BMCR 2009.07.17: Paturet on Chastagnol, Le pouvoir imperial a Rome: figures et commemorations. Scripta varia IV (Textes edites par Stephane Benoist & Segolene Demougin). Hautes Études du Monde Greco-Romain 41

Bryn Mawr Classical Review <[email protected]> Tue, 7 Jul 2009 10:44:28 -0400 (EDT)
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Andre/ Chastagnol, Le pouvoir impe/rial a\ Rome: figures et
comme/morations. Scripta varia IV (Textes e/dite/s par Ste/phane
Benoist & Se/gole\ne Demougin). Hautes E/tudes du Monde Gre/co-Romain
41.  Gene\ve:  Droz, 2008.  Pp. xvi, 492.  ISBN 9782600013437.  $134.40
(pb).

Reviewed by Arnaud Paturet, Universite/ d'Auvergne
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A. Chastagnol, fut l'un des plus grands historiens franc,ais de
l'Antiquite/ du sie\cle dernier et sa disparition en 1996 a e/te/
ressentie comme une immense perte par la communaute/ des
antiquisants.[[1]] On ne peut que saluer l'heureuse initiative de S.
Benoist et S. Demougin de redonner vie a\ son oeuvre par l'e/dition de
ces Sripta varia IV. A. Chastagnol a conc,u une oeuvre fe/conde dont la
quantite/ n'a jamais alte/re/ la qualite/ et fut a\ l'origine de
travaux conside/re/s comme fondamentaux, depuis sa the\se sur la
pre/fecture urbaine a\ Rome sous le Bas-Empire soutenue en 1960,[[2]]
jusqu'a\ des ouvrages plus re/cents comme sa fameuse e/tude sur le
Se/nat romain a\ l'e/poque impe/riale parue en 1992[[3]] ou encore son
e/dition annote/e de l'Histoire Auguste publie/e en 1994.[[4]] Le plus
frappant quand on lit cet auteur, savant pluridisciplinaire et curieux,
est l'amplitude de ses centres d'inte/re^ts ainsi que sa propension a\
fonder ses analyses sur des sources tre\s varie/es puisque ses
recherches s'appuient sur des te/moignages litte/raires,
e/pigraphiques, papyrologiques, arche/ologique, numismatiques ou encore
juridiques[[5]] qui sont, a\ chaque fois, analyse/s avec beaucoup de
rigueur. Dans la production scientifique d'A. Chastagnol, une place
importante fut re/serve/e a\ l'e/tude du pouvoir impe/rial dont les 23
e/tudes re/unies dans le pre/sent volume permettent d'appre/hender les
diffe/rents enjeux. L'ouvrage s'ouvre sur un avant-propos en forme
d'hommage des e/diteurs, qui pre/ce\de une bibliographie de l'auteur
comple/tant les 145 titres recense/s pour la pe/riode 1950-1987,
inse/re/s dans ses premie\res Scripta varia.[[6]] Vient ensuite une
table analytique rappelant les re/fe/rences des contributions re/unies
dans ce livre, qui sont regroupe/es en cinq grands chapitres. Ces
derniers sont respectivement consacre/s aux figures impe/riales
e/voque/es dans l'Histoire Auguste ; aux titulatures ; aux anne/es
re/gnales (275-337); aux fe^tes jubilaires (des Antonins a\ Valentinien
II) puis enfin au culte rendu a\ l'Empereur en Gaule et en Afrique.
Autant de the\mes riches et complexes qui font tout l'inte/re^t de
cette compilation. Il est, a\ vrai dire, difficile voire impossible de
re/sumer ici en quelques phrases le propos des diffe/rents
de/veloppements sans formuler des ge/ne/ralite/s e/nigmatiques et
encore moins de discuter dans le de/tail les vues de l'auteur. Je
m'efforcerai donc ici non pas de retracer a\ chaque fois le cheminement
global de l'argumentation, mais avant tout d'e/noncer brie\vement les
conclusions auxquelles la de/monstration aboutit.

I Figures d'empereur. Autour de l'Histoire Auguste p. 1-117.

