Re: Époque post coronavirus

David VANTYGHEM <[email protected]> Wed, 1 Apr 2020 14:17:34 +0200
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Message-ID <[email protected]>
Je suis d'accord avec le fait qu'il faille proposer mieux pour provoquer
les changement, en plus du changement de mentalité dans les ministères
et les collectivités.


Par exemple pour le poste de travail, je pense qu'il y a ce qu'il faut
sauf pour LibreOffice qui est encore trop bogué, et ce sont des bogues
majeurs qui durent depuis plus de dix ans.

Il n'y a aucune distribution Linux qui permette d'accéder facilement aux
partages Windows aussi facilement que depuis un poste Windows.

On peut remplacer les serveurs Active Directory par SAMBA4 mais aucun
éditeur ne propose d'interface de gestion aussi évoluée que celle de
Windows pour créer les comptes, gérer les GPO, droits d'accès aux
imprimantes en réseau et il y a encore trop de choses qui boguent.

L'impression en réseau sécurisée par badge est possible avec Papercut
sous Linux (non libre) mais pas de façon aussi évoluée (gestion fine des
bacs d'impression...).

Il n'y a aucun logiciel libre de traitement automatisé des flux de
documents scannés (OCR performant, pas comme avec Tesserac, redirection
des flux vers un smartphone, envoi de SMS, liens avec des GED,
Sharepoint etc).

Il n'y a aucun équivalent à Teamviewer.

À part les applications web classiques (CMS, GED, ENT, partage de
documents...), il n'y a quasiment aucun logiciel professionnel libre
équivalent à ce qui se fait en propriétaire pour tous les métiers.

Donc, tant que l'état et les collectivités verront le LL comme un 
simple moyen d'économiser et non comme un bien commun qu'il faut
financer et tant que les intérêts privés seront majoritaires, le
logiciel libre restera une utopie. Il faut à la fois mettre des moyens
financiers en œuvre pour combler les manques techniques et les
documenter et il faut aussi ré-éduquer les personnels des ministères et
des collectivités. Qu'ils cessent de penser à leur carrière en priorité
et à leur intérêts particuliers et qu'ils travaillent pour le bien commun.

Par exemple, le réflexe dans une administration, pour quelqu'un qui crée
quelque chose d'intéressant pour les autres services, est d'actuellement
de ne pas le partager, pour se faire valoriser, par manque de
reconnaissance de son travail, pour le vendre via une entreprise privée
etc. Les enseignants vont tous recréer chaque année le même cours, les
mêmes TP en 10 000 exemplaires. Les services informatique vont
sous-traiter et créer des logiciels qui ne sont pas partagés, maintenus
et finissent par être ré-écrits par tous les autres services. Cela est
impensable dans une entreprise privée même de 50 000 personnes et
mondiale, qui va chercher à tout optimiser, qui va partager en interne
ses technologies, ses supports de formation, ses savoirs-faire, ses
documentations et ses logiciels et qui va embaucher des personnes pour
accélérer les bonnes pratiques et les transferts de technologies entre
sites.

Il faut valoriser (surtout financièrement) les agents des services
publics qui partagent leur travail, bien que cela devrait être normal et
naturel.


Le 01/04/2020 à 13:48, Pierre Jarillon a écrit :
> Le mercredi 1 avril 2020, 11:51:08 CEST Bastien a écrit :
>> Imposer des outils libres qui incommodent des agents publics est la
>> meilleur façon de rendre très populaire un ministre qui autorise ces
>> agents à utiliser les outils de monsieur et madame tout le monde.
> Tout commence avec les Windows pré-installés dans les PC. L'incapacité de nos 
> politiques à légiférer contre ça est la première étape.
>
> Ensuite, il faut donner des alternatives crédibles. J'utilise Mageia qui est 
> la plus française des distributions. J'en ai installé une vingtaine que je 
> suis et supporte. Mes problèmes les plus fréquents concernent des fils 
> débranchés et des pannes d'encre dans les imprimantes.
> Cependant, je pense qu'il faudrait un groupe de développeurs à temps plein 
> pour corriger les bugs plus rapidement et faire une assistance performante.
> Le problème politico-administratif est de savoir comment les payer car ça ne 
> rentre pas dans les vieilles cases.
>
> Je suis d'accord avec ce qui a été dit sur MIMO : c'est un fork !
> Pour réussir,un fork doit rassembler plus de développeurs que la branche 
> originale.
>
>> Ce n'est pas le bon combat pour le libre dans l'administration, sauf
>> quand le libre aura avec lui une assez large proportion d'agents qui
>> accepteront ces changements - ou quand les ministères auront été
>> convaincus de l'intérêt qu'il y a à payer pour accompagner ce
>> changement.
> Un changement n'est accepté que si on a plus d'avantages que d'inconvénients. 
> Sinon, il est considéré comme une agression.
>
>> En attendant, Nextcloud progresse dans les universités et ailleurs,
>> ainsi que les certaines solutions de messagerie libres ailleurs.
> Les universités sont le plus souvent en avance et c'est leur rôle. Il faut 
> attendre beaucoup trop d'années avant que ça descende plus bas.
> Le reste de l'EN ne suit pas.
>
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