Re: Époque post coronavirus

Fabien COMBERNOUS <[email protected]> Wed, 1 Apr 2020 16:19:21 +0200
Newsgroups gmane.org.aful.interlug
Message-ID <[email protected]>
Le 01/04/2020 à 14:17, David VANTYGHEM a écrit :

[...]

>
> À part les applications web classiques (CMS, GED, ENT, partage de
> documents...), il n'y a quasiment aucun logiciel professionnel libre
> équivalent à ce qui se fait en propriétaire pour tous les métiers.

Et pourquoi dans les collectivités et les services de l'état la démarche
de collaboration horizontale ne vient pas d'elle même ?

Mais parce que ce qui, à nous libristes, peut paraître évident, ne l'est
pas pour tout le monde. Et les intérêts des uns, n'est pas forcement
celui des autres.

J'aime à rappeler que les mathématiques de Pythagore sont à l'origine
des mathématiques propriétaires. Il était demandé aux disciples de
garder le secret. Aujourd'hui, le théorème de Pythagore est enseigné
dans toutes les écoles. L'informatique est encore jeune en comparaison.


>
> Donc, tant que l'état et les collectivités verront le LL comme un 
> simple moyen d'économiser et non comme un bien commun qu'il faut
> financer et tant que les intérêts privés seront majoritaires, le
> logiciel libre restera une utopie. Il faut à la fois mettre des moyens
> financiers en œuvre pour combler les manques techniques et les
> documenter et il faut aussi ré-éduquer les personnels des ministères et
> des collectivités. Qu'ils cessent de penser à leur carrière en priorité
> et à leur intérêts particuliers et qu'ils travaillent pour le bien commun.

A l'ADULLACT (j'en suis un des permanents) depuis 2002 nous travaillons
à faire progresser la maturité des collectivités. Et nous pouvons
observer qu'en 20 ans les choses évolues positivement. Non toutes les
collectivité ne voient pas les LL uniquement comme un moyen
d'économiser. Parce que sans mutualisation l'économie n'est pas
forcement au rendez-vous. Un logiciel libre n'est pas gratuit.

Je te confirme qu'il est parfois difficile :

 * de faire travailler ensemble plusieurs collectivités

 * de faire voir les choses avec une grille de lecture différente.

Mais, certains jours nous arrivons à faire prendre la pilule bleu à
certain(e)s décideurs(es) de collectivités pour sortir de la matrice. Il
faut avouer qu'il est plus facile de s'engluer dans ce qui est présenter
tous les jours dans les médias, que de prendre le risque de choisir un
autre chemin.

C'est pour mettre en avant ces bons élèves que l'ADULLACT à mis en place
le label Territoire Numérique Libre :
https://territoire-numerique-libre.org/ (merci à ceux et celles qui
participent au jury).

C'est pour mettre en avant les logiciels libres métier et les
entreprises prestataires que nous avons mis en place le Comptoir du
Libre : https://comptoir-du-libre.org/

Et c'est pour nous appliquer à nous même cette vue collaborative que
nous travaillons avec d'autres structures mutualisantes et certaines
personnes dans les ministères pour continuer à avancer.

>
> Par exemple, le réflexe dans une administration, pour quelqu'un qui crée
> quelque chose d'intéressant pour les autres services, est d'actuellement
> de ne pas le partager, pour se faire valoriser, par manque de
> reconnaissance de son travail, pour le vendre via une entreprise privée
> etc. Les enseignants vont tous recréer chaque année le même cours, les
> mêmes TP en 10 000 exemplaires.

Je ne suis pas d'accord avec toi, l'exemple de la fondation de la main à
la pate est un formidable outil de mutualisation à destination des
enseignants

https://www.fondation-lamap.org

Sauf que oui nous ne sommes pas dans une dictature, et il n'est pas
possible de mettre un pistolet sous la tempe des personnes qui ont un
autre point de vue.

> Les services informatique vont
> sous-traiter et créer des logiciels qui ne sont pas partagés, maintenus
> et finissent par être ré-écrits par tous les autres services. Cela est
> impensable dans une entreprise privée même de 50 000 personnes et
> mondiale, qui va chercher à tout optimiser, qui va partager en interne
> ses technologies, ses supports de formation, ses savoirs-faire, ses
> documentations et ses logiciels et qui va embaucher des personnes pour
> accélérer les bonnes pratiques et les transferts de technologies entre
> sites.
>
> Il faut valoriser (surtout financièrement) les agents des services
> publics qui partagent leur travail, bien que cela devrait être normal et
> naturel.

Là je suis d'accord avec toi, et c'est ce que nous essayons de faire
tous les jours à l'ADULLACT.



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