Re: Retour d'expérience de professionne ls de l'éducation
Renaud de Colombel <[email protected]> Tue, 14 Sep 2010 13:32:38 +0200
| Newsgroups | gmane.org.aful.education |
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| Message-ID | <[email protected]> |
Le 14/09/2010 11:51, diroots a écrit : > Bonjour à la liste > > Petite demande; lundi prochain je rencontre les professeurs et le > directeur d'une école primaire en charente. > En fait, un ami élu dans cette petite ville a été conquis depuis que je > lui ai fait découvrir Gnu-linux et il a initié le projet, dans le cadre > du changement du parc de l'école, de proposer une migration d'un > environnement propriétaire à un environnement libre. > > Personnellement, je suis plus professionnel de l'informatique / geek a > mes heures, alors au niveau technique/politique, il n'y aura pas de > problèmes pour argumenter sur le sujet des logiciels libres. > > A mon avis, ce qu'il me manquerai plus, ce serai un point de vue de > professionnels de l'éducation sur le sujet d'un environnement libre dans > un parc d'école > > Alors j'aimerai savoir si certains de vous auraient un retour > d'expérience sur le sujet, ou des conseils sur les points que nous > pourrions aborder qui argumenteraient sur les avantages de migrer sur > des logiciels libres. > De même, si l'un de vous serai interessé pour participer à cette > rencontre avec ces professeurs, et du coup être en contact direct pour > cet échange de retour d'expérience avec eux, vous êtes bien évidemment > les bienvenus. > > Florent > Salut, je vais malmener un peu la netiquette et répondre à ton message dans sa globalité. Je suis instit et fervent promoteur du logiciel libre (ne le sommes-nous pas tous ?). J'ai rencontré plusieurs obstacles dans mes tentatives de "conversion" des collègues. L'obstacle principal est la force d'inertie / d'habitude, appelez-la comme voulez, mais les gens, en général, et les instits à plus forte raison, n'aiment pas changer leurs habitudes. Il faut reconnaître que cela prend du temps, de l'énergie, et que nous en manquons cruellement en période scolaire. Un obstacle rencontré moins fréquemment est l'ignorance ou les idées préconçues. Quand j'ai présenté OpenOffice.org à une collègue pour équiper un portable livré par la mairie sans suite bureautique, elle m'a répondu "ah, non, les trucs gratuits, ça marche pas, c'est nul..." S'agissant d'applications libres, elles sont généralement bien perçues (super réactions en général à GCompris, TuxPaint, TuxMaths, JClic, Celestia, etc.) mais un peu moins quand les collègues utilisent déjà un produit propriétaire équivalent (OOo Vs Word, IE Vs Ff, Outlook Vs Thunderbird, etc.) - la force de l'habitude ... S'agissant des systèmes d'exploitation libres, c'est encore plus difficile : tout change (plus de "Mes Documents", plus de "C:", plus de bouton "démarrer" vert en bas à gauche, bref, vous avez compris : la force de l'habitude... Le passage à un système libre est d'autant plus difficile à justifier que les applications livrées avec existent aussi sous Win-dose. J'ai fait fonctionner une salle info complète en dual boot, avec centralisation du répertoire personnel, etc. pendant deux ans, dans "indifférence générale" - seule ma classe en profitait directement (les autres en profitait indirectement, puisque j'étais quand même là pour régler les pb sous Windows). Maintenant, heureusement, nous avons aussi de supers arguments pour pousser le logiciel libre (et Linux en particulier) dans nos écoles : - on peut faire la maintenance et le dépannage à distance, donc plus rapidement. Combien de nos collègues attendent des plombes que les services informatiques de la ville, ou le PRI de la circonscription - et oui, dans le primaire c'est comme ça - qui sont souvent débordés, passent pour remettre un ordi d'équerre ? - un ordi sous Linux ne ralentit pas / s'alourdit pas avec le temps qui passe. C'est fonctionnel et robuste ! - pas de pb de virus (...), de mise à jour, etc. Les collègues ne sont pas hostiles à la philosophie des logiciels libres, ils sont à même de la comprendre et d'y adhérer, mais la force de l'habitude ... Pour terminer, je vais essayer de rassembler les conditions qui augurent d'un passage à Linux réussi : - Il faut qu'un souhait de changement soit exprimé au départ par les futurs utilisateurs (pb avec le système en place, curiosité, militantisme, etc. bref, il faut une raison) - Il faut que tous les acteurs soient partie prenante. Imposer la migration à un maillon, avec le risque de rejet que cela comporte, peut tout mettre par terre. Il faut que les informaticiens de la mairie soit volontaires, que le PRI de la circo soit impliqué, que les enseignants soient prêts à changer leurs habitudes, que les intervenants éventuels soient compétents en la matière. - Il faut anticiper les problèmes techniques liés à la migration (la maquette du journal d'école est sous Publisher, les imprimantes sont l'un des rares modèles qui ne fonctionne pas / mal sous Linux, les documents à renvoyer à l'Inspection de l'Education Nationale mal interprétés par OpenOffice.org, etc. - Il faut des personnes ressources à proximité (parents, collègues, LUG, etc.) Dans un autre lieu, je suis en train de convertir mon syndicat à Linux et aux logiciels libres. La conversion de fait "pied à pied". C'est lent, mais ça vient progressivement... Les collègues constatent que ça fonctionne et que ça leur rend service tous les jours. Ils y viennent alors petit à petit. J'espère que ma modeste contribution t'aidera à te préparer et à présenter cette opportunité au mieux. Cordialement Renaud -- Gerez vos abonnements aux listes de diffusion : https://www.aful.org/wws Ce message n'engage que son auteur et ne reflete pas la position officielle de l'AFUL ; pour celle-ci consultez http://www.aful.org/