BMCR 2009.04.30: Lafond on Luraghi, The Ancient Messenians: Constructions of Ethnicity and Memory
Bryn Mawr Classical Review <[email protected]> Mon, 13 Apr 2009 18:22:16 -0400 (EDT)
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Nino Luraghi, The Ancient Messenians: Constructions of Ethnicity and Memory. Cambridge/New York: Cambridge University Press, 2008. Pp. xiv, 389. ISBN 9780521855877. $120.00. Reviewed by Yves Lafond, Universite/ de Poitiers (France) ([email protected]) Word count: 2492 words ------------------------------- To read a print-formatted version of this review, see http://bmcr.brynmawr.edu/2009/2009-04-30.html To comment on this review, see http://www.bmcreview.org/2009/04/20090430.html ------------------------------- Preview (http://books.google.com/books?id=5UtoNdCqaB8C) La re/gion de Messe/nie, dans le Pe/loponne\se antique, offre a\ l'historien en ge/ne/ral et plus particulie\rement a\ l'historien des mentalite/s et des repre/sentations un terrain d'approche privile/gie/ lie/ a\ la spe/cificite/ de ce que fut le devenir historique du peuple messe/nien. Re/duits au statut d'hilotes apre\s la conque^te de leur pays par Sparte, aux VIIIe et VIIe sie\cles a.C., lors de guerres dont l'historicite/ ne se laisse d'ailleurs pas aise/ment reconstituer, les Messe/niens retrouve\rent au IVe sie\cle a.C., apre\s la victoire d'E/paminondas contre Sparte et la fondation de Messe\ne, une inde/pendance qui fut aussi le point de de/part d'un processus de recomposition du passe/ et de reconstruction d'une me/moire messe/nienne--avec le proble\me de savoir dans quelle mesure, durant toute cette pe/riode, les Messe/niens avaient re/ussi a\ pre/server ou non des e/le/ments de ce qui aurait constitue/ leur identite/ originelle. Un tel the\me est a\ l'oeuvre de/ja\ dans la litte/rature antique, notamment dans la Pe/rie/ge\se de Pausanias, dont le livre IV donne une image de la Messe/nie ou\ les notions de liberte/ et tout ce qui rele\ve de ce qu'on pourrait appeler une identite/ messe/nienne constituent des axes cle/s de la description; il nourrit aussi la litte/rature moderne, qui s'appuie sur le te/moignage du Pe/rie/ge\te mais aussi sur les donne/es de la numismatique et sur une documentation arche/ologique et e/pigraphique qui n'a cesse/ de s'enrichir depuis les fouilles des dernie\res de/cennies. Le livre de Nino Luraghi, qui se propose d'e/tudier comment les Grecs de Messe/nie, mais aussi, dans d'autres re/gions, les Grecs qui s'identifiaient comme Messe/niens "ont construit, interpre/te/ et transmis des repre/sentations de leur passe/ partage/ par le moyen de re/cits, de rituels et autres pratiques symboliques", s'inscrit dans le sillage des e/tudes re/centes mene/es sur les notions d'ethnicite/ et de me/moire, dont l'auteur dresse en introduction un bref panorama -- non sans quelques oublis,[[1]] -- en guise de socle me/thodologique a\ une approche a\ la fois historique et anthropologique d'un phe/nome\ne de construction identitaire et ethnique en Gre\ce ancienne. L'analyse de la notion de conscience ethnique rele\ve d'une re/flexion sur la fac,on dont les groupes sociaux choisissent de structurer leur propre existence communautaire en e/laborant d'eux-me^mes une repre/sentation fonde/e sur des ge/ne/alogies, des traditions religieuses et des mythes de fondation qui de/finissent un ensemble de re/fe/rences propres a\ e/tablir un cadre commun pour fonder un sentiment d'appartenance a\ une me^me communaute/, dont la de/nomination peut se faire a\ plusieurs niveaux, selon qu'on privile/gie la dimension culturelle, politique ou territoriale. C'est cette dimension territoriale de l'identite/ que l'auteur met en avant dans le chapitre 2 (Delimiting the Messenians) ou\ se trouvent