose/es (IIe s. a.C.)" (p. 38-49). La transition du IIIe au
IIe s. ne se marque pas par des transformations radicales dans
l'e/criture grecque, mais on observe un e/cart toujours plus prononce/
entre e/critures pose/es, parfois calligraphiques, et e/critures
semi-cursives ou cursives. C'est de toute e/vidence dans ces dernie\res
que les signes e/voluent vers de nouvelles formes. Selon l'auteur, la
cursive, une e/criture de ductus tre\s rapide, ne pouvait pas nai^tre
avant la pleine e/poque helle/nistique. En effet, c'est seulement alors
que les pratiques administratives atteignent une intensite/ et une
diffusion impensables me^me a\ l'e/poque de la polis quand les affaires
entre les citoyens se fondaient plus sur les rapports verbaux que sur
la documentation e/crite. Une observation analogue vaut pour les
e/critures libraires qui, sous l'influence de la cursive, tendent a\
devenir toujours plus rapides et informelles non seulement par les
interactions e/videntes avec les e/critures documentaires, mais aussi
par la demande de livres et les pratiques de lecture autrement plus
e/tendues qu'aux e/poques pre/ce/dentes. Pourtant l'e/volution de
l'e/criture dans le sens cursif est pluto^t lente puisqu'on ne peut
parler de ve/ritables semi-cursives ou cursives qu'a\ partir du
IIIe-IIe s. A co^te/ de ces e/critures fleurit au IIe s. un courant
d'e/critures pose/es qui se manifeste non seulement dans la production
libraire, mais aussi dans la production documentaire soit pour
confe/rer a\ des documents une certaine dignite/ graphique soit parce
que certaines mains e/taient coutumie\res des e/critures pose/es et non
des cursives.

"Maturation et varie/te/ des e/critures cursives et pose/es (Ier s.
a.C. - Ier s. p.C.)" (p. 49-78). Dans les documents du Ier s. a.C., on
utilise avant tout des e/critures semi-cursives ou cursives me^me si
une distinction nette entre les deux cate/gories ne peut e^tre
e/tablie, car le degre/ de "cursivite/" des diverses e/critures varie.
En fait, la cursive atteint la pleine maturite/ vers l'e/poque
d'Auguste. On trouve aussi des textes litte/raires en semi-cursive ou
cursive, normalement des copies prive/es. Dans cette pe/riode Ier s.
a.C. - Ier s. p.C., une riche se/rie d'e/critures pose/es et
calligraphiques apparai^t.

"Ecritures libres et e/critures normatives (IIe-IIIe s. p.C. et
au-dela\)" (p. 78-118). La pe/riode entre le Ier et le IIIe s.
te/moigne du plus grand accroissement de la production e/crite qui
atteint son point culminant au IIe s. Pour expliquer ce fait, l'auteur
avance une hypothe\se : la re/organisation administrative de l'empire
romain en ge/ne/ral et de l'E/gypte en particulier exigeait un plus
grand nombre de fonctionnaires qui ont produit une e/norme
documentation. De plus, l'instruction scolaire plus re/pandue a pour
conse/quence l'augmentation du nombre des personnes qui lisent et
e/crivent. En tout cas, a\ partir du IIe s., dans le domaine des
e/critures soit cursives (ou semi-cursives) soit pose/es et
calligraphiques se perc,oit un processus de diffe/renciation majeure
des typologies graphiques me^me si de ve/ritables changements
structurels font de/faut. A co^te/ des e/critures cursives se
rencontrent, dans les pratiques documentaires des IIe et IIIe s., des
e/critures dont les lettres ont plusieurs fois une base ou des
e/le/ments cursifs, mais qui dans l'ensemble sont trace/es avec un
ductus plus ou moins pose/. Une e/criture de chancellerie autrement
stylise/e et assez caracte/ristique s'affirme entre le IIe et le IIIe
s. et aura une influence plus ou moins marque/e sur les documents de
l'e/poque: l'e/criture de chancellerie alexandrine dite de Subatianus
Aquila. Les e/critures pose/es que l'on rencontre aux IIe et IIIe s.
dans les papyrus litte/raires montrent une grande varie/te/ de
solutions graphiques. L'apparition a\ cette e/poque de nouveaux
courants culturels, de nouveaux faisceaux de lecteurs, de nouvelles
pratiques de lecture, de nouveaux textes et la cre/ation de nouvelles
bibliothe\ques publiques et prive/es imposaient une production libraire
plus vaste et plus varie/e qui re/pondait aux exigences multiples d'un
public socialement et intellectuellement stratifie/. L'e/criture montre
donc des typologies graphiques diversifie/es en relation avec ces
exigences multiples. Le phe/nome\ne graphique le plus notoire auquel on
assiste parmi les e/critures pose/es et calligraphiques de cette
e/poque est la formation d'e/critures normatives c'est-a\-dire
d'e/critures qui suivent certaines re\gles re/pe/te/es soit dans les
techniques soit dans les manie\res d'exe/cution. Ces e/critures se
forment sur le terrain des diverses tendances graphiques de l'e/poque
que l'on ne peut examiner faute de place. A l'inte/rieur des courants
les plus importants, on se contentera de citer la majuscule arrondie ou
onciale romaine, la majuscule biblique, la majuscule alexandrine,
enfin, le style se/ve\re. L'e/volution de deux branches du style
se/ve\re donnera naissance a\ la majuscule ogivale droite et a\ la
majuscule ogivale incline/e.