Dans une premie\re re/flexion au sujet de la censure de Vale/rien, A.
Chastagnol se demande si le rajout concernant le de/bat au sujet du
re/tablissement de cette magistrature n'impliquerait pas que le
re/dacteur de l'H. A. ait volontairement omis de de/crire les
e/ve\nements intervenant avant l'an 260, moment ou\ le Prince avait
e/te/ capture/ par les Perses. Vient ensuite une se/rie d'e/tudes sur
la Vita Cari. L'auteur montre tout d'abord que cette dernie\re, au sein
de laquelle l'influence des poe\tes Ne/me/sien de Carthage et T.
Siculus est explicite ou sugge/re/e, aurait pu e^tre re/dige/e en 399,
apre\s toutes les autres vies de l'H. A. Cette ide/e serait e/galement
confirme/e par le portrait de Carin, qui se fait l'e/cho des mesures
prises en 390 par The/odose a\ l'encontre de l'homosexualite/, ainsi
que par l'utilisation des poe\mes de Claudien. La suite de l'expose/
s'occupe de l'ave\nement de Carus en lien avec la mort de Probus.
D'apre\s les sources papyrologiques [[7]] et les monnaies alexandrines,
ce double e/ve/nement serait intervenu en septembre ou en octobre 282.
Il faudrait se prononcer en faveur de l'inauthenticite/ du re/cit de
l'H. A. au sujet de l'origine romaine et se/natoriale de Carus qui
e/tait en re/alite/ un Gaulois de Narbonne. Certains fragments montrent
que le portrait intellectuel brosse/ de Nume/rien, parfois teinte/
d'ironie, s'inscrit dans la tradition des biographies ante/rieures
d'autres empereurs tels Hadrien ou Balbin. Dans d'autres
de/veloppements sont mis en e/vidence les passages de l'H. A. dans
lesquels la pre/sence de Sue/tone est sous-jacente, notamment en raison
du vocabulaire employe/. Ces extraits pre/sentent Carin comme un
doublet de son pre/de/cesseur se/ve/rien Elagabal par le biais d'une
image fort peu vertueuse. A. Chastagnol s'attarde ensuite sur la
ce/le\bre parole de Carus : non est meus, au sujet de son fils Carin.
Compte tenu du contexte, ces mots expriment un constat biologique et
non ve/ritablement une conside/ration morale. Enfin, l'examen attentif
de la composition des re/cits de la Vita Cari relatifs a\
l'e/verge/tisme re/ve\le, outre les re/criminations de l'aristocratie
se/natoriale contre la le/gislation du sumptus, que le re/dacteur
e/tait avant tout soucieux des valeurs ide/ologiques et mate/rielles de
la classe dominante. En effet, celui-ci s'oppose aux recommandations de
Saint Je/ro^me qui conseillait aux riches se/nateurs de vendre leurs
biens et d'en restituer le profit aux pauvres en aumo^ne. En dernier
lieu, le chapitre s'ache\ve sur l'analyse de deux extraits de l'H. A.
contenant l'expression princeps/imperator clausus faisant re/fe/rence
a\ un exe/crable empereur. Cette oeuvre est la premie\re a\ contenir un
langage a\ la forme explicite incluant le verbe claudere. Le re/dacteur
aurait rassemble/ des parame\tres et crite\res divers de/ja\ pre/sents
chez les historiens de Diocle/tien comme Aurelius Victor, Eutrope ou
encore Saint Je/ro^me, afin de composer un substrat ide/ologique visant
a\ distinguer le bon prince du mauvais imperator.

II Les titulatures impe/riales. Les empereurs morts et le formulaire
d'e/poque tardive p. 119-187.

