Re: [Carto-Libre] Cartographie du logiciels libres en France et francophonie dans les écoles et les ad ministrations
Bastien <[email protected]> Tue, 19 May 2020 09:00:25 +0200
| Newsgroups | gmane.org.aful.interlug |
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| Message-ID | <[email protected]> |
Laurent Séguin <[email protected]> writes: > Le 18/05/2020 à 21:24, David VANTYGHEM a écrit : > > Seules des > lois, des directives permettent de faire évoluer les choses dans les > ministères. Pour les collectivités, c'est une autre paire de manche. > > Même pas… ☹️ Par exemple, la priorité au libre dans la loi ESR (notre > plus gros succès législatif en 20 ans) n'a eu aucun effet concret. La loi sans des gens en interne pour la comprendre et l'utiliser ne sert pas à grand chose ; des gens volontaires sans l'appui d'une loi ou d'une impulsion politique ne peuvent aller seuls contre la marée. D'où l'importance d'aligner trois forces : la volonté politique (via la sensibilisation des parlementaires, le vote, etc.), l'ancrage d'une idée dans la loi et... la reconnaissance et l'entraide de ceux qui peuvent s'appuyer sur la loi pour incarner l'impulsion politique. Ce troisième pan, c'est un peu l'approche "gramscienne", David : je ne pense pas que la sphère publique soit aussi uniforme et obéissante que tu le laisses entendre, ni qu'elle subisse de façon monolithique les variations politiques. D'abord, les gens confondent souvent le gouvernement et l'administration : le premier change assez souvent, le second... moins (on ne remplace pas 1.2M de personnels de l'éducation tous les cinq ans.) > La différence entre les deux ? La première est législative et non > contraignante, la seconde n'est pas plus contraignante mais issue du > sommet de l'exécutif. On se plaint d'avoir une administration lente, mais je crois que c'est parfois une chance : elle se méfie (comme nous, citoyens) des variations du politique, et elle a besoin d'arguments très forts pour "obéir" à la loi, surtout quand celle-ci lui demande un effort supplémentaire alors même que le politique lui donne souvent moins de moyens. > A noter que ce succès s'est fait à l'initiative de fonctionnaires > pensant comme nous, en poste au bon endroit au bon moment, sachant > utiliser les circuits de validation de l'exécutif et disposant d'un > argumentaire quasi tout prêt issu de nos associations (la source > claire) sur lequel s'appuyer. Oui... d'où l'importance d'aider ces militants à se reconnaître entre eux et à s'entraider. > Si nous étions arrivés avec exactement le même texte de la circulaire > en demandant au cabinet du PM « svp, vous pouvez faire signer ça à > Jean-Marc ? 🙏 », on se serait fait naturellement jeter. Fort heureusement ! Sinon n'importe quel groupe militant anti-avortement pourrait arriver et faire signer n'importe quoi à notre prochain gouvernement. Et c'est un peu tout le problème : l'administration a des problèmes structurels de fonctionnement, c'est sûr, mais en tapant sur elle et en lui donnant moins de moyen, on affaiblit le contre-pouvoir qu'elle représente face au politique. Le prochain parti sera élu en fonction de son habilité à récupérer le dégagisme anti-bureaucratique : et je crains que la crise n'accélère ce processus, en donnant l'impression que seuls les échelons locaux ont été réactifs, tant que les pouvoirs et administrations centrales ont été bloquantes. Mais ce serait caricatural et dangereux. > C'est pour ça > que je parle de l'importance de donner, à nos alliés en interne de > ces administrations, les éléments nécessaires pour les aider à agir > [2]. +100 En plus de la cartographie, il y a l'idée d'un guide du logiciel libre à l'usage des agents publics, comme il y a eu un beau guide du libre pour les associations. Ce serait contre-productif que l'État, avec ses gros sabots, publie ce guide militant : les agents publics se méfient souvent plus de l'État que des associations, surtout lorsque leur message est constructif. Sur ces beaux projets, bonne journée ! -- Bastien -- Gérez vos abonnements aux listes de diffusion : https://listes.aful.org/wws/ Ce message n'engage que son auteur et ne reflète pas la position officielle de l'AFUL ; pour celle-ci consultez https://aful.org/