BMCR 2009.01.39, Jaime Alvar, Romanising Oriental Gods

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Jaime Alvar, Romanising Oriental Gods. Myth, Salvation and Ethics in
the Cults of Cybele, Isis and Mithras. Translated and edited by Richard
Gordon. Religions in the Graeco-Roman World 165.  Leiden:  Brill, 2008.
Pp. xx, 486.  ISBN 9789004132931.  EUR 152.00 / $225.00 (hb).

Reviewed by Laurent Bricault, Universite/ de Toulouse II-Le Mirail
([email protected])
Word count:  2607 words
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En 2001, J. Alvar Ezquerra publiait a\ Barcelone un ouvrage passe/
relativement inaperc,u intitule/ Los misterios. Religiones "orientales"
en el Imperio Romano, dont R. Gordon avait de/ja\ re/dige/ la pre/face.
Le pre/sent volume, traduit et e/dite/ par le me^me Gordon--avec qui il
fonda en son temps le prometteur Electronic Journal of Mithraic
Studies--, en offre une version e/labore/e bien plus qu'une simple
traduction actualise/e, destine/e a\ faire connai^tre a\ un plus large
public la re/flexion mene/e depuis de longues anne/es par J. Alvar sur
certaines des religions a\ myste\res qui connurent un notable succe\s
dans l'Occident romain aux premiers sie\cles de notre e\re.[[1]]

Pour l'auteur, durant les trois dernie\res de/cennies, entre les
e/tudes relatives au de/clin des cultes gre/co-romains classiques et
celles portant sur l'e/mergence du christianisme, on aurait trop
souvent sous-estime/ le ro^le des religions orientales de la tradition
cumontienne, qu'il pre/fe\re, a\ l'instar de R. Turcan, qualifier
pluto^t de cultes gre/co-orientaux, un ro^le qu'il se propose donc de
re/e/valuer et de remettre a\ la place qui serait la sienne, a\ la
charnie\re entre cultes polythe/istes classiques et monothe/isme
chre/tien. Cette position est courageuse, en ces temps ou\ la the\se de
Franz Cumont, de/veloppe/e voici plus d'un sie\cle par le savant
belge,[[2]] apparai^t de plus en plus difficilement recevable, tant sur
la forme que sur le fond, car tributaire a\ la fois d'une vision
christiano-centre/e de l'histoire des religions tre\s inapproprie/e et
d'une vision colonialiste de l'Orient--et d'ailleurs quel Orient?--qui
n'est aujourd'hui plus la no^tre, comme l'ont encore montre/ de
re/centes rencontres internationales auxquelles Alvar, Gordon et
l'auteur de ces lignes ont d'ailleurs participe/.[[3]]

Pour ce faire, il a choisi de s'inte/resser a\ trois des cultes les
plus importants de cette "cate/gorie", ceux de Cybe\le et Attis, Isis
et Sarapis, enfin Mithra, conc,us comme appartenant a\ un me^me
ensemble cohe/rent, nonobstant leurs nombreuses diffe/rences. Une
commune sophistication intellectuelle, des mythes fondateurs peu
familiers pour ne pas dire e/trangers aux socie/te/s de l'Occident
latin, des rituels plus ou moins visibles et parfois e/tranges, voire
un nouveau de/veloppement relativement contemporain, lors de la
pe/riode flavienne, sont pour l'auteur autant d'e/le/ments qui
concourrent a\ en proposer une analyse paralle\le, en chapitres
successifs, autant que compare/e. Ce choix est lui aussi courageux et
sans doute plus original qu'il n'y parai^t, tant les e/tudes
mithriaques, me/troaques et isiaques ont semble/ s'e/loigner les unes
des autres depuis plusieurs anne/es, les principales enque^tes se
concentrant pluto^t, et sans doute pas uniquement par facilite/ comme
J. Alvar le sugge\re avec malice, sur telle ou telle divinite/.
Cependant, on peut he/siter a\ suivre l'auteur lorsqu'il expose dans
une courte premie\re partie pourquoi la notion de "myste\res", lien
fondamental entre rite et salut, est centrale pour son e/tude.
L'e/quation religions gre/co-orientales = cultes a\ myste\res,
nonobstant certaines convergences lexicales et rituelles, peut
apparai^tre re/ductrice et inapproprie/e, voire source de confusion,
comme l'auteur le reconnai^t lui-me^me (p. 22 n. 11). On est alors en
droit de se poser la question de la pertinence re/elle de la "trinite/
cultuelle" se/lectionne/e par l'auteur et de son traitement. Si la
dimension comparative ne peut qu'apporter beaucoup a\ notre
questionnement sur les cultes du monde antique, dans le cas pre/sent,
elle me semble se heurter tre\s vite a\ une difficulte/ de taille : la
(re)mise en situation des traces de de/votion, leur contextualisation
pre/cise en fonction des milieux d'origine et de re/ception, sociaux et
professionnels, ethniques et genre/s, conduit a\ l'impossibilite/ de
traiter la documentation comme un bloc uniforme et lisse, dissolvant le
concept de religions orientales, me^me limite/es a\ trois, dans une
multitude de contextes spe/cifiques, nuance/s, quasiment personnels.

