BMCR 2008.12.29, D. C. A. Hillman, The Chemical Muse: Drug Use

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D. C. A. Hillman, The Chemical Muse: Drug Use and the Roots of Western
Civilization.  New York:  Thomas Dunne Books, St. Martin's Press, 2008.
Pp. 243.  $24.95.  $9780312352493.

Reviewed by Philippe Charlier, Ho^pital Raymond Poincare/, Garches,
France ([email protected])
Word count:  3066 words
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Ce livre ne plaira pas aux universitaires. D'abord parce que l'auteur,
me/decin, y re\gle des comptes vis-a\-vis de son jury de PhD et taxe de
fanatisme conservateur ceux qui n'ont pas suivi ses hypothe\ses;
ensuite parce que l'auteur demande beaucoup trop a\ son sujet et lui
fait dire plus que de raison.

Certes, il apparai^t le/gitime de repenser la place de l'emploi des
toxiques et notamment des substances psycho-actives dans les
populations du passe/, a\ commencer par l'Antiquite/ gre/co-romaine,
mais de la\ a\ vouloir en faire un produit de consommation courante
voire quasi-syste/matique est ve/ritablement excessif... On ne peut pas
transformer aussi facilement une civilisation en une population de
toxicomanes!

En outre, demander aux drogues d'expliquer le de/veloppement de la
de/mocratie athe/nienne (!) est, pour le moins, bien poussif: "how did
drug use affect the development of Greek ideas about humanity's place
in the universe (...). I look at the fruit of the drug-influenced
psyche... which is none other than democracy itself" (page 6).

On verra que l'arrogance et l'amateurisme de cet auteur sont deux
arguments chacun suffisants pour de/conseiller l'achat de cet ouvrage,
ve/ritable accumulation d'affirmations sans analyse critique.
D'ailleurs, lorsqu'il est fait mention, dans la mini-biographie de
l'auteur, que "His research has been published in the academic journal
Pharmacy in History", pre/cisons que cette pre/sentation est bien
fallacieuse car l'auteur n'a signe/ qu'un article dans Pharmacy in
History inte/ressant un pan tre\s pre/cis et tre\s limite/ de ses
recherches: Hillman D.C. "The salamander as a drug in Nicander's
writings", Pharm. Hist. 2001; 43 (2-3): 93-96.

Dans le chapitre 1, l'auteur propose un tableau infernal de
l'Antiquite/ gre/co-romaine (mais a\ quelle pe/riode exactement? en
quel lieu exactement? il ne le dit pas...), arguant que la vie
quotidienne e/tait si dure et insupportable qu'elle justifiait l'emploi
courant de drogues pour soulager l'esprit et l'existence. Si, au moins,
il se fondait sur des donne/es fiables, notamment pale/opathologiques
(pale/o-toxicologiques), son discours pourrait e/ventuellement e^tre
recevable; he/las.

Ce chapitre de/bute par un poncif e/cule/ a\ force d'avoir e/te/ mille
fois rebattu malgre/ son e/vident caracte\re errone/. En voici quelques
exemples, qui irritent bien plus qu'ils ne font sourire: "Two thousands
years ago, life was nothing less than an endless struggle for survival
(...) the ancient world was very much a place of overwhelming anguish
(...) men and women died a thousand preventable deaths in antiquity,
where existence was oftentimes a sorrowful tragedy, a pityful farce
that opened with a chorus of grieving mothers and closed with the
entire cast's premature exit (...)". On regrettera notamment l'absence
de donne/es pale/ode/mographiques lorsque l'auteur e/voque la
mortalite/ pre/mature/e des populations du passe/ (page 11). D'autre
part, coller bout a\ bout les catastrophes de Pompe/i et Santorin ne
suffit pas a\ ge/ne/raliser l'impact des catastrophes naturelles sur la
de/mographie antique, et encore moins a\ justifier l'usage de drogues
pour oublier ces drames (page 12).

Mais sur quelles donne/es bibliographiques et sur quelles sources
Hillman se fonde-t-il pour dresser un tableau si pitoyable des
populations anciennes (maisons n'ayant de cesse de s'e/crouler, famines
et e/pide/mies permanentes, territoires entiers infeste/s de serpents
venimeux ou de chiens enrage/s ...)? Puisque le monde antique e/tait si
invivable, comment se fait-il que l'Homme soit encore sur Terre? Il eut
e/te/ souhaitable que Hillman, qui cite Grmek sans le comprendre, ait
eu connaissance de la notion de pathoce/nose ou\ s'intriquent, en un
me^me lieu, diverses entite/s pathologiques pour aboutir a\ un relatif
e/tat d'e/quilibre ou\ l'Homme trouve sa place.

