"Comme on dit", Résistons ensemble , mars2015, n° 139
Janos <[email protected]>
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Bonjour,
Voici dans le textef, le No 139, mars 2015, du petit journal mobile
recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et
sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le
journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa
rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...
à bientôt.
L'équipe de rédaction
Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article548
au sommaire
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- « Comme on dit »
- Salut l'ami Hafed…
- [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Procès du flic Césaire qui a tiré dans le visage de Geoffroy Tidjani
Le 21 février : contre les violences policières
La police palpe à Montreuil (93)
Riposte à Montpellier
Ça bouge à Paris VII
Mohamed Rajhi, 41 ans, Abdoulaye Camara, 30 ans
Mort à 14 ans alors qu'il fuyait la police
Répression dans un bidonville
et racisme ordinaire : les Rroms trinquent toujours !
Armement de la police municipale
D'ordinaire à Calais
Un rassemblement pour la mémoire d’Ibrahim Ali
- [A G I R ]
Zyed et Bouna
Qui a tué Ali Ziri ?
Meurtre de Lahoucine : on n'oublie pas, on ne pardonne pas !
Forum Interfac sur les violences d’État
Dernière minute : Journée internationale contre les violences
policières
°°°°°°°°
RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 139 / Mars 2015
« Comme on dit »
Cukierman, le président du CRIF, lance devant un parterre de dignitaires
: « toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes
musulmans ». Les murs tremblent. Heureusement, Hollande est là, il ne va
pas laisser faire ça ! Il va faire pire.
Pas toutes les agressions antisémites quand même, s’il vous plaît !
dit-il, par exemple, le dernier saccage du cimetière juif de Sarre-Union
(Bas-Rhin), est l’œuvre de jeunes lycéens, « français de souche, comme
on dit ». Ce « on », il ne le nomme pas, le grand cachottier et pour
cause ! Cette expression, il l'emprunte à l’ultra-droite, des nationaux
socialistes, néo-fascistes, identitaires qui militent contre le
soi-disant « grand remplacement de la belle France chrétienne par des
hordes de mécréants musulmans ».
En reprenant le vocabulaire des néo-nazis, au nom de la République,
Hollande le légitime. Désormais, pour la gôche aussi, il y a des «
français de souche » et « pas de souche ». Marine Le Pen, elle, dit
hypocritement ne pas avoir de « passion pour cette expression », dès
qu’on est « assimilé », peu importe l'origine, « quand on devient
Français, on devient Français ». On en est là. Le FN double le PS sur sa
gauche.
Sous nos yeux, la république se débarrasse, sans vergogne, des ses
derniers oripeaux « démocratiques ». En application de la loi «
anti-terroriste » on vient de confisquer passeports et cartes d’identité
à six jeunes français qui, d’après le pouvoir, ont songé à partir pour
la Syrie. Il s'agit d'une décision « administrative », même pas celle
d'une justice formelle (sans besoin de preuves, d'avocat, de procès
public). La police de la pensée sait tout et peut tout faire. Même la
mise en garde à vue d'un prof de philo à Poitiers, déjà suspendu 4 mois
par sa hiérarchie, dans le cadre d'une instruction pour « apologie du
terrorisme » sans raison apparente ni aucune forme d'explication. La
ministre justifie : l’école « ne tolère aucune remise en cause des
valeurs de la République » et ce seront les profs qui devront participer
directement à la mise en application de ce « patriot act » à la
française (création de postes de « formateurs de formateurs » en laïcité
, introduction d'une épreuve pour estimer la valeur républicaine des
candidats aux concours d'enseignement, etc.).
L’extrême droite reste relativement discrète, elle n’a pas besoin de
s’agiter. D’islamophobie en « antiterrorisme », d’élections perdues en
élections perdues, le personnel politique « républicain » lui livre
l’État, clés en main. C’est comme ça que surgissent les dictatures. «
Comme on dit ».
