Re: deuxième essai

Marie-Cécile <[email protected]>
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réponse à  "En effet je trouve étrange cette propension à vouloir nous
mettre de la DIGNITE à toutes les sauces."

Merci de ton questionnement.
Je te réponds rapidement.
Respect et dignité sont pour moi les maîtres mots de tout ce qui me
met en mouvement. Bien entendu, il y a les revendications matérielles
mais il n'est pas de combat émancipateur qui ne mette en avant cette
exigence d'être soi et d'être reconnu comme un être humain à part
entière , à égalité de droits de statut, de liberté fondamentale  avec
tout(e)s les autres représentants de l'humanité. Les femmes de 1905 à
Pétrograd ne disaient pas autre choses avec leur: "nous voulons du
pain mais des roses aussi". Être fier de soi, pouvoir vivre en accord
avec soi même c'est la condition première pour se mettre en lutte.
Quand on te détruit tes conditions de travail au point que tu t'épuise
à trotter  après les injonctions paradoxales toute la journée, que ta
semaine terminée, tu réalises que tu n'as rien fait de bien et que la
semaine prochaine sera pire parce que truc ou machin  a craqué et ne
sera pas remplacé ou que tu récupères une nouvelle tache pour laquelle
tu n'es absolument pas préparé(e), tu n'es rapidement plus en mesure
de défendre les revendications en rapport avec tes conditions de
travail  puisque tu n'es plus crédible. Sans défendre absolument la
valeur travail (autre débat) être fier de ce qu'on accompli dans ses
champs ou son bureau avec  son stylo ou  son balai c'est la première
condition pour se battre .
J'ai été élevée par une arrière grand mère qui toute sa vie a
travaillé dans une usine de fonderie (Guilloir à Nantes). En 36 elle
s'était  mise en mouvement après une provocation patronale: ces
abrutis avait mis une affiche qui disait ; "Travaille et ne nous
emmerde pas avec ton syndicat!"  Pas un ouvrier n'avait plié  ce jour
là; usine fermée et grève totale. 40 ans après elle n'avait rien
oublié. ce n'était pas l'envie ou le besoin de gagner trois francs six
sous de plus qui les avait motivés (pourtant si  nécessaires oh
combien!) c'était le refus du mépris qui les avait aiguillonnés.
La première chose que fait un sans papier quand il s'organise c'est de
relever la tête, de reconquérir sa dignité. son premier combat c'est
le respect de soi.
Je dis toujours à leurs  enfants  qu'ils doivent être fiers de leurs
parents qui ont fait ce si difficile voyage pour leur offrir des
conditions de vie décentes. (je ne développe pas).
Alors oui je met les mots respect et dignité à toutes les sauces et
d'abord à la mienne et j'en fait une soupe aussi bonne que possible
afin de mieux la partager.

Douce nuit -  ONA MOVE  - Yalla!  - Yang-Kà!
Marie-Cécile Plà
Les papiers, le combat de la dignité, mille voix, mille chants
l'Harmattan 15€50
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