C'est quoi la diginité ? , Rési stons ensemble, novembre 2015

jb <[email protected]> Wed, 11 Nov 2015 09:21:26 +0100
Newsgroups gmane.politics.activism.zpajol
Message-ID <[email protected]>
Bonjour,
Voici dans le texte le No 146, NOVEMBRE 2015, du petit journal mobile 
recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et 
sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa 
rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article555


au sommaire
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« C’est quoi la dignité ? »

« Mort de Rémi Fraisse : les flics nient tout et la répression continue »

> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Calais : l’horreur continue
Rroms urgence à la Courneuve
Justice et vérité pour Amadou Koume
32 ans de prison
« Je ne sais plus quoi faire pour me faire “entendre” »
La « caméra-piéton » bientôt sur 4 500 policiers
La solidarité avec les migrant-es condamnée !
Boycott illégal

> [ S U R L E V I F ]
Il y a 50 ans la France enlevait 1630 enfants réunionnais

> [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]

À Chanteloup-les-Vignes

> [ A G I R ]
CAP sur la COP
Les chiens de garde de Fleury-Mérogis en remettent une couche
Non à l’expulsion de l’Attiéké !








RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 146 /novembre 2015



« C’est quoi la dignité ? »
« Oui, ce sont des comportements de voyous » disait Valls, c’est « 
indigne » renchérissaient les partis politiques de gôche et droite. 
Dénuder le corps d’un patron qu’on voit d’habitude derrière les vitres 
fumées de sa limousine, ça casse l’ambiance. Mais les révoltés d’Air 
France n’ont pas été violents. Ils ont, tout simplement, osé gratter le 
vernis qui cache une des violences du régime : la violence sociale, 
entraîneuse de la misère. Ce que les patrons et leurs hommes politiques 
veulent ce sont des hommes et des femmes qui soient « dignes », 
traduisez : qu’ils subissent le chômage, en larbin, courbant l’échine et 
ne s’en prenant pas à eux. L’État, les patrons et leurs médias 
voudraient donc qu’on juge l’acte de révolte des salariés d’Air France 
avec les yeux de la morale – qui plus est la leur, bien rance, celle qui 
trouve des justifications à la misère ou à la mort des migrants en 
Méditerranée – pour mieux le vider de son fondement, le terrain de la 
lutte sociale et politique.
Le 31 octobre des milliers de personnes ont participé à la « Marche de 
la dignité » à Paris, organisée par le collectif MAFED (Marche des 
femmes pour la dignité). Dans le cortège, la colère était 
essentiellement dirigée contre une autre facette de la violence étatique 
: la violence de la police et de la justice, elle aussi inscrite dans le 
système et frappant prioritairement ceux et celles que le pouvoir 
désigne comme Arabes, Noirs, Rroms, Musulmans. Là encore en s’arrêtant 
sur la question morale de la « dignité », les organisateurs de cette 
marche ont couru le risque que le sens politique de cette colère soit 
oublié, empêchant par-là que les vrais responsables de cette violence 
raciste, État et patrons (les mêmes que ceux qui perpétuent la violence 
sociale) soient clairement pris pour cible.
Pourtant les marcheurs d’octobre se sont réclamés de ceux de 1983, 
l’année de la « Marche pour l’égalité et contre le racisme ». Cette 
année-là, l’objectif était clair (obtenir l’égalité) et les exigences 
concrètes (droit de vote pour les immigrés, carte de séjour de 10 ans, 
vérité et justice sur les assassinats policiers). On sait que ni la 
droite ni la gôche n’ont satisfait ces revendications, au contraire ils 
n’ont fait qu’empirer le racisme institutionnel, l’oppression des 
habitants des quartiers populaires, les expulsions des Rroms, des 
réfugiés et des sans-papiers. Alors pourquoi abandonner les objectifs 
précis et le mot d’ordre de ceux de 1983 ? Pourquoi se contenter de la 
coquille vide et facilement manipulable de la « dignité » ?
L’actualité de ce mois d’octobre nous rappelle avec force que les 
violences sociale et raciale sont comme un dragon à deux têtes, pour en 
finir il ne suffit pas d’en couper une seule, il faut mettre à bas le 
système dans sa globalité et à la racine.



