INFO : HTML 5, un grand pas...
[email protected] Thu, 31 Jan 2008 23:52:37 +0100 (CET)
| Newsgroups | gmane.text.xml.french.general |
|---|---|
| Message-ID | <[email protected]> |
HTML 5 : les documents deviennent des applications La publication par le W3C de la premiere version de travail [1] de la=20 specification HTML 5 marque la reprise de travaux interrompus depuis=20 HTML 4.01 publie en decembre 1999. Elle represente donc un grand pas,=20 mais dans quelle direction? Eric van der Vlist=A0 , Dyomedea ( [email protected] ). --------------- Retrouvez cet article en ligne (http://xmlfr.org/actualites/decid/080131-0001). Donnez votre avis ! mailto:[email protected]?subject=3DRe:%20INFO%20:%20HTML%205,%20un%20gr= and%20pas... --------------- HTML 5 n'est pas HTML 4 + 1 Beaucoup d'encre electronique a deja coule depuis l'annonce de cette=20 publication et je ne reviendrai pas sur la liste factuelle des=20 differences entre HTML 4 et HTML 5 dont vous trouverez un resume [2]=20 dans le carnet web de Laurent Jouanneau=A0 . Ces differences sont egalement exposees dans l'un des documents [3] de=20 la specification HTML 5 mais curieusement cette liste detaillee se=20 concentre sur le detail des differences syntaxiques sans evoquer les=20 differences de fond. Ces differences sont pourtant clairement visibles des l'introduction=20 [4] : "Le langage de balisage du World Wide Web a toujours ete HTML . HTML a=20 ete concu principalement comme un langage pour decrire semantiquement=20 des documents scientifiques bien que sa conception generale et ses=20 mises a jours successives lui aient permis d'etre utilise pour decrire=20 de nombreux autres types de documents. Le principal des domaines qui=20 n'ont pas ete correctement specifies par HTML est un sujet decrit de=20 maniere vague comme celui des applications web. Cette specification=20 tente de corriger cela tout en mettant a jour les specifications HTML=20 pour rectifier les problemes signales ces dernieres annees." Cette introduction eclaire de maniere lumineuse le reste de ces=20 specifications : il s'agit de passer d'une logique de documents a une=20 logique d'applications et ce point est confirme a plusieurs autres=20 endroits, comme par exemple la section [5] intitulee "Relations avec=20 XUL, Flash, Silverlight, et autres langages proprietaires de=20 description d'interfaces utilisateurs" : "Cette specification est independante des nombreux langages de=20 description d'interfaces utilisateurs proprietaires. Tout en etant=20 ouvert et independant de tout fournisseur, HTML fournit une solution=20 aux meme problemes sans risque de blocage par un fournisseur." Pour comprendre cette evolution, il faut remettre les choses dans leur=20 contexte. HTML a effectivement ete cree pour representer des documents. Son=20 succes vient de sa neutralite : bien que l'on puisse pretendre comme=20 j'aime a le faire [6] , que le Web 2.0 n'est que le Web comme il aurait=20 toujours du etre, les createurs de HTML ne pouvaient pas avoir imagine=20 tout ce que peuvent faire les applications web modernes. Si ces=20 applications sont possibles, c'est parce que HTML n'a pas cherche a=20 specifier ce qu'etait une application web et qu'il est suffisamment=20 generique pour decrire a la fois les applications du web du vingtieme=20 siecle, celles du web d'aujourd'hui et tres vraisemblablement celles du=20 web de demain. A l'inverse, si HTML 4.01 avait cherche en 1999 a specifier ce qu'etait=20 une application web, il y a toutes les chances que cette specification=20 aurait du etre contournee pour permettre au Web 2.0 de se developper et=20 que cela ait pu contribuer a ralentir voir bloquer son developpement. En ce sens, je fais a HTML 5 le meme reproche [7] que je fais a W3C XML=20 Schema : celui de vouloir specifier l'utilisation que l'on attend d'un=20 document au risque de limiter la creativite et d'accroitre le couplage=20 entre applications. Alors que l'idee que les applications peuvent etre concues comme des=20 documents tend a s'imposer comme une evidence, HTML 5 cherche au=20 contraire a concevoir les documents comme