Ce chapitre s'inte/resse tout d'abord a\ la titulature des empereurs
de/ce/de/s. Dans les formules e/pigraphiques, le terme Diuus,
conse/cutif de la consecratio accorde/e par le Se/nat a\ l'empereur
mort, est d'ordinaire incompatible avec les titres qui lui sont
accorde/s de son vivant comme la puissance tribunicienne, le grand
pontificat voire encore le consulat et e/galement avec les autres noms
du prince. Quelques formules releve/es dans certaines inscriptions
constituent en ce sens des anomalies. Dans les faits, il n'e/tait pas
si rare qu'un texte fut e/labore/ peu avant la mort de l'imperator et
modifie/ ensuite, au de/ce\s de ce dernier, par l'introduction de Diuus
a\ une place insolite au sein de la titulature (cf. par exemple la
de/dicace votive de Salonae : CIL.  III, 1947= ILS Dessau, 219 ; une
base de Canche el Viejo : CIL. , II, 2054= ILS.  Dessau, 304).
Cependant, quelques inscriptions de la voie Appienne (a\ l'image de
CIL.  X, 6824= ILS. Dessau 280) et les e/pitaphes du mausole/e
d'Hadrien (cf. entre autres CIL, VI, 984= ILS. Dessau 322) font
manifestement exception a\ ce constat. En re/alite/, il est parfois des
textes e/pigraphiques ou\ le terme Diuus n'est pas inscrit alors que
l'empereur avait disparu et dans lesquels il est de/signe/ par ses noms
et titres, comme s'il vivait encore. A. Chastagnol pense qu'il
s'agissait d'e/voquer la personnalite/ du Prince en tant que vif, de
rappeler un travail ou une oeuvre spe/cifiques accomplis au cours du
re\gne, donc de glorifier l'homme vivant. L'importance de ces
te/moignages est en tout cas fondamentale en ce qu'ils renseignent sur
la toute dernie\re titulature des Empereurs au jour de leur de/ce\s.
Ils permettent notamment de reconstituer avec exactitude le tableau des
puissances tribuniciennes par un regard re/trospectif partant de la
mort vers l'ave\nement.

Dans un second temps, l'auteur se livre a\ une enque^te de fond au
sujet de l'e/volution chronologique du vocabulaire et des expressions
pre/sentes dans les formulaires de l'e/pigraphie latine officielle.
L'expose/ se de/roule en deux temps : d'abord sont examine/es les
formules e/pigraphiques des inscriptions impe/riales, ensuite celles
qui e/manent des particuliers. Au sein de ce gros dossier e/merge la
floraison d'un style spe/cifique a\ l'e/pigraphie officielle du IIIe\me
s., conse/quence logique du ro^le pre/dominant joue/ par la
bureaucratie impe/riale dans le re/gime politico-social de cette
e/poque. La tre\s nette propension a\ utiliser un vocabulaire adulateur
voire grandiloquent, mais aussi pre/cis et technique, re/sulterait
davantage de l'influence des juristes et des rhe/teurs que de celle des
philosophes.

III Les anne/es re/gnales (275-337) p. 189-242.

Cette partie se compose de trois contributions respectivement de/die/es
a\ la chronologie de la pe/riode 275-285, a\ la datation par anne/es
re/gnales e/gyptiennes a\ l'e/poque Constantinienne et enfin au re\gne
de Maximien Hercule en Egypte. La premie\re vise a\ pre/ciser et a\
comple/ter la chronologie e/tablie par les travaux de J. Lafaurie[[8]]
concernant les dix anne/es allant de la mort d'Aure/lien a\ celle de
Carin, en pre/sentant quelques observations sur la base de papyrus et
d'ostraka trouve/s dans la valle/e du Nil. Les principales dates
propose/es par A. Chastagnol sont les suivantes : mort d'Aure/lien, fin
septembre ou de/but octobre 275 ; interre\gne jusqu'a\ fin novembre ou
de/but de/cembre 275 ; re\gne de Tacite jusqu'a\ juin ou de/but juillet
276 ; de Florien jusqu'a\ fin aou^t voire septembre 276 ; Probus :
juillet 276-septembre ou octobre 282 ; le re\gne de Carus s'ache\ve en
juillet ou aou^t 283 ; celui de Carin irait de septembre ou octobre 282
a\ aou^t et peut-e^tre septembre 285 ; Nume/rien : septembre ou octobre
282-novembre 284 ; enfin Diocle/tien est au pouvoir du 20 novembre 284
au premier mai 305.