analyse/s les enjeux que repre/sentent certaines zones frontalie\res dans la de/finition de soi des cite/s: les fluctuations de statut que connurent la Denthe/liatide avec son sanctuaire d'Arte/mis Limnatis, ou la re/gion de Thouria sont autant d'exemples qui re/ve\lent l'ancrage territorial des revendications identitaires et des de/finitions ethniques en me^me temps qu'ils permettent a\ l'auteur de parcourir l'e/tendue de la chronologie. Le chapitre, dans lequel est traite/ en outre le cas d'Asine/, qui a revendique/ une appartenance dryope/enne, donc ni messe/nienne ni lace/de/monienne, sert ainsi a\ poser les premiers jalons de l'enque^te sur l'identite/ messe/nienne envisage/e dans sa longue dure/e. Les chapitres 3 (The return of the Heraclids and the mythical birth of Messenia) et 4 (The conquest of Messenia through the ages) abordent des questions dont l'historicite/, si elle n'e/tait gue\re conteste/e par les Anciens eux-me^mes, ne va pas de soi pour les modernes: c'est pourquoi ce que l'auteur e/tudie ici, a\ propos des e/ve/nements en jeu, retour des He/raclides et guerres de Messe/nie, c'est l'image qu'en ont donne/e les Anciens, a\ travers des re/cits dont l'auteur montre les e/volutions au fil des sie\cles. Ce sont les constructions narratives qui retiennent ici l'attention, conside/re/es comme des te/moignages sur les diffe/rentes formes d'interpre/tation du passe/ de/veloppe/es par les Grecs depuis l'e/poque archai+que jusqu'a\ l'e/poque impe/riale. Ce qui inte/resse l'auteur, soucieux d'insister sur l'aspect performatif de la communication identitaire, c'est la fonction de ces re/cits en tant que mythes de fondation pour les cite/s du Pe/loponne\se et la place qu'ils ont tenue dans la perception et repre/sentation de soi des Messe/niens. Malgre/ le caracte\re composite, tre\s disparate du point de vue de la chronologie, et l'ambiguite/ des donne/es qui les constituent, les re/cits du Retour des He/raclides et des invasions doriennes permettent d'aborder des points inte/ressants qui ont trait a\ la fonction et aux origines de ce mate/riau mythique: implications territoriales du mythe, articulation entre ancrage local et panhelle/nique des mythes, construction me/morielle dorienne qui supposerait une de/construction de la me/moire panhelle/nique au profit d'une me/moire ethnique. Dans l'ensemble, l'auteur montre bien que les sources litte/raires antiques ne peuvent servir a\ fonder une e/tude historique se/rieuse des guerres de Messe/nie et souligne a\ juste titre que notre perception de ces e/ve/nements d'e/poque archai+que est biaise/e par la pre/ponde/rance qu'occupe le te/moignage tre\s tardif de Pausanias, bien de/fini par l'auteur (p. 99) comme texte du IIe s. p.C., "the product of a very creative engagement with previous works". Il reste cependant possible d'e/tudier l'e/volution a\ travers les sie\cles de ces diffe/rents points de vue antiques sur la conque^te de la Messe/nie et d'y suivre l'histoire de ce que l'auteur appelle la "bataille pour l'identite/ messe/nienne". On appre/ciera a\ ce sujet les pages qui soulignent la place particulie\re qu'occupent dans cette historiographie antique de l'identite/ messe/nienne l'Archidamos d'Isocrate ou la litte/rature ethnographique d'e/poque helle/nistique. Cette approche de la question de la construction et de la transmission d'une certaine image du passe/ messe/nien est comple/te/e, dans le chapitre 5 (Messenia from the Dark Ages to the Peloponnesian War), par l'exploitation des donne/es arche/ologiques susceptibles d'e/clairer la Messe/nie d'e/poque archai+que et des de/buts de l'e/poque classique. L'auteur s'inte/resse ici au proble\me de savoir de quoi pouvait se composer la me/moire collective d'une Messe/nie sous domination