Quand France Terre D’Asile appelle la police pour accueillir les exilé-es Communiqué du 23 juillet 2015
Fermeture retention <[email protected]> Sun, 26 Jul 2015 23:12:40 +0200
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Quand France Terre D’Asile appelle la police pour accueillir les exilé-es Communiqué du 23 juillet 2015 Jeudi 23 juillet, à 9h30, nous nous sommes rendus à France Terre d’Asile, pour soutenir une quarantaine de demandeurs d’asile ayant besoin d'une domiciliation. Suite au point d'information juridique avec des migrants de la halle Pajol, constatant leur désarroi face au délai qui leur est imposé pour une domiciliation, nous nous sommes rendus collectivement à FTDA. L'objectif était de demander un rendez-vous collectif afin d'accélérer l'obtention de leur domiciliation administrative, démarche obligatoire préalable à la demande d’asile. France Terre d’Asile est en effet une des quatre associations habilitées à effectuer des domiciliations, et la seule à ce jour à avoir encore des quotas disponibles. Les délais pour l’obtention d’un rendez-vous sont actuellement de 2 mois minimum. 2 mois durant lesquels les gens n'ont droit à rien et sont condamnés à la rue. C’est seulement après cette démarche et après deux rendez-vous en préfecture que la personne devient officiellement demandeuse d'asile (et donc se voit proposer un hébergement en CADA) alors que les Directives européennes prévoient un délai de trois jours. Alors qu'ils sont à la rue depuis des semaines, sans aucune assistance, ce délai met chaque jour un peu plus en danger les demandeurs d’asile, et bafoue leurs droits. Devant le local de l’association, une trentaine de personnes attendaient l’ouverture des locaux, prévue pour 11 heures. Nous avons expliqué notre démarche à ces personnes, proposant qu'elle se fasse collectivement, et qu'ils y soient inclus. Nous avons tenté d’entrer en relation avec les membres de FTDA. Derrière la porte ouverte, une grille barrait l’entrée du local. Un homme est sorti, demandant aux personnes présentes de former une file d’attente en attendant 11h. Nous avons essayé de lui parler, mais il a repoussé violemment l’un d'entre nous pour refermer la porte. Nous avons essayé à nouveau de débuter un dialogue, d’expliquer notre démarche, mais son seul propos a été de tenter de fermer la porte, en nous repoussant violemment à nouveau essayant de nous faire reculer, et coupant toute discussion. Un 2ème agent, véhément et agressif, est venu aider son collègue. La situation s’est envenimée. Des travailleurs sociaux sont intervenus, indiquant qu’ils recevraient tout le monde à 11h. Nous avons tenté de formuler à nouveau la demande, à savoir un délai raccourci pour la domiciliation de tous les demandeurs d'asile présents et à venir en organisant, par exemple, un rendez vous collectif. Nous n’avons pu avoir de dialogue, ni de réponse. La réaction des agents de FTDA a même été très violente, et la communication avec les travailleurs sociaux en a été impossible. Nous avons été insultés, une personne a été prise à la gorge, une autre, qui filmait la scène, s’est fait arracher son téléphone, prenant un coup au passage. FTDA s'est sentie agressée par notre présence et notre demande. Sa seule réaction a été la violence de ses agents dits "de médiation" et l'appel de la police. Nous contestons toute intention d’agresser physiquement les membres de FTDA et nous condamnons la violence avec laquelle nous avons été repoussés. Contrairement aux affirmations de pierre Henry directeur de FTDA le 2 juin dans les médias tous les migrants présents sous le pont de La Chapelle n'ont pas été domiciliés. Nous rappelons que à ce jour, près de 250 migrants dorment encore chaque nuit rue Pajol, sans adresse, sans possibilité de déposer une demande d'asile, bloqués par la lenteur de la procédure. Cette situation est d'autant plus grotesque que dans quelques semaines, la domiciliation préalable sera supprimée par la nouvelle loi. Les travailleurs sociaux nous ont fait part de leurs difficultés à faire face à l’afflux de demandes. Nous les invitons à exiger de leur employeur des conditions de travail qui leur permettent de remplir leur mission. FTDA a reçu une mission de service public. Nous demandons à FTDA de faire en sorte de respecter les délais prévus par la loi, et d'exiger du gouvernement d'en avoir les moyens. A ce jour 250 migrants dorment toujours à la Halle Pajol, et des centaines d'autres à Paris aux alentours Des visiteu-r-es de FTDA _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers * abonnement/desabonnement via le web a <http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/zpajol/> * abonnement par mail : ecrire a [email protected] * desabonnement par mail : ecrire a [email protected] * archives : <http://news.gmane.org/gmane.politics.activism.zpajol>