des applications ce qui me=20 semble etre un grand pas... en arriere! Retour sur l'histoire de HTML Un autre point qui merite d'etre souligne sont les relations entre HTML=20 5 et XML en general et XHTML en particulier. HTML 5 se presente comme etant a la fois la suite logique de HTML 4.01=20 et XHTML 1.1 et en concurrent de XHTML 2.0. Sans vouloir reprendre l'historique [8] de ces langages, pour=20 comprendre la situation, il faut revenir quelques annees en arriere... HTML a ete concu comme un vocabulaire SGML et utilise certaines=20 fonctionnalites qui permettent de reduire la verbosite des documents,=20 c'est le cas par exemple de certaines balises comme <img> ou <link> qui=20 n'ont pas besoin d'etre refermees en HTML . XML a ete concu pour etre une simplification de SGML et cette=20 simplification ne permet pas d'utiliser ces fonctionnalites qui=20 reduisent la verbosite des documents. Apres la publication de XML , le W3C s'est donc trouve avec d'un cote=20 une application ( HTML ) et d'un autre cote un meta langage ( XML ) qui=20 etaient incompatibles. Dans un souci de coherence bien comprehensible,=20 il fut decide de faire evoluer HTML pour le rendre compatible avec XML=20 en gardant le meme perimetre fonctionnel. Le nouveau vocabulaire fut=20 appele XHTML 1.0 et donna naissance a une version 1.1 gardant les memes=20 fonctionnalites mais les decoupant en modules pour les rendre=20 utilisables separement. Ce travail accompli, le W3C commenca des travaux portant sur la=20 modernisation des formulaires de saisie ( XForms ) puis s'attaqua a une=20 nouvelle version majeure ( XHTML 2.0) encore en cours de=20 standardisation. L'approche semble si logique et la demarche si peu contestable que le=20 W3C a sans doute neglige de verifier qu'il avait toujours le support de=20 la communaute. Dans l'euphorie qui accompagna la publication de XML 1.0=20 et l'accord parfait entre Microsoft et ses concurrents, l'interet pour=20 HTML maintenu auparavant par la =AB guerre des navigateurs =BB etaient=20 retombe et les travaux du W3C autour de XHTML se poursuivirent dans une=20 indifference quasi generale. Il faut dire egalement que l'interet pratique de XHTML par rapport a=20 HTML etait loin d'etre evident pour les developpeurs de sites web=20 puisque les fonctionnalites etaient restees les memes. Migrer un site=20 vers XHTML represente donc un travail supplementaire qui ne presente=20 souvent aucun autre interet a court terme que de pouvoir afficher=20 fierement le logo =AB W3C XHTML 1.x =BB. C'est egalement a cette periode que Microsoft abandonna pendant un=20 certain temps tout developpement sur son navigateur Internet Explorer=20 et ou Netscape transfera le developpement de son navigateur a Mozilla . Les acteurs de la =AB guere des navigateurs =BB bien representes au W3C q= ui=20 etait un de leur champs de bataille laisserent donc place a de nouveaux=20 acteurs, Mozilla , Opera et Apple / Safari plus jeunes et acceptant=20 sans doute plus mal les lourdeurs des procedures du W3C . Dans le meme temps, les premieres applications Web 2.0 donnerent=20 egalement un regain de creativite aux developpeurs d'applications web=20 et tout ces mouvements s'opererent en dehors du W3C . Ce n'est guere=20 choquant puisque la vocation d'un organisme de normalisation comme le=20 W3C est de standardiser et non pas d'innover. Par contre, le W3C n'a=20 pas suffisamment pris la mesure de ces developpements et a laisse se=20 creuser un veritable fosse entre ses utilisateurs et ses groupes de=20 travail. Et lorsque ces utilisateurs menes par Opera , Mozilla et Safari ont=20 ressenti le besoin de voir HTML s'ameliorer, plutot que de participer=20 aux travaux en cours sur XHTML 2.0, ils ont cree un groupe de travail,=20 le WHATWG [9] , a l'exterieur du W3C . C'est ce groupe de travail qui a=20 redige les premieres versions de HTML 5 ainsi que celles d'une=20 specification s?ur, Web Forms [10] 2.0 destinee a etre une amelioration=20 des fonctionnalites de formes de saisie de HTML moins complexe que=20 XForms . Microsoft restant silencieux, le W3C se voyait donc redacteur