spartiate et entend battre en bre\che, dans le sillage, en particulier, des travaux de S. Alcock, l'ide/e d'un vide qui se serait creuse/ dans la me/moire messe/nienne avant le IVe s. a.C. S'appuyant prudemment sur les observations qui peuvent e^tre tire/es de l'exploration arche/ologique de la Messe/nie quant a\ l'organisation de l'habitat et a\ la re/partition des sanctuaires, l'auteur met ainsi en e/vidence le sous-de/veloppement de la re/gion a\ l'e/poque archai+que et en particulier l'absence de trace de ce qui aurait pu constituer un centre politique; mais l'auteur a raison de souligner que, si l'enque^te arche/ologique vient confirmer la re/alite/ de la domination spartiate, elle n'e/claire pas cependant les conditions pre/cises dans lesquelles s'est re/alise/e cette domination. Elle doit donc e^tre utilise/e avec prudence lorsqu'il s'agit de de/finir la condition des hilotes ou d'affronter le proble\me de la correspondance qu'on peut e/tablir entre la culture mate/rielle et la notion d'identite/ ethnique -- qui reste fondamentalement un phe/nome\ne discursif -- me^me si, dans le cas des communaute/s pe/rie\ques, on serait tente/ de faire apparai^tre une polarite/ entre des pe/rie\ques de culture laconienne et des hilotes messe/niens. Le chapitre 6 (The Western Messenians) e/claire la spe/cificite/ du cas de Messe/ne/, en Sicile, dont la fondation, vers 490 a.C. sur le site de Zancle, donna l'occasion pour la premie\re fois a\ une cite/ de prendre le nom de Messe/niens: a\ partir d'un examen des donne/es assez maigres que l'on posse\de sur la diaspora messe/nienne dans le de/troit de Messine, mais aussi a\ la lumie\re d'une e/valuation critique des re/flexions re/centes mene/es sur la notion me^me de diaspora, l'auteur tente d'e/clairer le ro^le que put jouer cet exemple dans le de/veloppement d'une identite/ messe/nienne globale. Les deux chapitres suivants, 7 et 8 (The earthquake and the revolt: from Ithome to Naupaktos; The liberation of Messene) analysent les processus historiques qui ont conduit, depuis les re/voltes lie/es au tremblement de terre de 469 a.C. jusqu'a\ la refondation de Messe\ne par E/paminondas, au re/tablissement de la Messe/nie comme entite/ politique et, partant, a\ la reconstruction d'une identite/ messe/nienne. Dans ces chapitres, on retiendra particulie\rement le ro^le joue/, dans ce que l'auteur nomme Messenian ethnogenesis, par l'utilisation, de\s le de/but du Ve s., du mythe du partage du Pe/loponne\se effectue/ lors du Retour des He/raclides. En analysant le proble\me de l'e/mergence d'une ethnicite/ messe/nienne au Ve sie\cle, l'auteur est amene/ a\ valoriser la part qu'ont pu y prendre les pe/rie\ques; il peut ainsi se placer non pas seulement sur le terrain d'une sociologie de l'ethnoge/ne\se messe/nienne, mais affronter le proble\me des racines de l'ethnicite/ messe/nienne, dont il explique finalement l'e/mergence dans le Pe/loponne\se comme un processus de scission a\ l'inte/rieur d'un groupe plus large qui se serait perc,u lui-me^me comme lace/de/monien sur le plan ethnique. On retiendra bien su^r aussi ce qui concerne la libe/ration de la Messe/nie dont l'auteur montre qu'elle participe d'un remodelage de la carte ethnique du Pe/loponne\se dans les premie\res de/cades du IVe sie\cle et dont il analyse, a\ partir de sources litte/raires force/ment diverses et aux points de vue oriente/s, les implications sur la mise en place d'une identite/ messe/nienne qui serve a\ le/gitimer le nouvel E/tat. Sont bien mis en lumie\re dans ce cadre le proble\me pose/ par le statut des communaute/s pe/rie\ques, le symbolisme, sur le plan mythique et historique, du syste\me tribal mis en place et le ro^le joue/ par des cultes dont l'auteur montre l'ancrage, a\ quelques