Comparer les pertes humaines de la bataille de Cannes et de la guerre
du Vie^t-Nam (page 28) est, non seulement d'un anachronisme
irrattrapable, mais e/galement une grave erreur me/thodologique: d'une
part, le chiffre des 70000 morts romains est particulie\rement
superfe/tatoire et sujet a\ commentaires; d'autre part, le recrutement
des soldats, de me^me que l'incidence des pertes vis-a\-vis de la
de/mographie de la nation sont radicalement diffe/rents.

D'une fac,on ge/ne/ralise/e, l'auteur est caracte/rise/ par une vision
proprement archai+que de l'Antiquite/, loin des publications re/centes;
ignorant les travaux de Paul Veyne sur la gladiature, Hillman e/crit:
"The violence of the arena was never simulated. It was real. When
gladiators tried to chop each other to bits, they weren't faking it.
The Romans watched men kill each other and cheered" (page 31).

Dans le chapitre 2 consacre/ a\ l'utilisation des drogues (au sens
ge/ne/ral du terme) en me/decine antique, l'auteur ne fait strictement
aucune diffe/rence entre les diffe/rentes me/decines: ascle/pienne,
hippocratique, magique, traditionnelle, exotique, etc. Tout est me^le/
dans un insondable charabia ponctue/ d'arguments spe/cieux. La pratique
autopsique antique est de/crite d'une fac,on plus que pe/remptoire et
succincte (page 38).

Toujours dans ce me^me chapitre, l'auteur transforme Virgile en junkie
pour la seule raison que du pavot pousse dans son jardin, de/crit en
substance dans son oeuvre poe/tique (page 45): Hillman oublie toute la
diffe/rence qu'il peut y avoir entre des plantes d'agre/ment
(appre/cie/es pour des raisons botaniques purement esthe/tiques) et une
culture de plantes aux vertus toxiques dans un but de consommation...

Page 49, il e/voque les de/ce\s lie/s aux gangre\nes sans rapporter
l'existence d'amputations the/rapeutiques (et notamment le cas
pale/opathologique romain impe/rial d'Isola Sacra), et explique
l'exposition des enfants comme leur abandon dans des zones inhabite/es
alors que, justement, c'est dans des zones de passage qu'ils e/taient
de/pose/s: agora, forum, entre/e des sanctuaires, fontaines, etc.

Page 50, il e/crit: "Soranus wrote an extensive treatrise on
gynecology, the only one of its kind to survive"... Hillman a-t-il
seulement connaissance du traite/ hippocratique Maladies des femmes,
par exemple?

Page 51, il rapporte l'usage en pharmacope/e antique du castore/um,
mais, se lac,ant dans des explications abracadabrantesques
physiologiques, il ne voit pas le caracte\re magique ou symbolique de
certains ingre/dients. La matie\re me/dicale n'est en effet pas
constitue/e que de principes actifs biologiquement; d'autres sont
simplement suggestifs.

Page 54, Hillman e/nonce un e/nie\me poncif: "Without botanical drugs,
medicine in Greece and Rome would have been largely ineffective, and
ancient life would have been far more unbearable". Pas de me/decine,
me^me primitive, sans usage des simples. Ceci est commun a\ toutes les
civilisations, et c'est loin d'e^tre une de/couverte.

Un des principaux e/cueils de Hillman est sa surinterpre/tation.
Persuade/ de la ve/racite/ de son ide/e (une toxicomanie de loisir
largement pratique/e par les populations gre/co-romaines), l'auteur est
victime de cristallisation stendhalienne: chaque occurrence d'une
plante a\ caracte\re psycho-actif est synonyme d'un emploi comme
drogue, mais il balaie syste/matiquement les emplois the/rapeutiques ou
dans des contextes religieux (par exemple page 67 avec l'opium chez
Athe/ne/e). Collant syste/matiquement ses connaissances biochimiques et
toxicologiques sur les espe\ces botaniques antiques, Hillman trouve
dans presque chaque plante des principes actifs prouvant, pour lui,
l'utilisation de ces ve/ge/taux dans un but de toxicomanie; mais
n'oublie-t-il pas la notion de dose, de quantite/ suffisante pour
l'apparition des sympto^mes? Cette vision unilate/rale et uniforme des
moyens d'acce\s aux paradis artificiels dessert conside/rablement
l'objectivite/ de son texte et ruine sa the\se de de/part.