d'une=20 specification XHTML 2.0 ne semblant pas interesser grand monde alors=20 que se developpait a l'exterieur de ses murs une specification se=20 reclamant de la tradition HTML et redigee par les principaux outsiders=20 des navigateurs web. Lors de la conference XTech 2007, j'ai eu l'occasion de mesurer, lors=20 d'un debat contradictoire, le fosse qui separe les deux groupes. d'un=20 cote le groupe de travail XHTML 2.0 dans la continuite a la fois de=20 HTML mais aussi de XML et cherchant a tirer les lecons d'annees=20 d'experiences dans le domaine des langages de balisage et de l'autre le=20 groupe de travail WHATWG n'hesitant pas a rejeter XML en tant que tel,=20 se reclamant uniquement de HTML et donnant l'impression de chercher a=20 specifier le web tel qu'on le connait aujourd'hui. Tim Berners-Lee=A0 a sans doute juge ce fosse trop large pour etre comble= =20 puisqu'il a pris la decision [11] d'inviter le WHATWG a poursuivre ses=20 travaux au sein du W3C dans un groupe de travail forme pour l'occasion=20 et distinct du groupe de travail XHTML 2.0 qui continue egalement ses=20 travaux. HTML 5 ou XHTML 2.0? Le W3C a donc desormais deux groupes de travail. Des missions tres proches Le groupe de travail [12] XHTML [13] 2.0 [14] poursuit le developpement=20 d'un vocabulaire extensible base sur XML : "La mission du groupe de travail XHTML 2 est d'accomplir la promesse de=20 XML de deployer XML sur une large variete de plateformes en accordant=20 une attention particuliere a l'internationalisation, l'accessibilite,=20 la portabilite entre plateformes, l'utilisabilite et la structuration=20 des documents. Le groupe apportera une piece essentielle aux contenus=20 riches sur le web en combinant XHTML avec d'autres travaux tels que les=20 mathematiques, les dessins vectoriels, les contenus multimedia=20 synchronises et les formulaires de saisie en cooperation avec d'autres=20 groupes de travail" Le groupe de travail [15] HTML [16] assure quant a lui la continuite=20 avec les versions precedentes de HTML : "La mission du groupe de travail HTML , au sein de l'activite HTML est=20 de poursuivre l'evolution de HTML (qui inclut les syntaxes HTML=20 classique et XML )." La concision de cette phrase n'empeche pas HTML 5 de se vouloir=20 egalement extensible et independant des plateformes, puisque la liste=20 des livrables indique qu' "il y a un seul livrable, la specification=20 HTML , concue de maniere independante des plateformes" et que l'on=20 apprend un peu plus loin que "le groupe de travail HTML est encourage a=20 fournir un mecanisme pour permettre a des vocabulaires developpes de=20 maniere independante tels que nternationalization Tag Set ( ITS ), Ruby=20 , et RDFa d'etre melanges dans les documents HTML" . Il s'agit donc bien, au risque de voir se developper une guerre des=20 standards de developper deux specifications concurrentes et de laisser=20 les utilisateurs choisir. XHTML 5 n'est qu'un mauvais alibi On retrouve cette politique au sein meme de la specification HTML qui=20 propose de choisir entre deux syntaxes : "Cette specification definit un langage abstrait pour decrire des=20 documents et des applications et des APIs pour acceder a la=20 representation en memoire des ressources utilisant ce langage. La=20 representation en memoire est appelee " DOM5 HTML ", ou "le DOM " pour=20 faire court. Il peut y avoir de nombreuses syntaxes pour representer=20 des ressources utilisant de langage abstrait dont deux sont definies=20 dans cette specification. La premiere de ces syntaxes concretes est "=20 HTML5 ". C'est le format recommande pour la plupart des utilisations.