"De la majuscule a\ la minuscule (IVe - VIIe s. p.C.)" (p. 118-140).
Plus on avance dans l'e/poque byzantine plus la richesse se concentre
dans les mains de puissantes familles entrai^nant la disparition ou
presque de la cate/gorie sur laquelle reposait l'instruction et la
culture. S'ensuit une concentration de l'alphabe/tisation et de la
production libraire a\ l'inte/rieur de grandes familles de
fonctionnaires d'Etat et de proprie/taires terriens et a\ l'inte/rieur
des nouvelles institutions repre/sente/es par les e/glises et les
monaste\res. La documentation reste abondante, mais les typologies sont
moins diversifie/es qu'a\ l'e/poque romaine. La production des livres
est marque/e par la rare/faction de ceux-ci, mais aussi par une moindre
pre/sence de textes de la tradition classique au profit d'e/crits
chre/tiens. Dans le domaine des e/critures soit cursives et
semi-cursives soit pose/es d'usage bureaucratique ou de chancellerie,
au IVe s. et aux sie\cles suivants, on peut e/tablir encore une fois
une distinction entre un courant caracte/rise/ par la verticalite/ des
axes, des formes arrondies et souvent un agrandissement des lettres et
un courant reconnaissable a\ l'inclinaison des axes et a\ l'allongement
des hampes. Mais les variantes ne manquent. Les transformations
graphiques qui prennent cours a\ cette e/poque sont strictement lie/es
aux re/formes de Diocle/tien a\ la suite desquelles la langue et
l'e/criture latines pe/ne\trent en E/gypte comme jamais auparavant.
Dans les milieux administratifs ou judiciaires oeuvrent des mains
toujours plus nombreuses capables d'e/crire dans les deux langues et
les deux e/critures. L'e/criture bureaucratique grecque fonde/e sur la
majuscule entre toujours plus en contact avec l'e/criture latine
maintenant fonde/e sur la minuscule jusqu'a\ la formation de signes
graphiquement e/quivalents, mais parfois phone/tiquement diffe/rencie/s
dans les deux e/critures. Ce phe/nome\ne, la koine\ graphique
gre/co-latine, amorce un processus de transformation plus rapide des
formes graphiques majuscules en minuscules. Des papyrus montrent que le
passage de la majuscule a\ la minuscule est acheve/ entre le Ve et le
VIe s. au moins dans certaines pratiques documentaires. En dernie\re
analyse, la koine\  graphique gre/co-latine a e/volue/ en cursive
byzantine. Enfin, quand, dans le monde byzantin des alentours de 800,
surgissent de nouveaux ferments culturels et quand les e/critures
majuscules antiques et monumentales a\ usage libraire disparaissent,
c'est la stylisation de chancellerie ope/re/e sur la cursive byzantine
qui est promue comme e/criture des livres devenant ainsi la minuscule
grecque normale de Byzance. Il s'agit d'une e/criture pluto^t
e/le/gante, mais qui peut e^tre exe/cute/e avec un ductus rapide,
adapte/e a\ re/aliser des livres lisibles en un temps relativement
bref, comme les nouvelles pratiques intellectuelles le re/clament.