Afin de mieux appre/hender la re/ception, les transformations et les
influences socio-religieuses de ces cultes sur la socie/te/ romaine de
l'e/poque impe/riale, J. Alvar organise sa re/flexion autour de trois
the\mes, conc,us comme des syste\mes : les croyances, les valeurs et
les rituels de ces trois cultes, qu'il envisage, dans une cinquie\me et
dernie\re partie, dans leur rapport au christianisme. L'ide/e
mai^tresse veut que ces cultes, une fois adapte/s a\ un syste\me
religieux qui leur est originellement e/tranger mais s'ave\re
potentiellement susceptible de les inte/grer a\ des degre/s divers,
deviennent des e/le/ments a\ part entie\re de l'offre religieuse des
premiers sie\cles de notre e\re, des religious consumer-goods
disponibles sur le marketplace of religions cher a\ J. North.
Romanise/s, ils s'ave\rent toutefois capables de de/veloppements
ulte/rieurs quasi-autonomes, susceptibles a\ l'occasion de se croiser,
comme le montrent les sanctuaires e/difie/s a\ l'e/poque flavienne au
sein desquels cohabitent temples d'Isis et de Mater Magna, tel celui
de/couvert voici une de/cennie a\ Mainz (Mogontiacum, Germania Sup.).
Ces confluences religieuses sont bien moins e/videntes, comme le
remarque justement J. Alvar, avec Mithra. Ce faisant, ces cultes
auraient joue/ un ro^le fondamental dans l'e/volution des sensibilite/s
religieuses, passant du statut de sacra peregrina a\ surveiller de
pre\s a\ celui de de/fenseurs du monde gre/co-latin contre le
christianisme en passe de triompher. Une telle analyse n'est pas
nouvelle et peut apparai^tre date/e dans un monde anglo-saxon ou\ R.
MacMullen et R. L. Fox sont sans doute plus connus que M. Vermaseren et
U. Bianchi. L'auteur n'en est pas dupe. L'un des points forts de ce
livre est d'ailleurs d'avoir su inte/grer ce diffe/rentiel
historiographique et de proposer une re/flexion riche--J. Alvar semble
avoir beaucoup lu -, personnelle et finalement a\ contre-courant de la
re/flexion actuelle. Ce faisant, on peut la\ encore douter du bien
fonde/ de cette vision d'une religion helle/nistique qui deviendrait
moins civique et plus personnelle, moins collective et plus
individuelle. Les deux niveaux, a\ l'e/chelle de la cite/ et de
l'individu, n'ont-ils pas toujours cohabite/ depuis que la cite/ existe
et perdure/ longtemps encore?

