Re: [Carto-Libre] Cartographie du logiciels libres en France et francophonie dans les écoles et les ad ministrations
Jean-Yves Jeannas <[email protected]> Tue, 19 May 2020 10:11:42 +0200
| Newsgroups | gmane.org.aful.interlug |
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| Message-ID | <[email protected]> |
Bonjour, Petit complément sur les aspects plus ou moins législatifs. Il y a d'autres éléments que les lois, il y a les décrets et circulaires, et j'ai porté au ministère de l'enseignement supérieur en 2011 l'écriture dans un référentiel de formation au numérique pour *tous les étudiants* de France (et de Navarre pour ceux qui voulaient :-)) l'inscription de deux compétences obligatoires : Compétence D1.3 : Tenir compte des enjeux de l’interopérabilité Compétence D1.4 : Pérenniser ses données Ce référentiel était le C2i niveau 1, BO du 14 juillet 2011, et il était obligatoire pour tous les étudiants. Malheureusement, l'état n'ayant pas donné de moyens ni pour former ni pour vérifier la validation des compétences, certaines université ont faussé le jeu et fait du secrétariat informatisé. Il n'empêche que tous les étudiants savent depuis 2011 que l'interopérabilité existe. Jusqu'à ce que "quelqu'un" supprime ce référentiel pour le remplacer par un référentiel français PIX européen en 2019 (sous ensemble du référentiel européen DigComp), qui ne contient pas explicitement interopérabilité mais qui permet d'en parler. Puis la France a choisi des "jeunes startupeur aux dents longues" pour le projet PIX d'évaluation des compétences, qui même s'il a le mérite d'exister est lamentable sur les questions de formats, de loyauté et l'éthique. Exemple, le premier courriel que j'ai reçu venait de "[email protected]", oui, vous avez bien lu ! Ce sont des apprentis sorciers, "Harry Potter" de l'informatique, adeptes des réseaux associaux qui pilotent et gèrent ce projet, on a mis tous les "vieux" à la poubelle :-( Il n'empêche qu'étant aussi expert européen DigComp (à l'europe, il m'ont gardé :-)), j'ai réussi à le faire adopter dans mon université et on va prévoir des modules de formation qui parlent d'interopérabilité, de formats, de loyauté et d'éthique des services en ligne (ainsi qu'à Bordeaux avec François Pellegrini). Seul Pb : l'université n'a plus de sous :-( Alors oui, il est possible d'agir de manière centrale à haut niveau, mais les créneaux sont très difficiles à avoir, car j'ai vu beaucoup "d'enfumeurs parasites" dans les ministères plutôt que des acteurs de terrain compétents, mais c'est un pli de la société actuelle où on privilégie les beaux parleurs au détriment de ceux qui agissent... J'ai eu un créneau de 2010 à 2019, c'est déjà pas mal, et ça m'a usé, mais on peut essayer de réitérer. Les référentiels de certification sont une bonne solution, enfin pas mauvaise si bien employée. DigComp est notamment fait pour tous les citoyens européens, et si par exemple on faisait un concurrent "loyal" de PIX, pour tout les citoyens francophones, ce serait sympa. Les organisations patronales et syndicales réfléchissent au sujet je crois, car pour s'en sortir et garder une certaine souveraineté il faut faire monter en compétences numériques toute la population. Bien amicalement à tous, au plaisir de vous retrouver, JYJ Le 19/05/2020 à 08:38, Laurent Séguin a écrit : > Le 18/05/2020 à 21:24, David VANTYGHEM a écrit : >> Seules des >> lois, des directives permettent de faire évoluer les choses dans les >> ministères. Pour les collectivités, c'est une autre paire de manche. > > Même pas… ☹️ Par exemple, la priorité au libre dans la loi ESR (notre > plus gros succès législatif en 20 ans) n'a eu aucun effet concret. > > Par contre, un document comme la directive Ayrault sur le logiciel > libre[1] a été une belle bombe, y compris dans les collectivités, et > le reste encore même si c'est plus modestement (parce que c'est vieux > maintenant). > > La différence entre les deux ? La première est législative et non > contraignante, la seconde n'est pas plus contraignante mais issue du > sommet de l'exécutif. > A noter que ce succès s'est fait à l'initiative de fonctionnaires > pensant comme nous, en poste au bon endroit au bon moment, sachant > utiliser les circuits de validation de l'exécutif et disposant d'un > argumentaire quasi tout prêt issu de nos associations (la source > claire) sur lequel s'appuyer. > > Si nous étions arrivés avec exactement le même texte de la circulaire > en demandant au cabinet du PM « svp, vous pouvez faire signer ça à > Jean-Marc ? 🙏 », on se serait fait naturellement jeter. C'est pour ça > que je parle de l'importance de donner, à nos alliés en interne de ces > administrations, les éléments nécessaires pour les aider à agir[2]. La > carto est un élément supplémentaire et, je crois que qualifiée plus > finement, pourrait devenir un outil formidable permettant de lancer > une dynamique à effet cliquet. > > > [1] http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/09/cir_35837.pdf > [2] sachez que nos opposants fournissent de leur côté des « powerpoint > prêt à penser » à leurs alliés. Nous, on les oblige à faire une effort > de réflexion, on part donc avec un handicap. > > -- > Laurent Séguin, Vice-Président de l'AFUL > -= Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres =- > *Faire gagner le Logiciel Libre et ses valeurs* > https://aful.org/ - [email protected] > <mailto:[email protected]> > > Clé OpenPGP : 0xBDF26D28 > -- Gérez vos abonnements aux listes de diffusion : https://listes.aful.org/wws/ Ce message n'engage que son auteur et ne reflète pas la position officielle de l'AFUL ; pour celle-ci consultez https://aful.org/