IPRED2: Belgian Minister supports jail and free litigation for software stakeholders
Benjamin Henrion <[email protected]>
| Newsgroups | gmane.org.openstandaarden.general |
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| Message-ID | <20060318180733.GH15695@localhost> |
This is really worrying news. Translation in EN welcomed. There might be a dutch translation on the website http://www.lachambre.be. Please report it if you find the official version. ----- Forwarded message from David GLAUDE <[email protected]> ----- From: David GLAUDE <[email protected]> To: [email protected] Subject: [Fwd: [informatyk] réponse du ministre sur la position belge par rapport à la criminalisation des infractions en droit d'auteur] Date: Sat, 18 Mar 2006 10:28:17 +0100 Message-ID: <[email protected]> User-Agent: Thunderbird 1.5 (Windows/20051201) Sender: [email protected] Pour votre information (it might be available in a translated version on the official web site). -------- Original Message -------- Subject: [informatyk] réponse du ministre sur la position belge par rapport à la criminalisation des infractions en droit d'auteur Date: Fri, 17 Mar 2006 12:04:45 +0100 From: GENOT Zoe <[email protected]> *Chambre des Représentants Commission de lEconomie* *Réunion du 15 mars 2006 Compte rendu intégral (CRIV 51 COM 894)* *08 Question de Mme Zoé Genot au ministre de l'Économie, de l'Énergie, du Commerce extérieur et de la Politique scientifique sur "_le projet de directive IPRED2_" (n° 10793) * 08.01 *Zoé Genot *(ECOLO): Madame la présidente, monsieur le ministre, selon le titre d'un document apparu sur le site du Conseil européen,_ la Commission demandait aux 25 Etats membres du Conseil leur position écrite quant aux droits de propriété intellectuelle qu'ils souhaitaient voir enlevés de la liste de la proposition de directive IPRED2. Pour rappel, cette directive vise à faire passer du domaine civil au domaine pénal toutes les infractions à la propriété intellectuelle,_ que ce soit en matière de droit d'auteur, droit des brevets, droit des marques ou droit de design, etc. Dans cette liste, il est donc inscrit que les infractions au droit des brevets doivent être traitées comme des actes criminels. Plusieurs associations de l'industrie, notamment de logiciels, se sont prononcées vivement contre l'inclusion des violations de brevet dans la proposition de directive pour les raisons suivantes. Il est en pratique par exemple impossible d'écrire ou de vendre les produits logiciels sans avoir la certitude que votre produit ne viole pas l'un des 65.000 brevets sur les logiciels ou sur les méthodes d'affaires délivrés par l'Office européen des brevets. Ces brevets ont été délivrés par l'Office en contradiction avec la Convention sur le brevet européen. L'infraction au brevet a toujours été une matière civile et la proposition de directive forcera les Etats membres à faire passer les infractions au droit des brevets comme des crimes et de criminaliser aussi l'incitation à l'infraction. Les conséquences initiales de la criminalisation des infractions de brevet seront que les firmes auront une réticence à investir dans de nouveaux produits logiciels. Une entreprise nécessitant des produits logiciels préfèrera en importer d'un pays en dehors de l'Union européenne. Ce serait dommageable pour l'industrie européenne du logiciel et causerait des pertes d'emploi. Par ailleurs, la directive donnera aux possesseurs de brevets de plus grands pouvoirs afin de harceler les producteurs de logiciels, de saisir leurs documents, de geler leurs comptes bancaires. Nous verrons alors la justice pénale utilisée pour imposer des monopoles qui sont déjà hautement controversés. Les conséquences de ces monopoles sont bien sûr des prix élevés pour les produits logiciels, moins d'innovation et de sérieux dommages aux économies européennes si elles perdent leur capacité à rester compétitives sur le marché mondial. Troisièmement, la création de nouvelles entreprises et la croissance économique seront touchées. Tous les entrepreneurs du domaine des technologies de l'information et de la communication prennent déjà d'énormes risques au regard des brevets logiciels et l'industrie du logiciel européen existe en dépit et non pas grâce aux brevets logiciels. Les brevets logiciels tentent à avoir des revendications très larges de façon à ce que l'infraction soit inévitable. Donc, dans l'économie classique des brevets, une firme peut s'en tirer en prenant des licences de brevets et en payant des royalties, mais quand l'infraction des brevets est une infraction pénale, aucun règlement civil n'est possible. Dernièrement, l'usage de la loi pénale en lieu et place de la loi civile rend la spéculation sur les brevets et l'extorsion moins chère. Aujourd'hui, un spéculateur en brevets a besoin de fonds substantiels pour supporter le coût du litige jusqu'à ce qu'un marché accepte de prendre une licence pour un brevet particulier. Cependant, en matière pénale, l'Etat prend en charge tous les frais du litige et nous verrons l'usage de responsabilités pénales comme un outil de chantage. Tandis qu'un PDG pourra être enclin à lutter contre des revendications injustes devant une cour de justice réunie selon la procédure civile, il en est tout autrement quand la police et les procureurs de l'Etat sont impliqués. En conclusion, la pénalisation des infractions de brevets punira les innovateurs, diminuera la confiance dans le secteur des technologies de l'information, aggravera le problème des brevets logiciels et favorisera l'usage des brevets à des fins d'extorsion plutôt que de protéger l'investissement. Les conséquences seront hautement dommageables pour l'économie européenne en termes d'emploi, d'investissement, etc. On a déjà eu l'occasion de discuter de ce problème des brevets logiciels. Il revient avec plus d'acuité à cause de cette histoire de criminalisation du droit d'auteur et du droit des brevets. C'est la raison pour laquelle, j'aurais voulu connaître, monsieur le ministre, les réponses que la Belgique avait fournies. Quelle a été la position écrite de la délégation belge au Conseil à propos de la criminalisation des brevets? Quelles ont été les positions des autres délégations sur cette question? De manière générale, la directive devrait être limitée aux droits pour lesquels il est prouvé que la protection par le droit civil n'est pas suffisante. Quels sont-ils? Etes-vous d'accord avec ce principe? Dans la négative, pouvez-vous justifier votre position en faveur d'une criminalisation des infractions au brevet, par exemple dans le secteur des logiciels et de la même manière dans le secteur pharmaceutique? 