Le rappel des diffe/rents mythes fondateurs des cultes pris en
conside/ration dans l'ouvrage n'est pas inutile lorsque l'on sait, ou
croit savoir sur la foi d'une documentation e/tique qui se re/sume
parfois a\ la prose d'Apule/e, l'importance de la transposition de ces
e/ve/nements mythiques en actes rituels dans le processus de
l'initiation; actes rituels que l'initie/ devait mimer ou jouer pour
pouvoir se rapprocher des dieux, sinon s'identifier a\ eux. Analysant
ensuite le de/veloppement de ces cultes au sein de l'oikoumene\
helle/nistique puis romaine, J. Alvar fait une large place, a\ juste
titre, a\ l'he/nothe/isme tel que l'ont analyse/ H. Versnel ou R.
Turcan,[[4]] a\ savoir l'acceptation, dans le sein des croyances
personnelles, de la supe/riorite/ d'une divinite/--Isis, Sarapis,
Mithra, Sol, etc.--sur toutes les autres, pluto^t que de conside/rer,
a\ l'instar de nombre de modernes, ces cultes comme des polythe/ismes
aux tendances monothe/istes, comme si l'arrive/e du christianisme
e/tait ine/vitable, une analyse qui n'est gue\re de bonne
me/thode.[[5]] J. Alvar, a^ge/ de vingt ans a\ la mort de Franco, va
me^me plus loin, n'he/sitant pas a\ conside/rer que c'est bien plus le
christianisme de la Trinite/, des saints et des martyrs qui se
transforme en polythe/isme et non le contraire, reprenant la\ certains
arguments de ces sectes chre/tiennes qui s'accusaient respectivement de
polythe/isme. L'analyse est d'autant plus inte/ressante que l'enque^te
a\ mener doit mettre a\ contribution un nombre conside/rable de
documents, de nature extre^mement varie/e et parfois fortement
contradictoires, comme si une re/ponse unique n'e/tait gue\re possible.
Aux essais the/oriques et phe/nome/nologiques s'oppose souvent une
documentation que d'aucuns esquivent alle\grement, tant elle peut
ruiner aise/ment de belles constructions intellectuelles. J. Alvar
affronte cette contradiction vite pre/gnante avec lucidite/ et
honne^tete/, he/sitant aussi a\ monter des e/chafaudages sur des
lacunes et des fragments. Il connai^t trop bien les sources,
mithriaques, me/troaques et me^me isiaques, pour faire fi de cette
difficulte/. Un autre inte/re^t de recourir a\ la documentation de
premie\re main est d'e/chapper au risque de surinterpre/tation ou de
me/sinterpre/tation des sources relatives aux myste\res et aux
perspectives eschatologiques (salutife\re comme sote/riologique)
de/livre/es par ces cultes, trop souvent lus a\ travers le prisme
de/formant de perceptions sinon de conceptions fortement teinte/es de
christianisme. Mais cette de/marche hautement respectable ne doit pas
s'arre^ter en chemin et il faut absolument s'interroger aussi sur ce
qui distingue le succe\s de cultes originaires d'Iran, d'Anatolie ou
d'E/gypte, a\ l'e/poque helle/nistique et a\ l'e/poque romaine, dans le
monde grec, dans l'empire romain mais aussi sur leurs terres d'origine
(la Selbstverstaendnis, trop souvent ne/glige/e), au risque de
transformer les cas particuliers de Rome ou de la Pe/ninsule Ibe/rique
en une ge/ne/ralite/ qu'ils ne sont pas. De/los, Ostie et son port
montrent bien qu'il existe divers niveaux de pe/ne/tration et de
visibilite/ de ces cultes, diverses strate/gies d'appropriation aussi
qu'il importe de diffe/rencier avec pre/cision et me/thode. S'il est
ne/cessaire de s'interroger sur les contextes multiculturels que
peuvent repre/senter Athe\nes, De/los ou Rome, il ne faut pas ne/gliger
pour autant les micro-contextes locaux, quels qu'ils soient,
re/ve/lateurs d'une religiosite/ bien diffe/rente, ancre/e dans des
parame\tres identitaires ancestraux et traditionnels qui leurs sont
propres, mais susceptible d'e/voluer elle aussi, quoique sans doute
diffe/remment d'un territoire a\ un autre, d'un moment a\ un autre.

Ceci e/tant, comme le rappelle J. Alvar en quelques tre\s bonnes pages,
bien plus que les divinite/s classiques, Isis, Sarapis, Cybe\le ou
Mithra apparaissent comme mai^tres de l'ordre cosmique des choses, de
l'au-dela\ et me^me du destin, protecteurs des destine/es
individuelles, capables de sauver les humains des naufrages et de la
maladie. Tous--a\ l'exception de Sarapis, la fonction e/tant re/serve/e
a\ Osiris--ont su e/galement assurer leurs fide\les de leur
bienveillance lorsqu'il s'est agi pour eux de quitter le monde des
vivants et leur promettre une immortalite/ bienheureuse, comme
l'atteste le livre XI des Me/tamorphoses d'Apule/e. Dans ce cadre,
l'initiation, qui re/sulte d'un appel de la divinite/ et ne/ces¬site
des e/preuves, apparai^t comme le moyen pour le myste, de son vivant,
d'acce/der a\ une vie nouvelle, a\ un e/tat privile/gie/ d'union a\ la
divinite/. Cette nouvelle vie, baigne/e par la gra^ce divine, est
place/e sous la protection du dieu. En e/change, l'initie/ est soumis
a\ des obligations d'obe/issance, de pie/te/ et de purete/, qui lui
ouvrent a\ l'occasion la porte de certains sacerdoces, une place
privile/gie/e au sein du culte qui s'accompagne de la connaissance de
la signification profonde des mythes et des dieux. Inde/niablement, ces
e/preuves individuelles, me^me si elles ne sont sans doute pas
individualise/es, re/ve\lent une composante plus personnelle, plus
intime du lien unissant homme et divinite/. Mais les cultes en question
sont-ils re/serve/s aux seuls initie/s? Sans doute pas et, outre
l'initiation, d'autres actes liturgiques, rituels, souvent collectifs,
participent a\ l'e/tablissement de ce lien : le taurobole, le criobole,
les banquets sacre/s, la prie\re, le chant ou la danse, sans oublier
l'incubation. Et l'on peut se demander alors dans quelle mesure la
mystique e/tait re/ellement une forme supe/rieure de religiosite/ pour
les Anciens, et non une vue de l'esprit des historiens occidentaux des
sie\cles passe/s.