exceptions pre\s, dans un he/ritage spartiate qui est en fait a\ conside/rer comme partie inte/grante du passe/ messe/nien. C'est d'ailleurs sur cette question de l'inte/gration de mode\les culturels spartiates (qui fera parler plus loin a\ l'auteur de porosite/: p. 303) que l'auteur s'appuie pour souligner le caracte\re flexible du concept d'ethnicite/ qui aurait servi de base a\ l'ethnoge/ne\se messe/nienne, au Ve comme au IVe sie\cles. Ce faisant, l'auteur en vient a\ centrer la re/flexion sur ce que c'est qu'e^tre Messe/nien a\ partir du milieu du IVe sie\cle et rejoint alors les e/tudes qui se sont beaucoup de/veloppe/es dans les dernie\res de/cennies sur l'identite/ grecque a\ l'e/poque helle/nistique et romaine. Un chapitre (Being Messenian from Philip to Augustus) traite de la pe/riode qui va de la monte/e en puissance de la Mace/doine sous Philippe II a\ Auguste. L'affirmation et le de/veloppement de l'identite/ messe/nienne sont alors lie/s a\ la nouvelle puissance que constitue la cite/ de Messe\ne elle-me^me et au proble\me du maintien d'une cohe/sion dans la re/gion. C'est ce que re/ve\le l'aperc,u qui est donne/ de l'organisation politique de la Messe/nie durant cette pe/riode, avec la mise en e/vidence de l'ambigui+te/ suscite/e par l'homonymie entre le nom de la cite/ et celui de la re/gion, une ambigui+te/ dont les sources relatives a\ certains cultes et sanctuaires de Messe/nie illustrent le fonctionnement aussi dans le domaine religieux, selon un jeu d'e/chelles dont peut tirer profit le processus de construction identitaire qui se nourrit d'une me/moire mythique et religieuse partage/e. Finalement, ce que l'auteur retient de l'histoire de la Messe/nie helle/nistique, c'est surtout la transformation d'un groupe ethnique en une entite/ politique dont on ne peut vraiment juger cependant que pour Messe\ne elle-me^me -- ce qui, l'auteur en est conscient, fausse les perspectives. Le dernier chapitre (Messenians in the Empire) replace la question de l'identite/ messe/nienne dans le cadre de l'e/volution politique et sociale qui a place/ les cite/s, a\ partir de l'e/poque helle/nistique, dans une situation qui redonne a\ la culture prise au sens large une place essentielle dans la de/finition et dans la repre/sentation qu'elles peuvent chercher a\ donner d'elles-me^mes [[2]]. Il rappelle en me^me temps, a\ juste titre, que le proble\me de la me/moire collective des cite/s est lie/ a\ la ce/le/bration des e/lites dont le ro^le traduit les transformations qu'a subies le phe/nome\ne de l'e/verge/tisme, devenu progressivement une des caracte/ristiques essentielles de la vie civique. L'abondance de la documentation e/pigraphique dont on dispose pour explorer ce champ historique permet a\ l'auteur de privile/gier la longue inscription trouve/e pre\s de Messe\ne a\ Andanie, de/sormais publie/e avec un commentaire de/taille/ par N. Deshours: la discussion qui est mene/e de la chronologie du texte permet a\ l'auteur de montrer qu'il est peut-e^tre possible de mettre en rapport le renouveau religieux que traduit le document avec le recouvrement de la Denthe/liatide dont les Messe/niens pouvaient exploiter en tout cas la force symbolique. Mais cette me^me documentation, qui permet de faire ressortir l'e/mergence d'individus comme acteurs historiques, sert de base en me^me temps a\ une analyse de ce que pouvaient e^tre les conceptions des e/lites en matie\re d'identite/ civique, telles qu'elles transparaissent notamment dans les titres honorifiques utilise/s par les discours d'e/loge adresse/s a\ des Messe/niens et telles qu'on peut les e/tudier a\ partir de cas bien documente/s comme ceux de la famille des Claudii Saethidae ou de celle de Tib. Claudius Crispianus, de/signe/ comme nouvel