évolutions des lois et règlements en France
David Monniaux <[email protected]> Thu, 15 Feb 2007 11:28:17 -0800
| Newsgroups | gmane.science.linguistics.wikipedia.francais |
|---|---|
| Message-ID | <[email protected]> |
Une loi en voie d'être adoptées en France pourrait gêner ceux qui contribuent à Wikipédia, Wikinews et Wikimédia Commons dans ce pays, voire leur faire courir des risques juridiques: http://www.assemblee-nationale.fr/12/ta/ta0680.asp *Article 26 /bis/ A* I à V. – /Non modifiés/ ……………………………………... V /bis/. – Après l’article 222-43-1 du même code, il est inséré une section 4 /bis/ ainsi rédigée : /« Section 4 /bis */« Dispositions générales/* « /Art. 222-43-2/./ – /Est constitutif d’un acte de complicité des atteintes volontaires à l’intégrité de la personne prévues par les articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 et est puni des peines prévues par ces articles le fait d’enregistrer _sciemment_ par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions. _« Le fait de diffuser l’enregistrement de telles images est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. _ « Le présent article n’est pas applicable lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice. » Cet article vise la pratique dite "happy slapping", consistant à brutaliser ou humilier une personne, à la filmer et à diffuser l'enregistrement. Cependant, il interdit également à un citoyen qui ne serait pas un journaliste professionnel de réaliser un reportage filmé sur une manifestation violente, par exemple. Cet article peut donc faire courir un grave danger sur les sites informatifs ou éducatifs qui utilisent des images fournies par des "amateurs". Le texte ci-dessus résultant d'une deuxième lecture, il sera probablement adopté. Je suis désolé de ne pas en avoir prévenu plus tôt nos adhérents et les autres utilisateurs français de Wikipédia: je suis habituellement l'actualité juridique liée à l'informatique, mais cet article était au milieu d'un pot-pourri de dispositions concernant la délinquance et la protection de la jeunesse... Il m'apparaît que des textes législatifs ou réglementaires dont le but affiché est de protéger la jeunesse de telle ou telle mauvaise influence réelle ou supposée pourraient avoir des conséquences négatives pour nos projets. Je m'inquiète également du projet suivant; http://odebi.org/docs/Projetdecretcommissiondeontologie.pdf Ce décret créerait une commission de déontologie des services en ligne, comprenant des représentants nommés par l'exécutif, qui serait notamment chargée d'attribuer un "label" de qualité. J'ignore comment les critères de ce label s'appliqueraient à un site comme Wikipédia. Ce décret paraît donc dans la droite ligne de la politique du gouvernement, comme l'a d'ailleurs évoquée le ministre de la culture, M. Donnedieu de Vabres http://www.april.org/groupes/institutions/position-april-commission-deontologie.pdf Renaud Donnedieu de Vabres a répété a plusieurs reprises qu'il souhaitait « s'attaquer un jour au problème de la presse et de l'Internet ». Le 10 avril 2006 , il a ainsi déclaré sur la chaîne i-télé : "Vous savez très bien qu'aujourd'hui sur Internet circulent beaucoup de choses, parfois le pire comme le meilleur, ce qui veut dire que paradoxalement redevient essentielle la certification, c'est-à-dire la signature par un journaliste parce que ça garantit l'authenticité. Donc je crois si vous voulez qu'internet est une grande chance mais ça suppose aussi qu'il y ait des règles du jeu et des principes de déontologie". En tout état de cause, ce décret me paraît moins dangereux que l'article de loi précédent. Wikipédia est un service international hébergé en Floride, États-Unis d'Amérique, et n'est donc a priori pas concernée par des labels décernés à des opérateurs français. Par contre, la loi fait courir un danger à ceux qui mettraient en ligne des informations. Au final, je me demande si notre association ne devrait pas adresser un questionnaire aux candidats et partis politiques, à l'instar de ce que fait l'APRIL avec son site candidats.fr. Nous pourrions y évoquer: 1) Brevets logiciels, DRM, formats fermés etc. qui peuvent nous gêner. 2) Droits d'auteurs et des droits voisins: 2 a) Extensions? 2 b) Droit de citation, de panorama 2 c) Droits sur les œuvres publiques 3) Sécurité juridique des auteurs et hébergeurs, par exemple à l'égard du "journalisme citoyen" Qu'en pensez-vous? -- DM, vexé