08.02 *Marc Verwilghen*, ministre: Madame la présidente, collègue Genot, sur la première question concernant le champ d'application de l'article premier de la proposition de directive, la délégation belge a indiqué au groupe d'experts au Conseil de l'Union européenne qu'une liste limitative des droits visés par la proposition de directive doit être dressée en supprimant, par rapport à la liste établie par la Commission pour la directive 2004/48 relative au respect des droits de propriété intellectuelle, la référence aux dénominations commerciales, aux indications géographiques et aux topographies de produits semi-conducteurs. Les droits de propriété intellectuelle suivants peuvent relever du champ d'application de la directive: - les droits d'auteur; - les droits voisins du droit d'auteur; - les droits "sui generis" de l'auteur d'une base de données; - les droits de marque; - les droits sur les dessins ou modèles; - les droits relatifs aux brevets, y compris les certificats complémentaires de protection; - les droits d'obtenteur. Cette liste correspond aux droits visés dans un avant-projet de loi relatif à la répression de la contrefaçon et de la piraterie des droits intellectuels qui doit encore être délibéré en Conseil des ministres, mais qui est dans un stade final de préparation. Deuxièmement, la plupart des autres délégations ont déjà fait connaître leur position. Plus généralement, on peut identifier deux extrêmes dans les points de vue exprimés: L'Irlande et le Royaume-Uni veulent limiter le champ d'application de la directive aux droits d'auteur et aux droits de marque; le Danemark, Chypre, la Slovaquie et l'Italie, en revanche, peuvent se retrouver dans les grandes lignes dans la liste des droits visés établis par la Commission pour la directive 2004/48. Pour la troisième question, j'estime que le champ d'application de la proposition de directive doit rester limité aux atteintes les plus graves aux principaux droits de la propriété intellectuelle. Comme il s'agit ici d'une proposition de directive pénalisant certains comportements, le principe de subsidiarité doit, en effet, être pleinement respecté. La délimitation du champ d'application doit dès lors non seulement se faire selon la nature des droits mais aussi selon la gravité de l'atteinte. La délégation belge a donc plaidé pour que la directive soit limitée à la pénalisation d'atteintes à l'échelle commerciale commises avec une intention méchante ou frauduleuse. L'intention est de pouvoir s'attaquer de manière plus efficace au commerce de la contrefaçon. Etant donné que la contrefaçon se transforme en une véritable industrie dont une grande partie des bénéfices alimenteraient des organisations criminelles, une harmonisation au niveau des mesures pénales me paraît nécessaire. Selon l'accord sur l'aspect des droits de propriété intellectuelle qui touche au commerce, les Etats membres doivent édicter des sanctions pénales en matière de marques et de droits d'auteurs, sans pouvoir opérer une distinction au sein d'une catégorie d'infractions à un droit de propriété intellectuelle déterminé selon le type d'objets visés. Cette approche horizontale, qui interdit l'établissement d'une quelconque discrimination parmi les titulaires des droits dans les moyens pour faire respecter leur droits, vaut également en matière de brevets. Voilà la réponse aux trois questions que vous venez de me poser. 08.03 *Zoé Genot *(ECOLO): J'entends qu'il existe une volonté de combattre la contrefaçon. Et cela me paraît totalement légitime. En revanche, je note que vous ne prenez pas en compte la spécificité des brevets logiciels. L'Office européen des brevets, on le sait, brevette des logiciels, et c'est contraire au droit. Le Parlement européen s'y oppose. De plus, dans ce domaine, il est très difficile de savoir si l'on utilise une invention qui aurait pu être brevetée. Je crains que de tels conflits, traduits devant des cours pénales, puissent porter préjudice. Vous déclarez qu'il faut qu'il y ait "intention méchante et frauduleuse". Mais le contraire risque d'être difficile à établir. En tout cas, c'est une épée de Damoclès supplémentaire qui va pendre au dessus de la tête des créateurs européens. J'espère donc que cette question va être réétudiée à la lumière de tous les travaux qui ont été réalisés sur le brevet logiciel. 08.04 *Marc Verwilghen*, ministre: Madame Genot, sur ce point, nous avons, en marge du Conseil de la Concurrence de lundi, parlé avec la présidence. Cette dernière a dit qu'elle examinerait le dossier dans le contexte auquel vous venez de faire référence. Peut-être fera-t-elle une nouvelle proposition en la matière. De toute façon, ce dossier est traité différemment suivant les pays. Nous sommes donc encore loin d'une solution globale. *Zoé Genot, députée fédérale ECOLO* rue de Louvain 21, 1008 Bruxelles tel 02.549.90.59, fax 02.549.87.98, [email protected] <mailto:[email protected]> http://www.ecolo.be/vip/z.genot _______________________________________________ Be-parl maillist Subscribe through the project system http://www.ffii.org/assoc/knecht/proj/, fine-tune via http://lists.ffii.org/mailman/listinfo/be-parl http://lists.ffii.org/mailman/listinfo/be-parl ----- End forwarded message ----- -- Benjamin Henrion <[email protected]> http://bh.udev.org <<< INSPIRE Directive will close >>> <<< Public access to State-collected Geographic Data >>> <<< All over Europe >>> <<< http://publicgeodata.org >>>