« Mort de Rémi Fraisse : les flics nient tout et la répression continue »
Les conclusions de l’instruction ouverte suite à la mort de Rémi le 
26/10/14 au Testet touché à mort par une grenade dans le dos, se 
contentent de confirmer la thèse officielle : l’action de la police 
aurait été totalement justifiée par la violence supposée des zadistes et 
le gendarme-tueur aurait agi avec toutes les précautions réglementaires. 
Selon l’enquête indépendante de la LDH, la mort de Rémi était totalement 
prévisible vu le degré de violence de la répression policière les jours 
qui ont précédé le 26/10 (plusieurs manifestants blessés par des lancers 
de gaz lacrymo, des tirs de flash-balls, de grenades, des tabassages 
suite à des interpellations). Ce soir-là, les gendarmes ont agi dans 
l’illégalité la plus complète : l’initiative prise de disperser le 
rassemblement suite à la grande manif du 25 n’était justifiée par aucune 
décision judiciaire d’expulsion du site, de plus, les gendarmes ont agi 
sans projecteur ni mégaphone avant de tirer dans le tas. Il faut dire 
qu’ils avaient été encouragés en cela par les consignes du préfet du 
Tarn qui avait demandé à ses troupes armées jusqu’aux dents de « faire 
preuve d’une extrême fermeté ».
Du côté des militants on n’oublie rien (d’autant que beaucoup d’entre 
eux sont encore visés par des procédures judiciaires suite aux manifs de 
protestation qui ont suivi, pendant plusieurs mois). De nombreuses 
initiatives ont permis de commémorer la mort de Rémi dont, du 23 au 
25/10, un week-end d’actions et de débats autour de l’usine Nobel Sport 
de Pont de Buis (Finistère) où sont fabriquées armes et munitions de la 
police et la gendarmerie. Celui-ci devait débuter par une conférence de 
presse devant les grilles de l’usine à l’initiative de « l’assemblée des 
blessés » rassemblant des personnes mutilées au LBD et au Flash-ball 
(fabriquées à l’usine Nobel) mais la police en a décidé autrement 
repoussant par la force les 400 personnes présentes au-delà du pont 
menant à l’usine. Les débats, riches et combatifs, ont cependant bien eu 
lieu sur un campement installé aux alentours, lançant notamment 
l’initiative de « l’ambulance partisane », véhicule où l’on peut venir 
se faire soigner pendant une mobilisation et où l’on peut apprendre et 
partager les gestes des premiers secours (contact: [email protected]).



> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]
Calais : l’horreur continue
Mort d’une femme percutée par une voiture, puis d’un homme par un train 
de marchandise, d’un autre homme électrocuté, alors qu’il sautait sur un 
wagon de céréales, enlèvements et ratonnades, interpellations et 
déportations dans des centre de rétention dispersés dans toute la France 
(notamment le jour de la visite du site par le ministre Cazeneuve)... De 
l’autre côté on proteste : des ONG dénoncent les conditions de vie 
déplorables sur la New Jungle, des pétitions sont lancées, le défenseur 
des droits écrit un rapport, le président de Emmaüs France déclare que 
son assos rompt tout dialogue avec le gouvernement… Mais rien ne semble 
prêt de changer, pis, la situation s’aggrave de jour en jour. Jusqu’à 
quand ?