Salut l'ami Hafed…
Hafed Benotman est parti à 54 ans. On dit que ce sont toujours les
meilleurs qui partent. Hafed, en tous cas, était un homme d'une trempe
peu commune. Braqueur, taulard, parisien né à Paris, pourtant éternel
sans-papiers, formidable écrivain, révolté, combattant contre les
prisons, acteur, en plus d'être d'un tempérament chaleureux et généreux.
Tout ça, la société et sa prison ne pouvaient pas le lui pardonner.
Finalement c’est son cœur, mal soigné en taule, qui l’a lâché. Salut l’ami.
> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Procès du flic Césaire qui a tiré dans le visage de Geoffroy Tidjani
Octobre 2010, à l'occasion de la mobilisation pour les retraites,
au cours du blocage du lycée Jean Jaurès à Montreuil, Geoffrey qui
déplaçait une poubelle sur la chaussée, reçoit un tir de Flashball en
pleine figure. Il a perdu en partie l'usage de son œil gauche et les os
de sa mâchoire et de son nez ont volé en éclats.
Ce jeudi 5 mars au Tribunal de Bobigny, le flic Césaire devait
répondre des faits de « violences volontaires avec arme » et de « faux
et usage de faux » pour les procès verbaux bidonnés qu'il avait rédigé à
l'époque des faits.
Étonnant spectacle, au cours duquel la procureur et la juge
semblaient s'être ligués contre le flic Césaire, lui-même piètrement
défendu par son avocat. Dans la salle, personne ne semblait dupe : il a
simplement été lâché par sa hiérarchie.
Ses histoires de « pluie de projectiles », de « collègues molestés
et lapidés », n'ont pas su emporter la conviction du tribunal. Pour
Césaire, le LBD a été conçu dans le but de « toucher pour interpeller ».
Il a tout compris. Au final, le procureur a requis contre le fabulateur
« 1 an de prison avec sursis, 2 ans d'interdiction d'exercice et 5 ans
d'interdiction de port d'arme ». Délibéré le 2 avril.
Le 21 février : contre les violences policières
Un an après la manifestation du 22 février 2014, à Nantes, contre
l'aéroport inutile et nuisible de Notre-Dame-des-Landes, qui avait
abouti à une très forte répression policière, des manifestations étaient
organisées conjointement à Nantes (3000 personnes) et à Toulouse
(quelques centaines) pour protester contre toutes ces mutilations et ces
morts causées par les forces de l'ordre que subissent les gens des «
quartiers populaires » et les militants contre tous les projets inutiles
de l'État. Les flics ont encore tiré à hauteur de tête (des photos
l'attestent) avec des Lanceurs de Balles de Défense (LBD). Au total, une
vingtaine de personnes ont été interpellées. Dont une, dès le 23
février, qui, blessée par un flic,a été condamnée à une peine de prison
et à payer une amende au flic concerné.
La police palpe à Montreuil (93)
Le 14 février, a eu lieu une marche contre les violences policières
avec prises de parole très fortes notamment du père de Geoffrey, le
lycéen flashballé en 2010 . C’était calme, décidé et digne. C’était
trop. Blocage et encerclement, sous prétexte que désormais Montreuil
fait parti du Grand Paris. Puis pour sortir de la nasse : palpation,
contrôle d’identité… pour rien. Juste pour que l’État affirme son droit
d’humilier et de soumettre.
Riposte à Montpellier
Le samedi 24 janvier, une journée contre les violences policières
et la répression étatique a été organisée à Montpellier. Une centaine de
personnes a manifesté depuis le quartier de Figuerolles vers le
centre-ville aux cris de « la police tue, la police mutile ». Ensuite a
eu lieu un débat autour des témoignages de personnes ayant subi des
violences policières et a été décidé de constituer un réseau d'alerte,
de mettre en place une caisse de solidarité pérenne.
Ça bouge à Paris VII
Le 5 février , rassemblement contre les violences policières sous
le soleil sur le parvis de la fac Paris VII . Cafés, crêpes,
interventions des familles des victimes et des collectifs. Des dizaines
d’étudiants s’arrêtent pour discuter. Réconfortant par ces temps de
bourrage de crâne.