La deuxie\me e/tude attire l'attention sur le datage propre aux
documents e/gyptiens, tre\s re/pandu dans les papyrus du IIIe\me s.,
ainsi que sur l'apport de cette documentation qui fut relativement peu
utilise/e dans l'e/tablissement des principales dates jalonnant le
cours du re\gne de Constantin. L'analyse de ces donne/es met notamment
en relief les brouilles et les re/conciliations intervenant entre ce
dernier et Gale\re jusqu'en 311. Elle sugge\re aussi une nouvelle
approche de certains e/ve/nements comme la mort de Se/ve\re qui
survient, pour A. Chastagnol, le 16 de/cembre 307, ou permet encore de
pre/ciser davantage le moment de la proclamation de Licinius dont
l'investiture aurait eu lieu avant le 1er janvier 309. Une telle
orientation vient confirmer l'hypothe\se e/mise par J. Lafaurie qui la
situait au cours du mois de de/cembre 308. Ces re/flexions
s'accompagnent d'un profitable appendice contenant une liste exhaustive
des sources marquant les anne/es re/gnales e/gyptiennes de 306 a\ 337
(cf. p. 209-213), ainsi que d'un bilan critique des erreurs releve/es
au sujet de l'e/dition et de l'interpre/tation des diffe/rentes
composantes de ce corpus (p. 213-214).

Le troisie\me expose/ s'occupe d'une anomalie pre/sente dans les
recueils papyrologiques au sujet du comput des anne/es de Maximien
passe/es a\ la te^te de l'empire. Il s'agissait vraisemblablement de
faire coi+ncider le temps de re\gne de Maximien avec celui de
Diocle/tien afin que les deux Augustes forment une paire homoge\ne face
aux deux Ce/sars, notamment au moment des fe^tes vicennales. Cette
le/ge\re falsification permettait, dans le cadre d'un vaste programme
planifie/ a\ l'avance, de pre/parer l'abdication conjointe des
premiers.

IV Les fe^tes jubilaires (des Antonins a\ Valentinien II), p. 243-377.

Ce long chapitre ne rassemble pas moins de neuf articles portant sur
les fe^tes jubilaires des empereurs. Il est tout d'abord question des
jubile/s de/cennaux des Antonins et des Se/ve\res. On y de/ce\le une
e/volution progressive, dont le tournant le plus important a lieu sous
Septime Se/ve\re qui accentue le symbolisme de ces festivite/s pour en
faire un moment fondamental du re\gne, en les associant a\ un triomphe
ou a\ un mariage princier. Par ailleurs, A. Chastagnol met en
e/vidence, en s'appuyant notamment sur des te/moignages de Dion Cassius
et d'He/rodien, le caracte\re e/clatant et ostentatoire des
re/jouissances affe/rentes au jubile/ de/cennal de Septime Se/ve\re en
202. Ces ce/re/monies furent jumele/es avec le triomphe parthique de
l'imperator et avec les noces du prince he/ritier Ge/ta. Les
innovations notables apporte/es a\ cette occasion ont e/te/ maintenues
et me^me parfois de/veloppe/es lors de pe/riodes suivantes. L'auteur
de/crit e/galement, en s'appuyant sur des repre/sentations atteste/es
sur certaines monnaies, les actes religieux (sacrifices, libations et
pre/paratifs du suove/taurile) corre/latifs des De/cennales. Les
festivite/s inte/graient toujours des jeux et spectacles (combats de
sangliers, massacres de fauves et d'animaux exotiques) qui avaient lieu
au Cirque Maxime ou au Colise/e. L'attention se porte ensuite sur les
inscriptions votives (dont un catalogue est dresse/ p. 309-316). La
fe^te e/tait e/voque/e mate/riellement, toujours en latin et jamais en
grec, sur divers types de monuments ou encore sur les cadeaux
distribue/s a\ cette occasion comme les plats d'argent, moules a\
ga^teaux, coupes, lingots d'argent ou fibules ainsi que sur les
monnaies, soit par la mention de son nom distinctif, soit par les vota
qui la caracte/risaient, voire par les deux a\ la fois. Apre\s un
expose/ synthe/tique d'ensemble des jubile/s impe/riaux de 260 a\ 337
au cours duquel il est souligne/ que la premie\re fe^te a lieu 9 ans et
non pas 10 apre\s la prise de pouvoir, l'auteur se focalise plus
pre/cise/ment sur les Quinquennalia de Constantin. Dans ce cadre, il
admet avec certaines re/serves les de/ductions de J. Lafaurie[[9]] sur
la date du dies Augusti de Constantin qui intervenait dans la pe/riode
du 10 au 31 de/cembre de chaque anne/e du re\gne. Il rejette en
revanche les conclusions du Finlandais P. Bruun[[10]] au sujet de la
date des e/missions mone/taires comme/moratives des Quinquennalia
provenant de l'atelier de Tre\ves et pense qu'une premie\re e/mission
eut lieu au printemps 310 et une seconde le 25 juillet de la me^me
anne/e. Les Quinquennalia des trois Ce/sars (Crispus, Licinius II et
Constantin II) furent ce/le/bre/es en 321, a\ un moment ou\ les deux
Augustes, Constantin et Licinius, e/taient en de/saccord. Cet e/tat de
rupture diplomatique explique que deux ce/re/monies distinctes ont eu
lieu, l'une en Occident initie/e par Constantin Ier (sans Licinius II)
; l'autre ce/le/bre/e en Orient sous l'e/gide de Licinius 1er, en
l'honneur de son fils. Cette dualite/ se retrouve dans les donne/es
litte/raires et numismatiques : des aurei distincts viennent
comme/morer les deux diffe/rentes Quinquennales. Sont ensuite
e/tudie/es les Quinquennalia communes de Valentinien et de Valens qui
furent donne/es en 368. A. Chastagnol insiste sur l'aspect remarquable
du monnayage frappe/ en cette occasion : originalite/ de la le/gende
votive qui y figure (anticipation des vota) ; fabrication exclusive des
pie\ces dans un me/tal pre/cieux (or ou argent) ; importance
quantitative de l'e/mission de monnaies par rapport aux productions
suivantes intervenant lors des fe^tes de Gratien en 371 et au cours des
Decennalia de Valentinien-Valens du mois d'aou^t 371. Enfin, le
chapitre se clo^t sur des de/veloppements lie/s aux de/cennales de
Valentinien II qui se sont de/roule/es le 22 novembre 384, fe^tes
relate/es par Symmaque, alors pre/fet de Rome, dans ses Relationes et
aussi de/crites dans les Confessions de Saint Augustin. Les monnaies
produites pour ces circonstances le furent seulement par les ateliers
relevant de l'autorite/ du jeune prince. Les vota du revers se
re/fe\rent de manie\re exclusive a\ Valentinien, me^me quand l'effigie
du droit pre/sente The/odose ou Arcadius. Cette pratique novatrice
sera re/ite/re/e dans le monnayage de deux re/jouissances poste/rieures
: les Quinquennalia d'Arcadius du 19 janvier 387 et les Decennalia de
The/odose le 19 janvier 388.