En ge/ne/ral, l'emploi du terme vraisemblablement ou certainement doit
effrayer le lecteur, surtout lorsqu'il n'est pas suivi d'une note
bibliographique ou d'une explication convaincante. On en a un exemple
caricatural page 78, ou\ Hillman annonce, de but en blanc, "They took
their narcotics with them to the limits of their frontiers, where these
medical and recreational substances undoubtedly served to distract the
soldiers who served to secure the borders of Roman power"... N'est-ce
pas un peu exage/re/ voire ahurissant de dresser un tel tableau,
d'imaginer, sans aucune preuve, les soldats romains campe/s sur le
limes trompant leur ennui en ingurgitant des hallucinoge\nes?

Les commentaires de livres pour Bryn Mawr Classical Review sont
limite/s a\ 2 ou 3 pages, et je n'en suis ici qu'a\ la page 87 sur 243.
Je me bornerai donc a\ des commentaires plus ge/ne/raux sur le reste de
cet ouvrage.

Dans le chapitre 4, l'auteur donne une vision toute personnelle de ce
qu'il appelle la narco-mythologie: il e/tablit un rapport oiseux entre
l'ambroisie et les narcotiques, faisant dire aux textes ce qu'ils ne
veulent absolument pas dire (pages 91-94). Il se lance ensuite dans un
paralle\le e/difiant entre le supplice de Prome/the/e et la crucifixion
du Christ qui n'a strictement rien a\ faire dans ce re/cit. On s'attend
alors, le sourire aux le\vres (un sourire nerveux), a\ ce que Hillman
nous apprenne que Prome/the/e n'a pas vole/ le feu, mais les drogues
aux Dieux, mais non. Il pre/fe\re tenter des rapprochements tre\s
discutables entre la "drug of Prometheus" tire/e d'une plante inconnue
du Caucase, et l'opium (pages 100-101). De toutes fac,ons, lorsque
Hillman n'arrive pas a\ identifier pre/cise/ment le toxique en question
dans ses sources anciennes, il s'agit presque exclusivement (selon lui)
de l'opium lorsqu'il existe des vertus apaisantes. Bizarre... comme si
ce toxique e/tait le seul a\ posse/der ces proprie/te/s...

Puis, sur sa lance/e, l'auteur s'attaque a\ l'encens bru^le/ sur
l'autel du Dieu d'Israe+l dans l'Exode (pages 104) et me^me a\
l'ivresse de Polyphe\me dans l'Odysse/e, osant e/crire que cet e/tat
second n'est pas d'origine alcoolique (intoxication alcoolique aigue+
chez cet e^tre barbare et monstrueux qui ne coupe pas le vin) mais
toxicomaniaque!

Peut-on d'ailleurs se fonder sur des textes poe/tiques, certains
conside/rablement remanie/s au cours du temps, pour arguer d'une
consommation diffuse et incontro^le/e de substances toxiques dans les
populations antiques?

Dans le chapitre 5, Hillman s'attaque aux liens e/troits reliant
pratiques magiques (sorcellerie) et prises de toxiques. Il fonde le
de/but de son discours sur une lecture de quelques papyrus magiques
grecs allant dans le sens de sa the\se, croyant e/crire au passage
quelque chose de tre\s profond mais qui avait de/ja\ e/te/ mis en
lumie\re bien avant lui: certains textes de papyrus magiques grecs
prennent la forme de ve/ritables prescriptions me/dicales comparables
a\ des extraits de Dioscoride, Celse ou Galien (pages 120-121).

Il es dommage qu'Hillman s'e/loigne a\ nouveau de la re/alite/ en
partant dans un long de/veloppement sur la sorcie\re Me/de/e, car dans
les fables et mythes, l'auteur cherche de fac,on inconside/re/e les
justifications de son postulat: mais ce paralle\le entre litte/rature
et vie quotidienne est-il re/aliste? Quel dommage qu'il s'e/loigne du
re/el pour retourner au mythe (pages 126-127)! Lorsque, quelques pages
plus loin, il s'attaque a\ Circe/ (pages 131-132), on comprend qu'il
cherche peut-e^tre dans cette direction parce qu'il est a\ court
d'arguments... Et lorsqu'il e/crit, en conclusion de ce chapitre, "This
puts a serious disadvantage when we try to translate and interpret any
document written by the Greeks and Romans; we often see the big picture
but fall short of the fine nuances created by antiquity's union of
drugs and sorcery", on pense imme/diatement que ce livre ne nous y aide
pas.

