OISE Les expulsés de La Chapelle réf ugiés dans la ville-préfecture - Courrier Picard 10/0 6/15

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OISE Les expulsés de La Chapelle réfugiés dans la ville-préfecture

Publié le 10/06/2015

FANNY DOLLÉ ET BRUNO CRAVO



Depuis leur expulsion de La Chapelle, à Paris, des migrants ont trouvé refuge au Formule 1 de Beauvais. Les associations de solidarité tentent de les aider dans l’urgence.


L’ambiance est tendue ce mercredi matin, devant l’hôtel Formule 1 de Beauvais, dans la ZAC du Ther. Une quinzaine de migrants, expulsés de la Chapelle, au Nord de Paris, ont été parachutés en Picardie. Livrés à eux-mêmes depuis le 2 juin, date de la première expulsion, ils ont été acheminés dans le cadre d’un dispositif de la préfecture de Paris, en collaboration avec les policiers. Si la majorité d’entre eux ont été hébergés en Ile-de-France, une poignée s’est retrouvée dans la ville-préfecture de l’Oise. Marre d’être baladés, les hommes sont à fleur de peau.

Dans les chambres du Formule 1, où le désordre règne, Habib, un Marocain de 24 ans, a passé plus d’un an dans le campement de fortune parisien : «  La police nous a amenés ici le 2 juin, ils ont été sages avec nous, on n’a pas pris de coups.  » Depuis leur arrivée il y a une semaine, ils ont bénéficié d’un seul repas par jour. Il a fallu attendre mardi 9 juin et l’alerte de l’association United (lire ci-contre), basée dans le Val-d’Oise, pour que des associations de solidarité locales s’activent.

« Ils semblaient avoir peu mangé »

La Croix-Rouge a été la première à offrir un colis d’urgence alimentaire avant-hier : «  Ils avaient très faim et semblaient avoir peu mangé », confie la responsable sociale à la Croix-Rouge. Sans argent, difficile pour les migrants de pouvoir survivre par leurs propres moyens : «  On a voulu chercher de la nourriture mais on ne sait même pas où se trouvent les magasins, quel bus prendre et comme on n’a pas d’argent, on a peur de se faire attraper  », observe Houssen, un Algérien de 27 ans.

Mercredi, c’était au tour d’Emmaüs d’être sollicité, avec, comme dans les autres structures, ce même sentiment d’être pris de court devant l’urgence de la situation : «  Ils devaient déjeuner, le midi, à la boutique solidarité  », précise Sylvie Gaudin, la présidente d’Emmaüs.

Julien Marion, sous-préfet de l’Oise, rappelle que «  cette prise en charge d’une quinzaine de migrants a été pilotée par le Samu social parisien  ». Contactée hier, la direction de l’Oise du Samu social semblait apprendre la nouvelle, n’étant pas en charge de ce dossier d’un point de vue local.

L’hébergement de ces réfugiés de la Chapelle à Beauvais s’achève aujourd’hui. «  Ils peuvent faire une demande d’asile qui sera examinée par nos services. Si la réponse est favorable, ils pourront bénéficier d’un hébergement  », rappelle la préfecture de l’Oise.



Trois questions à...

Patrick Barros, président de l’association United (Val d’Oise)

Comment avez-vous été alertés de la présence de ces migrants dans l’Oise ?

C’est par le bouche-à-oreille. On a tenté de reconstituer la carte des migrants, après leur expulsion de La Chapelle. Ils ont été dispatchés, par petits groupes, un peu partout en région parisienne et même en Picardie. Dans l’Oise, ils sont arrivés le 2 juin, après la première expulsion. Depuis, ils sont livrés à eux-mêmes, avec juste un petit-déjeuner dans l’estomac et sans aide. Il y a eu un manque criant de coordination.

Comment expliquez-vous cela ?

Tout a été piloté depuis la région parisienne. Les informations de leur arrivée dans l’Oise ne sont pas revenues jusqu’aux oreilles des bénévoles des associations locales, qui auraient pu les aider plus rapidement.

Connaissez-vous le parcours de ces hommes ?

Ce sont en majorité des Soudanais et des Érythréens. Il y a aussi des Tchadiens, des Syriens, des Libyens. Certains viennent de Calais, où ils n’ont pas obtenu de réponse favorable à leur demande d’asile. D’autres sont venus directement sur Paris car ils avaient connaissance de ce campement.
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