V Le culte impe/rial en Gaule et en Afrique p. 379-432.

Le commencement du chapitre reproduit l'e/tude des inscriptions latines
gauloises exprimant le culte rendu au numen de l'empereur, initie/ par
Auguste, et a\ la domus divina (a\ distinguer de la domus Augusta ; la
premie\re formulation contenant les termes domus divina date de 33, il
s'agit d'une pierre du Lucus Feroniae), dont l'auteur dresse un
inventaire (p. 390-400). Il tente ensuite de de/gager une chronologie
d'apre\s les e/volutions perceptibles dans le formulaire. Les
de/dicaces Augusto sacrum sont caracte/ristiques d'une e/poque allant
du re\gne d'Auguste a\ celui d'Hadrien.  A\ partir de ce dernier, on
utilise tanto^t la formule in honorem domus divinae, tanto^t les
se/quences Numini Augusti ou numinibus Augustorum. La fixation de ces
nouveaux formulaires est symptomatique de l'organisation ultime du
culte dans la cite/ et de l'introduction, voire du de/veloppement du
lien e/tabli entre le chef-lieu de celle-ci et les divers pagi. Ces
trois e/nonce/s pre/ce\dent ge/ne/ralement le nom de la divinite/ dans
le sanctuaire de laquelle les voeux ont e/te/ prononce/s ou les actes
cultuels accomplis. L'e/tude des formules permet e/galement de suivre
de pre\s les progre\s de la romanisation des habitants du Sud au Nord
de la Gaule.