Mohamed Rajhi, 41 ans, Abdoulaye Camara, 30 ans
Le samedi 21 février, un rassemblement a réuni une centaine de
personnes place de l’Hôtel de ville du Havre en mémoire de ces deux
hommes morts entre les mains de la police.
Interpellé pour outrage après avoir fait une réclamation à propos
d'un jouet défectueux dans un magasin Joué-Club, Mohamed Rajhi est
décédé en garde à vue le 7 août 2014 . Sa famille reste à ce jour sans
réponses.
Abdoulaye Camara est mort après avoir reçu 10 balles de deux
policiers le 16 décembre 2014. La version officielle voudrait faire du
jeune homme un « fou furieux ». Mais les recherches de sa famille
laissent émerger une toute autre version. « Si l'on écoute le procureur,
mon frère a saccagé son appartement. Tout seul. Sauf que Abdoulaye
n'était pas seul le soir du 16 décembre. Il y a des témoignages du
voisinage […] “Six visiteurs” selon un témoin affirmatif(...) Cela fait
2 mois et 12 jours qu'on attend la vérité. ». Infos :
http://paixlibertelesarticlesdeapcamara.blogspot.fr/
Mort à 14 ans alors qu'il fuyait la police
Dimanche 15 février, deux jeunes garçons habitants du quartier de
la Monnaie à Romans-sur-Isère dans la Drôme, font un tour à bord d'une
voiture volée. Une patrouille de police les prend en course, pour leur
échapper les jeunes accélèrent et s'écrasent contre un platane. Le
conducteur, Elyes, 14 ans meurt sur le coup. Toute la soirée le quartier
est sous le choc, des flics sont dépêchés sur place et essuient des jets
de pierre, quelques affrontements auront lieu. Le mercredi suivant une
marche a rassemblé 400 personnes en mémoire d'Elyes.
Répression dans un bidonville
et racisme ordinaire : les Rroms trinquent toujours !
Dans la soirée du 8 février, aux alentours de 22 heures, quatre baqueux
se sont introduits dans un bidonville situé aux 4-Cantons, sur la
commune de Villeneuve-dAscq (59). Cette intrusion était, aux dires des
flics, justifiée par la poursuite d'un flagrant délit de vol. Lors de
l'intervention, les coups ont fusé,des gaz lacrymogènes lancés contre
des femmes et des enfants, et plusieurs « baraques » et caravanes
fouillées . Des coups de pistolet ou de Flash-ball auraient été tirés.
Le 10 février rebelote, deux personnes ont été interpellées puis relâchées.
Le 18 février, le parquet d'Evry se prononçait suite à la plainte contre
le maire de Champlan (91), Christian Leclerc qui avait refusé d'inhumer
un bébé de 2 mois, Maria Francesca, morte le 26 décembre (voir RE 138).
Le parquet reconnaît « un comportement parfois inadapté » mais pas de «
volonté malveillante ou discriminatoire » : classé sans suite.
Armement de la police municipale
C'était dans le programme du maire d'extrême droite de Béziers,
Robert Ménard, et l’État lui a rapidement donné sa bénédiction. D'ores
et déjà, une brigade canine et une brigade équestre ont vu le jour, le
recrutement de 32 agents supplémentaires est en cours, leurs armes
(revolvers 38 spécial et tasers) ont été commandées ainsi que de
nombreuses caméras de surveillance.
Même rythme de travail à Agde. L'armement de cette police qui date
du début des années 2000, l'heure est plutôt au renforcement : 47 flics
sont désormais équipés de revolvers « Smith & Wesson 38 spécial ».
Depuis janvier, une campagne d'affichage en leur honneur donne à voir,
par exemple, une énorme photo de flingue avec le slogan « Désormais la
police municipale a un nouvel ami » et un numéro de téléphone gratuit
incitant à appeler ces flics équipés pour tuer à tout instant.
Proprement effrayant.