Mais les cultes gre/co-orientaux offrent certainement encore plus que
cela. J. Alvar a tre\s certainement raison lorsqu'il e/crit que les
individus ne pouvant exprimer leur adhe/sion a\ la romanite/ a\ travers
les cultes civiques traditionnels ont cherche/ dans ces cultes
e/trangers de/sormais romanise/s un moyen d'affirmer leurs pre/tentions
sociales. Les exemples ne manquent pas et concernent, ce qui n'est pas
pour surprendre, assez souvent des personnes d'origine servile qui,
bien que parvenues, gra^ce au commerce le plus souvent, a\ une certaine
aisance financie\re, ne peuvent, par l'interme/diaire de la religion
civique, participer de manie\re active a\ la vie de la communaute/ ni
me^me avoir le simple sentiment d'e^tre membre a\ part entie\re de
cette communaute/. Dans ces conditions, elles se tournent vers nos
divinite/s (Isis ou Cybe\le pour les femmes, les esclaves et les
affranchis, Mithra pour les hommes et les militaires, me^me si une
telle re/partition peut apparai^tre sche/matique), accueillantes pour
tous ceux qui se sentaient exclus des cultes civiques et, en me^me
temps, prote/ge/es par le pouvoir impe/rial. Le fide\le, qui vit dans
un monde ou\ les croyances sont fondamentalement pragmatiques, et qui,
dans son rapport aux dieux, attend le plus souvent du concret, y trouve
un temps son compte.

Dans ce contexte, les cultes gre/co-orientaux ont fonctionne/ longtemps
en termes de comple/mentarite/ et de supple/mentarite/, puisant dans le
Zeitgeist de quoi se nourrir et se de/velopper, selon une logique
sommative en vertu de laquelle des e/le/ments de nature et d'origine
tre\s varie/es pouvaient cohabiter, interagir voire fusionner. Le
christianisme primitif n'a pas fonctionne/ autrement, me^me si beaucoup
ont du mal a\ l'admettre, avant que les uns et les autres ne se
radicalisent progressivement et que le curseur ne se de/place de la
cohabitation vers la concurrence, la comparaison devenant un instrument
de diffe/renciation davantage que de dialogue et de rapprochement.
C'est dans ce cadre que naissent la ce/le\bre the/orie de "l'imitation
diabolique", en me^me temps que les discours dogmatiques qui conduiront
a\ la disparition progressive des polythe/ismes traditionnels du monde
me/diterrane/en.