L'ultime contribution co-e/crite avec Noe+l Duval qui en pre/sente le
dossier e/pigraphique, se concentre sur le proble\me de la survivance
du paganisme, et en particulier du culte impe/rial, a\ l'e/poque
tardive. Les trois e/pitaphes chre/tiennes d'Ammaedara, les
inscriptions de Cuicul, d'Uppenna ou encore les Tablettes Albertini et
la Novelle 13 de Valentinien montrent que les titres de flamen
perpetuus (il s'agit d'une cate/gorie de pre^tres dont les membres
e/taient recrute/s dans l'e/lite municipale curiale et e/lus par le
conseil des de/curions) et de sacerdotalis provinciae (en re/fe/rence
a\ une fonction exerce/e au chef-lieu de la province)  survivaient
encore, au Ve\me s. et au de/but du VIe\me, dans le royaume vandale
aussi bien que dans le reste de l'Afrique. Ces officiants e/taient
traditionnellement lie/s a\ l'organisation des liturgies impe/riales
dans les provinces de\s le premier sie\cle de notre e\re. Le maintien
de cette fonction est purement politique quoique teinte/e d'une
atmosphe\re pai+enne. Elle devient un munus, et perd son aspect
religieux dans la mesure ou\ les flamines reste\rent surtout les
artisans d'un loyalisme monarchique sans cesse renouvele/. Gense/ric et
ses successeurs n'ont pas voulu supprimer les organisations provinciale
et municipale qui avaient fait leurs preuves, pas plus qu'ils n'ont
commande/ d'arre^ter ces manifestations de loyaute/ en l'honneur du
souverain, re/pe/te/es chaque anne/e par les flamines perpetui et les
sacerdotes au nom les populations africo-romaines. Ils ont au contraire
conside/re/ qu'il valait mieux les conserver et en ope/rer le
de/tournement sur leur personne.

Pour finir, il faut e/videmment rappeler que cet ouvrage ne constitue
pas une nouveaute/ au sens propre du terme. Cependant, la diversite/
des questions pose/es, des sources traite/es, la richesse et
l'amplitude des analyses le rendent indispensable pour l'historien du
pouvoir impe/rial (et me^me a\ tout antiquisant) qui y puisera une
e/vidente source d'inspiration ainsi que des repe\res me/thodologiques
et chronologiques. Ce livre est par ailleurs un outil de travail
pre/cieux (dont l'usage se trouve grandement facilite/ par la pre/sence
d'un triple index bien organise/ et tre\s complet p. 437-490), en
raison des nombreux recensements e/pigraphiques et numismatiques
jalonnant les diffe/rents expose/s dont les points les plus ardus sont,
faut-il le rappeler, toujours pre/sente/s avec la plus grande clarte/.
Le principal me/rite de ce volume est, en plus de saluer la me/moire
d'un tre\s grand mai^tre, de rendre accessible tout un pan des
recherches d'A. Chastagnol aux nouvelles ge/ne/rations d'historiens de
l'Antiquite/. On ne peut donc qu'espe/rer que toutes les connaissances
re/unies ici offriront matie\re a\ re/flexion, a\ discussion, et
permettront un  renouvellement des perspectives de recherches
concernant les multiples facettes du pouvoir impe/rial, du principat
auguste/en aux royaumes me/rovingiens, dans l'Ancienne Rome.


Table des matie\res
Avant-propos VII
Bibliographie comple/mentaire d'Andre/ Chastagnol XI
Table analytique XV


I. Figures d'Empereurs. Autour de l'Histoire Auguste
La censure de Vale/rien p.1
Dix e/tudes sur la vita Cari:
Trois e/tudes sur la Vita Cari I. les Nova spectacula (Car. 19); II.
Nemesianus et Calpurnius ; III Carinus effeminatus (Car. 16, 1-5) p. 13
Quatre e/tudes sur la Vita Cari p. 29
E/tudes sur la Vita Cari, VIII: Carin et Elagabal p. 57
E/tude sur la Vita Cari, IX: Non est meus p. 73
E/tudes sur la Vita Cari X: les editores romains et la dilapidation des
patrimoines se/natoriaux p. 85
Autour du the\me du princeps clausus p. 105


II Les titulatures impe/riales. Les Empereurs morts et le formulaire
d'e/poque tardive.
Un chapitre ne/glige/ de l'e/pigraphie latine: la titulature des
Empereurs morts p. 119
Le formulaire de l'e/pigraphie latine officielle dans l'Antiquite/
tardive p. 133


III Les anne/es re/gnales (275-337)
Sur la chronologie des anne/es 275-285 p. 189
La datation par anne/es re/gnales e/gyptiennes a\ l'e/poque
constantinienne p. 197
Les anne/es re/gnales de Maximien Hercule en Egypte et les fe^tes
vicennales du 20 novembre 303 p. 215