Cavallo passe ensuite a\ l'e/criture latine (p. 142-190). Les papyrus
latins sont bien moins nombreux que les papyrus grecs. Par ailleurs, la
plupart d'entre eux proviennent d'Egypte alors qu'une masse e/norme de
te/moignages e/crits e/tait produite en Italie et dans la partie
occidentale du monde romain. Heureusement, me^me si bien peu de ceux-ci
subsistent, ils ont permis d'ame/liorer nos connaissances.

"Cursive et capitale (Ier s. a.C. - Ier/IIe s. p.C.)" (p. 143-156).
L'e/criture cursive latine apparai^t dans les documents survivants au
Ier s. p.C. : elle est caracte/rise/e par une inclinaison nette vers la
droite, des variantes graphiques, des ligatures importantes. Cette
e/criture montre qu'a\ cette e/poque, l'e/criture latine, dans
certaines de ses manifestations, s'est libe/re/e des trace/s rigides
propres aux e/critures sur tablettes me^me si ceux-ci continuent a\
re/sister encore longtemps. Un autre genre d'e/criture est celui qui,
me^me s'il est exe/cute/ a\ l'encre sur papyrus, semble constituer la
transposition d'une e/criture grave/e avec le stylet sur tablettes de
cire. L'usage d'un calame a\ pointe flexible fait que l'e/paisseur des
traits varie plus ou moins. Mais l'existence de plumes me/talliques,
e/videmment utilise/es avec de l'encre, est bien atteste/e. Il n'est
donc pas exclu que, pour les e/critures sur papyrus (ou directement sur
le bois) trace/es selon l'e/ducation graphique et les modalite/s de
l'incision dans la cire, on en faisait usage a\ la place du calame.
Mais il s'agit d'une hypothe\se qu'il faut ve/rifier. Existe aussi au
Ier s. une capitale dont les plus beaux exemples se trouvent dans les
livres. En voici quelques caracte/ristiques : lettres de formes
e/pigraphiques, rigoureusement isole/es et avec hastes verticales ;
dessin souple ; d'habitude, contraste d'e/paisseur entre les traits;
souvent ajouts d'e/le/gants appendices aux extre/mite/s des traits
verticaux.

"L'e/criture latine entre capitale, e/criture de chancellerie, cursive
et minuscule" (IIe-IVe s. p.C.) (p. 156-175). A partir du IIe s., un
type spe/cial de capitale pose/e est atteste/ dans les pratiques
documentaires. A part quelques simplifications de trace/, il ne
re/sulte pas de diffe/rence dans la forme des lettres. Le caracte\re
distinctif le plus notoire est constitue/ par l'absence de contraste
entre les traits e/pais et les traits filiformes. Parmi les e/critures
en usage dans les pratiques de chancellerie commence a\ se former,
peut-e^tre de/ja\ a\ la fin du Ier s., mais certainement au IIe s., une
cursive e/lance/e, aux traits minces, de/cide/ment incline/e vers la
droite dans laquelle certaines formes et ligatures tendent toujours
plus a\ s'organiser en un syste\me pour aboutir au IIIe s. a\ une
e/criture documentaire quasi normative. Cette e/criture de chancellerie
disparai^t avec la fin du IIIe s. On la retrouve plus tard sous le nom
de litterae caelestes comme e/criture re/serve/e a\ la seule
chancellerie impe/riale. Une e/volution plus libre des lettres se
re/ve\le entre le Ier et le IIIe s. dans la cursive d'usage courant
appele/e "e/criture commune". Cette e/volution peut se suivre a\
travers des e/critures grave/es ou a\ l'encre qui attestent un
processus de re/duction ou de simplification des traits des lettres
menant a\ la formation de la minuscule. Au IVe s., celle-ci s'est
de/finitivement substitue/e a\ la majuscule. Entre la fin du IIe et le
IVe s.,  justement comme conse/quence de la substitution de la
minuscule a\ la majuscule, des changements apparaissent dans l'usage de
l'e/criture pose/e me^me si on continue a\ utiliser la capitale
calligraphique dans divers documents et livres, ceux-ci surtout de
haute qualite/.