Le chapitre 6 s'ouvre sur un nouveau de/bordement de fiel et sur
l'aigreur a\ peine latente de Hillman. Que sont lassantes ces attaques
incessantes sur le Classical scholarship (page 138). Et comme sont tout
autant lassantes ces exage/rations rhe/toriques de mauvais gou^t:
"Imagine how our views of the past would change if we knew that Plato
enjoyed using psychedelics as a devotee of certain mystery religions,
or that Alexander drank opium at his rowdy banquets, or that Julius
Caesar smoked weed while preparing to cross the Rubicon, or that Jesus
and his apostles were fond of eating mind-altering mushrooms as they
gathered in the Garden of Gethsemane to talk about crazy concepts like
loving one's enemy and allowing prostitutes to practice their craft
unimpeded" (page 138).

Quelle de/sespe/rance, a\ nouveau, dans ses affirmations non fonde/es,
quelques pages plus loin: "Drugs were probably an inseparable part of
epic recitation itself. Based on evidence taken from the Odyssey, it
appears that Homeric audiences used narcotics while listening to the
tales sung by their ancient bards" (page 145). Cette preuve, c'est
uniquement le fait qu'He/le\ne me/lange des herbes (nepenthe) au vin
qu'elle offre aux invite/s tandis qu'ils e/coutent les re/cits des
he/ros. N'est-ce pas un peu court pour en faire une affirmation si
ge/ne/ralise/e? Il faut dire qu'avec des certainly, probably,
undoubtedly, l'auteur se permet a\ peu pre\s tout... Mais une tournure
de phrase ne suffit pas a\ poser des faits tangibles.

Me^me exemple grossier avec Ovide, pre/sente/ comme un toxicomane
inve/te/re/ dans son exil de Tomis, de me^me que Virgile: "Virgil was
not the only great Roman author to exploit his audience's understanding
of drugs. Ovid, a distinguished poet who wrote amorous pursuits and
incredible transformations, also relied upon the theme of intoxication
in his works. In fact, there is sufficient evidence to show that Ovid
probably used drugs himself" (page 151). Bien entendu, les explications
qui suivent se re/ve\lent bien peu convaincantes et a\ nouveau
jonche/es de phrases laconiques de tre\s mauvais gou^t, comme, par
exemple: "Augustus Caesar (...) a bold but somewhat simple man whose
reign was characterized by the methodic emasculation of the Roman
Senate" (page 152) ou encore: "Ovid may have tried to use sexual
stimulants on himself. It certainly seems that he was suspiciously
familiar with their use. After all, no love poet worth his salt could
afford not to be in his day" (page 158). On ne saisit pas tre\s bien
l'ide/e qui sous-tend cette grivoiserie totalement de/place/e de
l'auteur: caricature-t-il Ovide comme un toxicomane ou comme un
sexopathe? Dans les deux cas, rien ne justifie pareille affirmation.

Le pire est atteint au chapitre 7 ou\ Hillman pre/tend trouver dans
l'usage de drogues la source d'inspiration des principaux courants
philosophiques grecs... Epime/nide, Pythagore, Empe/docle sont ainsi
passe/s en revue, chacun e/tant conside/re/ comme incapable de tout
raisonnement profond sans prise concomitante de toxique psycho-actif...
L'auteur ne prend jamais de recul dans les donne/es biographiques ou
les anecdotes entourant ces individus, et ses affirmations restent
superfe/tatoires, quand il ne s'agit pas parfois de ve/ritable
simplisme: "Without the pre-Socratic philosophers, there would never
have been Socrates; and without Socrates, Plato would never have
written dialogues, or established the Academy, or even influenced
Aristotle" (page 174)...

Lorsque, page 179, l'auteur en appelle a\ une analyse critique des
pre/-Socratiques ("Any critical examination of early Greek
philosophers, especially the pre-Socratics, will show that drugs indeed
played a foundational role in the history of Western intellectual
pursuits"), on se demande pourquoi Hillman ne s'est pas charge/ de ce
travail et pourquoi cet esprit critique manque comple\tement aux
nombreuses pages qui forment cet ouvrage.