D'ordinaire à Calais
Le 29 janvier, un fourgon de CRS percutait un exilé sur l’autoroute
A16 lui écrasant la jambe contre la rambarde. Le parquet de Boulogne/Mer
annonçait qu’une enquête serait menée par l’IGPN. Le 17 février,
changement de cap, l’enquête est confiée aux CRS eux-mêmes. Conclusion :
« c’est un accident, il n’y a pas d’acte volontaire » déclare la
procureure adjointe. Affaire classée.
Le 21 février une centaine de personnes se rassemblaient pour
rappeler que les violences policières sont une réalité quotidienne à
Calais. Lire le rapport édifiant de Human Rights Watch publié fin
janvier sur
https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2015/01/22/rapport-human-rights-watch-in-english-et-en-francais/
Un rassemblement pour la mémoire d’Ibrahim Ali
s'est tenu le samedi 21 février à Marseille. Le jeune homme de 17
ans a été abattu d’une balle dans le dos par des militants du FN, alors
qu’il rentrait chez lui le 21 février 1995. On n'oublie pas ! Reportage
sur http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article799
> [A G I R ]
Zyed et Bouna
Du 16 au 20 mars aura lieu à Rennes le procès pour « non-assistance à
personnes en danger » de 2 des policiers qui, par leur action, ont causé
la mort de Zyed et Bouna à Clichy sous bois en 2005 (dont celui du flic
qui, les voyant pénétrer dans le transformateur EDF, avait déclaré « ne
pas donne(r) cher de leur peau »). Lors de cette semaine, plusieurs
évènements sont prévus dont une manif le 18 mars à 15h au départ de la
cité judiciaire. Comme le disent les organisateurs, il s'agit de «
saisir l’occasion d’invoquer à nouveau le souvenir d’octobre et novembre
2005. Et il est d’autant plus pressant de le faire dans la France
post-attentats, où la police est plus que jamais présentée comme la
seule alternative à la “barbarie” ».
Qui a tué Ali Ziri ?
Le 11 juin 2009, Areski Kerfali, 61 ans et Ali Ziri, 69 ans sont
interpellés à Argenteuil, lors d'un contrôle routier. Ali Ziri quitte le
commissariat dans le coma et décède à l'hôpital deux jours plus tard.
Durant cinq années, le cinéaste Luc Decaster a filmé le combat de tous
ceux qui refusent le procès bâclé et continuent d'exiger vérité et
justice. Le film n'a bénéficié d'aucune aide. Pour aider à le finaliser,
une campagne de soutien a été lancée : tapez Ali Ziri sur le site de
kisskissbankbank.com
Le samedi 14 mars 2015 à 18h une soirée - projection d'un extrait
du film, débat concert - est organisée au Centre social autogéré «
l'Attieké », bâtiment occupé 31 bd Marcel Sembat Saint-Denis (93) Métro
Porte-de-Paris RER-D, Transilien-H Gare-de-Saint-Denis.
Meurtre de Lahoucine : on n'oublie pas, on ne pardonne pas !
Cela fait maintenant 2 ans que Lahoucine a été tué de 5 balles par 3
policiers alors qu'il n'avait à la main qu'une paire de ciseaux. 2 ans
aussi que le dossier n'avance pas ,dernièrement, la juge d'instruction a
même refusé une reconstitution. Qu'est-ce que la police et la justice
ont donc à cacher ? Une manifestation est organisée ce samedi 14 mars de
Montigny au commissariat à Hénin-Beaumont (Pas de Calais). L'appel pour
obtenir une reconstitution aura lieu le 19 mars.
Forum Interfac sur les violences d’État
Les 12 et 13 mars – Facs Censier/Tolbiac à Paris : Tsiganes/nomades,
immigration/héritage colonial, prison, violences policières … soirée Hip
Hop. Programme : http://paris.demosphere.eu/rv/38165
Dernière minute :
Journée internationale contre les violences policières
Commémoration nationale de toutes les personnes tué(e)s par la police en
France. À Paris RDV le 15 mars de 14h à 18h30, place du Trocadero :
http://paris.demosphere.eu/rv/38518
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