=20 Elle est compatible avec tout les navigateurs historiques. Si un=20 document est transmis avec le type text/html, il devra etre traite=20 comme un document " HTML5 " par les navigateurs. La deuxieme de ces=20 syntaxes utilise XML et est appelee " XHTML5 ". Quand un document est=20 transmis avec un type XML tel que application/xhtml+xml, il doit etre=20 analyse avec un parseur XML et traite par les navigateurs comme un=20 document " XHTML5 ". Nous rappelons aux auteurs que le traitement de=20 XML est different du traitement de HTML et que notamment, meme les=20 erreurs de syntaxe mineures empechent un document XML d'etre affiche de=20 maniere complete alors qu'elles seraient ignorees avec la syntaxe "=20 HTML5 "." Cette section [17] , heureusement non normative, semble exclure qu'un=20 navigateur puisse accepter un document HTML autre que HTML5 ou XHTML=20 autre que XHTML5 ! Et avec une telle mise en garde, on se demande quel=20 auteur va choisir le syntaxe XML ... Cette mise en garde repose d'ailleurs sur une incomprehension helas=20 assez commune de la recommandation XML . On entend effectivement=20 souvent dire que l'analyse syntaxique d'un document XML doit s'arreter=20 a la premiere erreur, mais la recommandation est en fait beaucoup plus=20 souple que cela. Elle distingue [18] deux types d'erreurs : - Les erreurs simples sont "une violation des regles de cette=20 specification. Sauf specification contraire, le non respect d'une=20 regle de cette specification indiquee avec un verbe DOIT, EXIGE, NE=20 DOIT PAS, DEVRAIT et NE DEVRAIT PAS est une erreur. Les logiciels=20 conformes PEUVENT detecter et signaler les erreurs et PEUVENT les=20 corriger." - Les erreurs fatales sont "une erreur qu'un processeur XML conforme=20 [19] DOIT detecter et signaler a l'application. Apres avoir rencontre=20 une erreur fatale, le processeur PEUT continuer le traitement des=20 donnees pour rechercher d'autres erreurs et PEUT signaler ces erreurs=20 a l'application. Pour assurer cette correction, le processeur PEUT=20 rendre les donnees brutes en provenance du document (melangeant texte=20 et balisage) disponible a l'application. Neanmoins, lorsqu'une erreur=20 fatale est detectee, le processeur de DOIT pas continuer son=20 traitement normal (c'est a dire qu'il NE DOIT PAS continuer a=20 transmettre les informations sur le contenu textuel et la structure=20 du document a l'application de maniere normale)." On voit que la recommandation XML precise au contraire qu'un processeur=20 XML peut corriger les erreurs simples. On peut argumenter sur le fait=20 que ce que la recommandation XML appelle erreur fatale peut etre=20 considere par un auteur comme une erreur mineure (ce peut etre le cas=20 par exemple lorsqu'une balise <img> n'est pas refermee), mais meme en=20 cas d'erreur fatale, la recommandation n'impose pas d'arreter tout=20 traitement. Elle impose de signaler l'erreur a l'application (le=20 navigateur dans le cas d'un document lu sur le web) mais elle ne=20 specifie pas la maniere dont le navigateur doit reagir et permet de=20 continuer l'analyse du document pour peu que ce ne soit pas de maniere=20 =AB normale =BB. Un navigateur qui deciderait de basculer dans un mode d'analyse degrade=20 apres detection d'un erreur fatale pour continuer a afficher le=20 document serait donc parfaitement conforme a la recommandation XML . Si les navigateurs reagissent de maniere aussi stricte aux erreurs=20 d'analyse des documents XML , cela ne vient donc pas d'un souci de=20 respect de la recommandation, mais d'un souhait de la communaute XML au=20 moment ou ces navigateurs ont introduit le support de XML . On sortait=20 alors de la guerre des navigateurs entre Microsoft et Netscape et tout=20 le monde deplorait que pour supporter les extensions introduites de=20 maniere sauvage, les navigateurs en etaient venus a accepter a peu pres=20 n'importe quel document aussi peu conforme aux specifications soit-il=20 et a afficher les non conformites de maniere specifique parce que non=20 documentee. En reaction a ce laxisme, il y a eu un consensus quasi absolu lorsque=20 les navigateurs ont decide de s'arreter a la premiere erreur rencontree=20 dans un document XML comme la recommandation leur permet mais ne leur=20 impose pas de le faire. Si cette position doit etre assouplie, il serait dommage de rejeter XML=20 puisque nous avons vu qu'elle n'est en aucun cas imposee par la=20 recommandation. La maniere dont sont presentees ces deux syntaxes laisse clairement=20 supposer que la mention de la syntaxe XML qui n'etait pas mentionnee=20 