Simplisme et fiel, a\ nouveau, e/maillent le 8e\me et (heureusement)
dernier chapitre de ce trop long livre. Tout commence par une vision
brillant par son idyllisme archai+que de la de/mocratie athe/nienne, et
par le totalitarisme forcene/ lace/de/monien: "Athenian democracy
didn't spring up overnight; protecting the poor and underprivileged is
never an easy or rapidly accepted idea" (page 182), "Sparta was the
ancient world's most glaring example of the horrible abuses inherent in
totalitarian rule" (page 204)... Suivent a\ nouveau des piques
incessantes vis-a\-vis des universitaires et notamment des
classicistes: "Scholars, especially Classicists, are quick to
disassociate the personalities of great poets from the content of their
works (...). This aloof, presumptive, arrogant, and wrongheaded
formalist approach to literature fails to hold up when we look at drug
references in our sources" (page 198). C'est amusant; toutes les
critiques qu'il eu^t e/te/ le/gitime de porter sur le travail de
Hillman, celui-ci les asse\ne sur ceux qui repre/sentent la rigueur et
l'inte/grite/ universitaire. Il continue a\ l'occasion d'une
explication pharmacologique des Myste\res d'Eleusis (page 208):
"Professors of Greek and Latin (...) obviously don't like to admit that
Greek authors such as Sophocles and Pindar, who openly praised the
Mysteries, were indirectly also endorsing drug use".

La ve/ritable nature de cet ouvrage (subversif?) ne se re/ve\le que
dans la conclusion, avec de tre\s nettes de/rives politiques.

Outre les de/rives stylistiques de plus en plus insupportables ("The
history of the West is not a spaghetti western, full of good guys and
bad guys fittingly dressed in black and white": page 213; "Plato,
Julius Caesar, and Jesus did not view drugs as the menace as they are
looked on today": page 221), Hillman se lance dans un ve/ritable
re/quisitoire sur la liberte/ perdue de la consommation de produits
stupe/fiants. On comprend sans peine que dans son paralle\le incessant
entre la situation qu'il re^ve du passe/ et l'interdiction actuelle
quasi-universelle, l'auteur esquisse le souhait d'une de/pe/nalisation
de l'usage de drogues. Quelles que soient les convictions de l'auteur
et de ses hypothe/tiques lecteurs, de telles choses n'ont absolument
pas leur place dans un ouvrage qui se pre/tend universitaire.

Simplisme encore lorsqu'il e/crit: "Many people think that the Greeks
and Romans spent all of their time embellishing their myths and
expounding upon their philosophies" (page 218). Eh bien non! Je crois
que personne d'autre qu'Hillman n'oserait e/crire pareille fadaise...

Fantasme, quelques lignes plus loin: "The potential for medical
discoveries alone is phenomenal; the next treatment of diabetes or
senile dementia may be hiding in the texts that Classicists are
currently unwilling to examine and explore" (page 218) ... en partie
fonde/ sur une absence comple\te de compre/hension des termes
me/dicaux, notamment lorsqu'il relate: "For example, is there any merit
to Galen's assertion that tumors of the breast are easily cured?" (page
219). Dans le cas pre/sent, Hillman n'a pas du tout saisi le sens tre\s
ge/ne/ral de tumeur, qui recouvre autant une inflammation qu'une
le/sion be/nigne, un kyste ou un ve/ritable cancer... Sur de mauvaises
bases, on ne peut rien construire de valable.

Et l'ouvrage se conclut avec la me^me aigreur de fiel que celle des 8
chapitres, finissant de ga^cher ce livre au titre accrocheur et au
contenu inutile: "Unfortunately, the moral bent that so characterizes
contemporary Classicists forces them to write histories that best
promote the cultural agendas of our times, rather than the actual facts
of the past. This approach to scholarship is dangerous because it hides
some of the most valuable lessons of history. In addition, students who
do not subscribe to this approach are generally ignored, passed over,
or pushed to the periphery of their fields, where they are considered
troublemakers and treated as pariahs. Blacklisting is not a cruelty of
the distant, uninformed past; it's a very real phenomenon that
flourishes within academic circles today, whether in the humanities or
the sciences" (page 222).

On comprendra donc qu'a\ l'issue de ce commentaire, nous ne
recommandons pas l'achat de cet ouvrage, ni a\ titre prive/, ni dans le
cadre d'une institution. La bibliographie, brillant par sa pauvrete/,
ne justifie pas me^me sa consultation. Enfin, la lecture de cet ouvrage
se re/ve\le particulie\rement e/reintante, le lecteur e/tant sans cesse
freine/ par les inexactitudes et les remarques noye/es d'aigreur
ponctuant chacune des 243 pages...
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