Rroms urgence à la Courneuve
« Urgence, on nous met encore dehors, appelez maintenant le maire et le 
préfet ! Vite, les amis, il y a quelques jours une partie des 
samaritains s’était mise à l’abri dans une maison vide de la Courneuve. 
Fallait bien faire quelque chose puisque le maire et le préfet sont bien 
décidés à nous laisser souffrir du froid avec les enfants et tout le 
monde. Depuis ce matin la police est devant la maison. Ils attendent les 
ordres du préfet pour savoir s’ils nous laissent ou nous remettent à la 
rue. Alors s’il vous plaît appelez la préfecture 01 41 60 60 60 et la 
mairie de la Courneuve 01 49 92 60 00, demandez-leur qu’ils nous 
laissent vivre ! on est au 47 rue du chevalier de la barre ! On n’en 
peut plus ! ». Pétition à signer : 
https://www.change.org/p/annuler-l-expulsion-des-r%C3%A9sidents-du-samaritain-dans-les-rues-de-lacourneuve/u/14013730
L’autre partie des samaritains est toujours sous les tentes devant la 
mairie « communiste » de la Courneuve, trois Rroms ont déjà été expulsés 
vers la Roumanie.

Justice et vérité pour Amadou Koume
Le 10 octobre plusieurs centaines de manifestants, de nombreux 
collectifs contre les violences policières et leur impunité, ont 
accompagné sa famille jusqu’au commissariat du 10ème, dans lequel 3 h 
après son interpellation, Amadou Koumé a été déclaré mort le 6 mars dernier.
Ça se répète ! Encore un mort dans un commissariat ! Mort d’asphyxie ! 
Ça continue ! Une clé d’étranglement mortelle ! Ça dure ! 8 mois après, 
toujours pas de juge d’instruction nommé ! La police tue un homme, la 
justice se tait ! Toute ressemblance avec la mort de Lamine Dieng, d’Ali 
Ziri, d’Abou Bakari Tandia…

32 ans de prison
400 personnes se sont réunies à Lannemezan le 14 octobre pour réclamer 
la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien prisonnier 
politique d’Europe, pourtant libérable depuis 1999. C’est la résistance 
palestinienne qui est ainsi attaquée, en témoigne la récente décision 
judiciaire de déclarer l’appel au boycott des produits israéliens 
illégal (voir l’article « Boycott illégal » dans ce numéro). Solidarité 
pour Georges et la lutte palestinienne !

« Je ne sais plus quoi faire pour me faire “entendre” »
« Je n’ai pas de parloir parce que toute ma famille est en Guadeloupe. À 
la base, j’étais condamné à huit ans de prison, et là je me retrouve 
avec vingt-huit ans de prison à cause des agressions et des prises 
d’otage, tout ça parce que je veux rentrer chez moi ». Tel est 
l’acharnement judiciaire que subissent les prisonnier(e)s qui se 
révoltent contre leurs conditions de détention ou pour obtenir un 
transfert. Fabrice Boromée a préféré tout risquer plutôt que de rester 
seul en France, d’où les prises d’otage, dont celle du 9 septembre 2015 
: le sous-directeur pris en otage n’a pas voulu se porter partie civile 
car il n’a reçu aucune violence. Fabrice le paye tout de même avec 
encore plus de 20 ans de prison, loin des siens.

La « caméra-piéton » bientôt sur 4 500 policiers
L’État espère ainsi voir le nombre de « bavures » baisser et les 
interventions policières se pacifier. Quel est l’intérêt de la mesure si 
le flic actionne la caméra après une de ses provocations qui aura mis le 
feu aux poudres, comme trop souvent ? Mesure aucunement contraignante 
pour les flics, c’est donc un écran de fumée de plus. Comme pour le 
matricule devenu obligatoire…

La solidarité avec les migrant-es condamnée !
4 mois de prison avec sursis et 1600 euros à verser aux parties civiles 
ainsi que 200 euros d’amende pour refus de prélèvement ADN, voilà le 
verdict pour les trois personnes qui étaient venues soutenir des 
migrant-es en grève de la faim dans un centre d’hébergement Emmaüs et le 
traducteur. La justice veut faire des exemples et dissuader la 
solidarité avec les migrant-es.