E/paminondas, selon une strate/gie qui permet d'associer passe/ individuel et passe/ messe/nien. Or, il est inte/ressant de voir que ces conceptions permettent a\ nouveau, dans la perspective d'une de/finition identitaire (l'auteur parle me^me ici de "Messenicity": p. 306), de faire valoir un jeu d'e/chelle entre les trois niveaux que repre/sentent la cite/, la province et l'empire. En conclusion, l'auteur propose une mise au point sur l'histoire de l'identite/ messe/nienne et discute ce qui en constitue la logique historique et les e/le/ments structuraux essentiels (l'hostilite/ a\ Sparte que l'auteur conside\re comme le mythomoteur de l'ethnicite/ messe/nienne et le souci de cre/er un passe/). En refermant le pre/sent ouvrage, dont le sous-titre laissait pre/sager une approche centre/e sur les e/poques tardives ou\ la documentation se pre^te mieux sans doute a\ une analyse des notions d'ethnicite/ et de me/moire, on s'aperc,oit que l'originalite/ du livre est bien d'avoir tente/ une histoire globale des Messe/niens depuis les origines jusqu'a\ l'e/poque impe/riale romaine, axe/e sur le processus de construction identitaire dont l'e/tude est fonde/e sur une prise en compte et une confrontation minutieuse de toutes les sources existantes. Le paradoxe reste que souvent, ce sont bien les sources tardives qui doivent e^tre mises a\ contribution, Pausanias tout particulie\rement, mais aussi Diodore, Strabon ou Plutarque, et se pose alors le proble\me de prendre ensemble, pour une pe/riode donne/e, un ensemble fort disparate de sources qui refle\tent chacune, comme l'auteur le reconnai^t volontiers au fil de ses analyses, des points de vue lie/s aux contextes historiques dont elles sont issues. A quoi s'ajoute, a\ travers l'utilisation constante, en paralle\le, des notions d'ethnicite/ et d'identite/ ethnique, un le/ger flou qu'aurait dissipe/ peut-e^tre une prise de position plus nette sur la de/finition a\ donner a\ ces concepts [[3]]. Mais la de/marche d'ensemble n'en reste pas moins convaincante. Elle tire sa force en particulier d'un double souci: d'une part celui de prendre en compte l'apport des re/flexions conceptuelles re/centes, qui puissent servir de cadre a\ des interpre/tations plus fines des sources antiques; d'autre part, celui de distinguer chaque fois que possible entre ce qui rele\ve de la construction d'une identite/ messe/nienne prise globalement et ce qui permet de cerner des identite/s individuelles. A\ cet e/gard, l'ouvrage apporte une contribution tre\s stimulante a\ une approche constructiviste de l'identite/ antique, attentive autant aux contenus qu'aux contextes de la construction identitaire. ------------------ Notes: 1. On rele\vera l'absence, dans la bibliographie, de certains ouvrages: I. Malkin, The Returns of Odysseus: colonisation and Ethnicity, Berkeley-Los Angeles, 1998; id. (e/d.), Mediterranean Paradigms and Classical Antiquity, 2005; E.S. Gruen (e/d.), Cultural Borrowings and Ethnic Appropriations in Antiquity, 2005; J. Siapkas Heterological Ethnicity. Conceptualizing identities in ancient Greece (Boreas, 27), Uppsala, 2003, qui repose pourtant sur une analyse, a\ la lumie\re de deux mode\les interpre/tatifs du passe/ ("primordialism" et "instrumentalism"), du traitement par l'historiographie moderne de l'exemple messe/nien. 2. Sur ce the\me, je me permets de renvoyer a\ mon e/tude La me/moire des cite/s dans le Pe/loponne\se d'e/poque romaine (IIe sie\cle av. J.-C.-IIIe sie\cle ap. J.-C.), Presses Universitaires de Rennes, 2006. 3. Dans le sens de la proposition, par exemple, de P. Ruby (REA, 108, 2006, p. 28-37), de re/server le terme d'ethnicite/ aux processus d'affirmation identitaire et celui d'identite/ ethnique a\ la situation cre/e/e par ce processus.