"Les e/critures d'e/poque romaine tardive et leurs fonctions : cursive
nouvelle, semi-onciale, onciale (IVe/Ve-VIIe s. p.C.)" (p. 174-190).
Dans l'usage quotidien et dans la documentation prive/e, l'e/criture
couramment utilise/e encore apre\s le IVe s. est la cursive nouvelle
qui, a\ partir du Ve s., montre un ductus plus rapide et acquiert des
caracte/ristiques diffe/rentes par rapport a\ l'e/poque pre/ce/dente
comme un certain e/lan en hauteur et, souvent, l'inclinaison re/solue
de l'axe vers la droite. Entre les IVe-Ve et VIe-VIIe s., des
e/critures de chancellerie sont toujours atteste/es. Toutefois, apre\s
le mandat impe/rial de Tre\ves de 367 qui prohibe l'utilisation des
litterae caelestes re/serve/e a\ la seule chancellerie impe/riale, les
bureaux provinciaux et municipaux d'Orient et d'Occident sont
contraints, pour confe/rer une physionomie graphique particulie\re et
distinctive aux documents qui en e/manent, d'adopter les litterae
communes autrement dit l'e/criture courante de/sormais minuscule, mais
en leur imprimant de nouveaux proce/de/s stylistiques. Parmi les
e/critures pose/es d'usage plus spe/cifiquement libraire, la
semi-onciale et l'onciale pre/dominent a\ partir du IVe s. En Orient,
la semi-onciale est, comme de re\gle en Occident, exe/cute/e avec un
axe droit, mais pre/sente en ge/ne/ral un aspect pluto^t serre/ ou est
dessine/e de manie\re rigide et anguleuse et est influence/e par
l'e/criture grecque. Elle est aussi atteste/e plusieurs fois dans sa
variante a\ axe incline/ vers la droite. Une ve/ritable semi-onciale de
tradition occidentale est atteste/e dans des codex de conservation
bibliothe/caire, assez nombreux. L'e/criture onciale est une e/criture
mixte qui comporte des lettres tire/es de l'alphabet capital, des
lettres minuscules et des lettres dont la forme est caracte/ristique de
l'alphabet oncial (A, D, E, M). Elle est atteste/e dans les papyrus
depuis le moment de sa formation qui reste toutefois proble/matique. Le
A et le D de l'onciale peuvent s'observer peut-e^tre de/ja\ au IIe s.
(P.Oxy. I 30, de bellis Macedonicis), mais les lettres typiques de
l'onciale se rencontrent surtout a\ partir du IVe s. Quant aux exemples
les plus accomplis de l'e/criture onciale, ils se trouvent a\ partir du
Ve s. L'onciale semble e^tre une e/criture artificielle (cre/e/e comme
e/criture chre/tienne?) dans laquelle convergent des formes de la
capitale, de la minuscule et des formes ne/es de nouvelles expe/riences
d'e/criture sans exclure une influence stylistique de la majuscule
biblique grecque dans l'agencement final de l'e/criture. La fracture
entre Orient et Occident est consomme/e au temps d'He/raclius et
de/termine la disparition de l'e/criture latine dans les provinces
orientales. L'enque^te de Cavallo s'arre^te ici, avec la disparition de
l'e/criture latine en Orient et l'apparition de la minuscule grecque
byzantine.

L'auteur e/tait le mieux a\ me^me d'e/crire ce livre. Outre ses
compe/tences proprement pale/ographiques, on rele\ve le souci qu'il a
de lier l'e/volution de l'e/criture a\ celle de la socie/te/. Par
ailleurs, pour chaque document cite/, et ils abondent, l'auteur fournit
une illustration ou renvoie a\ un ouvrage qui en contient une.
Re/sumons en une phrase. En plus d'une solide e/tude sur l'e/volution
des e/critures grecque et latine, ce livre fournit un excellent
instrument pour dater les papyrus plus que pour les de/chiffrer sans
toutefois e^tre inutile pour mener a\ bien cette dernie\re de/marche.
Appre/cions en un mot: remarquable!
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