Boycott illégal
Le boycott est une expression politique assez commune, souvenons-nous du 
boycott contre l’Afrique du Sud au moment de l’apartheid. En France 
pourtant dans un cas précis il prend une tournure particulière. Ainsi la 
Cour de cassation a confirmé en octobre dernier la condamnation de 12 
militants qui avaient participé en 2009 et 2010 à des actions appelant 
au boycott de produits israéliens. Ils distribuaient dans un supermarché 
des tracts qui informaient des problèmes éthiques que pose l’achat de 
produits provenant d’Israël : leur production est indissociable de la 
situation d’apartheid vécue par le peuple palestinien. Les militants ont 
d’abord été relaxés, puis condamnés par la cour d’appel à 32 000 euros 
d’amende, dommages et intérêts et frais de procédure. Aujourd’hui c’est 
la cour de cassation qui confirme un recul marquant de la liberté 
d’expression.



> [ S U R L E V I F ]
Il y a 50 ans la France enlevait 1630 enfants réunionnais
pour les déporter dans les départements « dépeuplés » comme la Creuse. « 
Après 40 ans sans ses nouvelles… je viens de retrouver ma soeur à 66 
ans, elle se retrouve SDF,… s’abritant dans une vieille voiture sur le 
parking de la poste de Vitry sur Seine à côté de la piscine. Son cas 
semble malheureusement être un parmi tant d’autres. Une question reste 
posée : comment faire rapatrier ces naufragés de la mobilité? » écrit 
Téline depuis la Réunion. Contact, soutien : [email protected]



> [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]
À Chanteloup-les-Vignes, une douzaine de véhicules incendiés, des 
policiers pris à partie… Quelques jours plus tôt le 16/10 un jeune homme 
est interpellé cité de la Noé, accusé de trafic de drogue. Dans le PV 
les schmitts parlent de coup reçus, de foule hostile. Mais sur le net 
circule une vidéo prise par une voisine 
(https://www.youtube.com/watch?v=Ol233h6ENAM), on y voit B. prendre des 
coups par des baqueux survoltés, pour finir traîné au sol, inerte, vers 
un véhicule de police. Cette vidéo montre comment la police fonctionne, 
arrangeant les faits pour mieux couvrir sa violence, elle a peut-être 
aussi nourri la révolte qui a suivi. Elle ne reste qu’un accroc dans un 
plan qui semble écrit d’avance. Si le jeune homme a porté plainte, il 
est tout de même poursuivi pour « rébellion, provocation directe à la 
rébellion et violences volontaires à l’encontre de deux fonctionnaires 
de police » et attend son procès en « détention provisoire ».



> [ A G I R ]
CAP sur la COP
en convoi depuis Notre Dame des Landes jusqu’à Paris, samedi 21 novembre 
2015.
En dépit des promesses de Hollande, Valls annonce le début de travaux. 
Le 21, « Nous viendrons y dénoncer l’hypocrisie flagrante entre, d’une 
part, la volonté affichée en décembre, par le gouvernement, de lutter 
contre le réchauffement climatique, et, d’autre part, la menace de 
revenir quelques semaines plus tard pour expulser la ZAD, détruire plus 
de 1600 ha de terres agricoles et de zones humides, des dizaines 
d’habitats pour y construire… un nouvel aéroport » extrait de l’appel. 
Contact, inscriptions : [email protected]

Les chiens de garde de Fleury-Mérogis en remettent une couche
Les membres du réseau RE connaissent bien Christine. D’abord condamnée à 
deux mois de prison cela fait deux ans et demi qu’elle est incarcérée. 
La raison ? Elle proteste contre ses conditions de détention et celles 
de ses codétenues et veut faire valoir ses droits de l’intérieur de la 
prison. Mardi 17 novembre à 9h, Christine sera jugée par le tribunal 
d’Évry pour quatre chefs d’inculpation de violences sur cinq matons de 
la Maison d’Arrêt des Femmes de Fleury Mérogis. Soyons nombreux à 
soutenir Christine face à la justice et l’isolement carcéral. RDV à 8h30 
devant le tribunal d’Évry (rue des Mazières). Infos 
http://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/

Non à l’expulsion de l’Attiéké !
Manifestation samedi 14 novembre 2015 rendez-vous à 11h sur le parvis de 
la mairie de St-Denis. Plus d’info sur : 
http://collectifattieke.wordpress.com/
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ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

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