Une quinzaine de planches, plusieurs index comple\tent le volume, ainsi
qu'une bibliographie tre\s dense de plus de vingt pages, qui pose
toutefois quelques proble\mes. Outre les traditionnels titres que l'on
aurait aime/ y trouver mais qui n'y figurent pas--peut-on traiter des
myste\res sans jamais citer le toujours tre\s utile recueil Myste\res
et syncre/tismes, E/tudes d'Histoire des Religions, 2 (Strasbourg,
1975), avec l'e/tude de F. Dunand, "Les myste\res e/gyptiens aux
e/poques helle/nistique et romaine", 11-62, proposer plusieurs pages
sur la Se/rapeum d'Alexandrie sans utiliser la dissertation de M.
Sabottka, Das Serapeum in Alexandria (Berlin, 1985), de/sormais
publie/e par l'IFAO comme tome 16 des E/tudes Alexandrines (Le Caire,
2008), re/fle/chir sur la religion romaine sans jamais citer les
travaux de J. Scheid, etc. -, on peut se demander si certains titres
qui s'y trouvent n'auraient pas pu e^tre davantage utilise/s. Ainsi, il
parai^t de/licat d'e/voquer la naissance du Sarapis gre/co-romain en se
re/fe/rant encore au Ptolemaic Alexandria de P. Fraser et d'ignorer
l'e/tude fondamentale de P. Borgeaud et Y. Volokhine, pourtant cite/e
p. 427 dans la bibliographie, ou encore le dernier ouvrage de M.
Malaise, cite/ lui aussi p. 436.[[6]] On reste e/galement a\ l'occasion
dubitatif devant la pertinence des re/fe/rences utilise/es, parfois
terriblement date/es : les pages sur la premie\re diffusion isiaque
ne/gligent les travaux de la dernie\re de/cennie mais s'appuient sur T.
Brady, cite/ Brady 1987 (p. 62 n.113), qui correspond en fait a\ Brady
1978 (p. 427 dans la bibliographie), mais n'est que la re/impression
anastatique d'une e/tude publie/e en 1935![[7]] On pourrait multiplier
les exemples. Plusieurs points de de/tail me/riteraient e/galement
d'e^tre revus. Quelques-uns, releve/s ici et la\, sur les seuls cultes
isiaques. P. 61, il est errone/ d'e/crire qu'a\ haute e/poque
helle/nistique, Sarapis est coiffe/ du calathos; il porte en re\gle
ge/ne/rale l'atef d'Osiris et ne se pare du calathos que bien plus
tard. Sur la me^me page, il est faux de dire que le couple isiaque
apparai^t souvent sur les monnaies helle/nistiques.[[8]] P. 62, le
succe\s de Sarapis a\ la cour des Ptole/me/es doit e^tre
conside/rablement relativise/; c'est un leurre qu'une e/tude
onomastique de W. Clarysse sur les noms the/ophores donne/s aux enfants
ne/s de membres de la cour d'Alexandrie, a\ parai^tre, confirmera
encore : les noms forme/s sur celui de Sarapis en sont quasiment
absents. P. 179, rien ne permet de dire que le poe\te Maiistas fut un
pre^tre. P. 186, Memphis n'est pas dans le Fayoum et l'on connait au
moins deux autres versions de l'are/talogie d'Isis, qu'il faut ajouter
a\ la liste donne/ : l'une de Cassandreia en Mace/doine (RICIS Suppl.
I, 113/1201), l'autre conserve/e au Muse/e de Fetihye (RICIS 306/0201).
P. 192, Osiris n'est pas tre\s pre/sent dans les laraires d'Occident,
loin de la\. P. 296 ss, les conside/rations sur Isis marine sont a\
pre/ciser et a\ revoir.[[9]]

Ces quelques remarques de de/tail n'enle\vent rien a\ l'inte/re^t que
l'on peut prendre a\ la lecture de l'effort de J. Alvar, qui se
re/ve\le finalement d'une grande richesse et dont le lecteur attentif
ne pourra que tirer grand profit.


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Notes:


1.   Cf. de/ja\, "El culto a Isis en Hispania", in La religio/n romana
en Hispania  (Madrid 1981), 309-319 ; "El culto de Mitra en Hispania",
MHA 5 (1981), 51-72.

2.   La premie\re e/dition des Religions orientales dans le paganisme
romain date de 1906 ; l'e/dition de re/fe/rence, la 4e, de 1929.

3.   C. Bonnet, J. Ruepke et P. Scarpi (e/ds), Religions
orientales--culti misterici. Neue Perspektiven--nouvelles
perspectives--prospettive nuove (Stuttgart, 2006); C. Bonnet, S.
Ribichini et D. Steuernagel (e/ds), Religioni in contatto nel
Mediterraneo antico. Modalita\ di diffusione e processi di
interferenza, Atti del 3 colloquio su <<Le religioni orientali nel
mondo greco e romano>>, Loveno di Menaggio (Como), 26-28 maggio 2006,
Mediterranea 4 (Pisa, 2008).

4.   H.S. Versnel, Inconsistencies in Greek and Roman Religion 1. Ter
Unus. Isis, Dionysos, Hermes. Three Studies in Henotheism (Leiden,
1990); R. Turcan, "L'he/nothe/isme mithriaque", in Mithra et le
mithriacisme (Paris, 1993), 145-152.

5.   Cf., par exemple, P. Athanassiadi et M. Frede (e/ds), Pagan
Monotheism in Late Antiquity (Oxford, 1999); E. DePalma Digeser, The
Making of a Christian Empire. Lactantius and Rome (Ithaca-London,
2000).

6.   M. Malaise, Pour une terminologie et une analyse des cultes
isiaques (Bruxelles, 2005).

7.   T. Brady, The Reception of the Egyptian Cults by the Greeks
(330-30 BC), The University of Missouri Studies 10 (Columbia, 1935).

8.   Cf. L. Bricault (dir.), Sylloge Nummorum Religionis Isiacae et
Sarapiacae  (Paris, 2008).

9.   Cf. L. Bricault, Isis, dame des flots (Lie\ge, 2006).
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