IV Les fe^tes jubilaires (des Antonins a\ Valentinien II)
Les jubile/s de/cennaux et vicennaux des empereurs sous les Antonins et
les Se/ve\res p. 243
Les fe^tes de/cennales de Septime Se/ve\re p. 267
Aspects concrets et cadre topographique des fe^tes de/cennales des
empereurs a\ Rome p. 285
Les inscriptions des monuments inaugure/s lors des fe^tes impe/riales
p. 303
Les jubile/s impe/riaux de 260 a\ 337 p. 317
A\ propos des Quinquennalia de Constantin p. 333
Les Quinquennalia de Valentinien Ier et Valens p. 355
La fe^te de/cennale de Valentinien II p. 369


V. Le culte impe/rial en Gaule et en Afrique
L'expression e/pigraphique du culte impe/rial dans les provinces
gauloises p. 379
Les survivances du culte impe/rial dans l'Afrique du Nord a\ l'e/poque
vandale (avec Noe+l Duval) p. 401


Corrigenda p. 433
Index
Imperatorum et regnum p. 437; nominum p. 440; fontium p. 444.
------------------
Notes:


1.   Voir les mots de J.-P. Callu, "Andre/ Chastagnol (1920-1996)",
dans Revue des E/tudes Latines, 74, 1997, p. 25-26.

2.   A. Chastagnol, La Pre/fecture urbaine a\ Rome sous Le Bas-Empire,
Presses Univ. de France, Faculte/ des Lettres d'Alger, vol. 34, 1960,
XIX, 523 p.

3.   A. Chastagnol, Le Se/nat romain a\ l'e/poque impe/riale.
Recherches sur la composition de l'Assemble/e et le statut de ses
membres, Paris, 1992 (2e\me tirage 2005).

4.   A. Chastagnol, L'Histoire Auguste, les empereurs romains des IIe
et IIIe sie\cles, Edition bilingue latin-franc,ais, e/dition et
traduction du latin e/tablies par A. Chastagnol, Paris, 1994 (coll.
Bouquins).

5.   Sur ce point, voir G. Crifo\, "L'use delle fonti giuridiche
nell'opera di Andre/ Chastagnol" in Ktema, 26, 2001, p. 163-172.

6.   A. Chastagnol, L'Italie et l'Afrique du Bas-Empire. Scripta Varia,
P.U.L., Lille, 1987, p. 11-21 et bibliographie comple/mentaire
1986-1992, parue dans A. Chastagnol, Aspects de l'Antiquite/ tardive.
Scripta varia II, Saggi di Storia antica, 6, Rome, 1994, p. 7-8.

7.   cf.  J. C. Shelton, Papyrus from the Princeton Collection, Toronto
1971, n?610, p. 28-30 et P. Corn., 12, 1-3.

8.   J. Lafaurie, "La Chronologie impe/riale de 249 a\ 285" in BSNAF,
1965, p. 139-154 ; "La date de la re/forme mone/taire d'Aure/lien" in
BSFN, 1974, p. 517-525 ; "Re/formes mone/taires d'Aure/lien et de
Diocle/tien" in RN, vol. 6, n. 17, 1975, p. 73-138 ; cf. _RN
1975_num_6_17_1084
(http://www.persee.fr/web/revues/hom;eacute;prescript/articl;eacute;numi_0484-8942).

9.   J. Lafaurie, "Remarques sur les dates de quelques inscriptions du
de/but du IVe\ sie\cle" in CRAI, 1965, p. 200-203 ; "Dies imperii
Constantini  Augusti : 25 de/cembre 307 (E/ssai sur quelques proble\mes
de chronologie constantinienne)" in R. Chevalier (e/d.), Me/langes
d'arche/ologie et d'histoire offerts a\ A. Piganiol, Tome 2, Paris,
1966, p. 795-806.

10.   P. Bruun, "Constantine's Change of Dies imperii" in Arctos, 9,
1975, p. 11-29 ; voir aussi "Constantine's Dies Imperii and
Quinquennalia in the Light of the Early Solidi of Trier" in Numism.
Chronicle, 1969, p. 177-205.