dans les premiers travaux du WHATWG est un compromis permettant=20 d'eviter a une recommandation W3C de tourner le dos a XML mais que le=20 but est bel et bien de maintenir et promouvoir l'utilisation d'une=20 syntaxe non XML . HTML 5 coupe les ponts avec SGML Non content de s'affranchir de XML , HTML 5 abandonne egalement toute=20 recherche de compatibilite avec SGML puisque la specification indique=20 que "bien que la syntaxe HTML de HTML5 ressemble a SGML et XML , il=20 s'agit d'un langage different avec ses propres regles d'analyse=20 syntaxique" . Cette phrase est caracteristique de l'attitude generale de la=20 specification qui donne l'impression de vouloir se batir sur=20 l'experience du web en ignorant celle des langages de balisages au=20 risque la encore, de geler le web tel que nous le connaissons=20 aujourd'hui. L'attitude du groupe de travail XHTML est plus mesuree. Il s'agit bien=20 entendu de prendre en compte les evolutions du web mais en utilisant=20 des approches qui tiennent egalement compte de l'experience acquise en=20 developpant d'autres vocabulaires XML ou SGML . Des approches techniques opposees Sans entrer dans une comparaison en detail des specifications HTML 5 et=20 XHTML 2.0, deux points meritent notre attention. Seul XHTML 2.0 est extensible Les deux specifications reconnaissent la necessite de mieux prendre en=20 compte les besoins apparus depuis la creation de HTML lorsqu'ils ne=20 sont pas deja pris en compte, mais la maniere de le faire est=20 totalement differente. Pour HTML 5, la demarche a l'apparence de la simplicite : lorsqu'on=20 reconnait un nouveau besoin on rajoute un nouvel element. Puisque=20 beaucoup de pages web sont utilises pour publier des articles (au sens=20 large), on ajoute un element <article>. Puisque beaucoup de pages web=20 ont des barres de navigation on ajoute un element <nav>.... On a pourtant vu avec les grands vocabulaires utilises dans le domaine=20 de la documentation quelles sont les limites de cette approche : elle=20 conduit a une explosion du nombre d'elements et ce qui etait simplicite=20 se transforme en complexite. Il devient difficile de choisir quel=20 element utiliser et comme ces elements sont specialises, ils ne=20 correspondent que rarement exactement a ce que l'on cherche a faire. Appliquer cette approche a HTML revient a plus ou moins long terme a le=20 transformer en un clone de DocBook pour le web... L'approche du groupe de travail XHTML 2.0 est totalement opposee. Elle=20 propose au contraire de faire le menage dans la liste des elements=20 XHTML tels que nous les connaissons et a supprimer tout ceux qui ne=20 sont pas vraiment necessaires. Elle s'appuie ensuite sur l'observation des pratiques actuelles :=20 comment fait-on aujourd'hui pour representer un article ou une barre de=20 navigation? L'approche la plus commune est d'utiliser des elements=20 standards, tels que l'element =AB<div>, et d'identifier ces element par=20 leur attribut =AB class =BB pour leur appliquer un style CSS ou une=20 animation JavaScript . L'inconvenient de cette approche est que les classes utilisees ne sont=20 pas standardisees et que cela constitue un detournement de la=20 fonctionnalite de l'attribut =AB class =BB utilise pour qualifier la=20 signification d'un element plutot que la maniere dont il doit etre=20 presente a l'ecran. Ce detournement est devenu chose courante,=20 puisqu'il est a la base de l'approche des micro-formats. Pour eviter ce detournement tout en gardant la souplesse de cette=20 approche, XHTML 2.0 propose d'introduire un attribut =AB role =BB=20 permettant de definir le role des elements XHML . Cet attribut peut prendre un certain nombre de valeurs standards,=20 definies dans la specification (=AB navigation =BB par exemple pour une=20 barre de navigation) mais peut egalement prendre d'autres valeurs=20 differenciees par le mecanisme des espaces de noms XML . Par ce biais, on peut donc introduire les memes fonctionnalites que=20 HTML 5 en evitant de creer de nouveaux elements. Ce mecanisme est plus=20 extensible puisque n'importe qui peut creer de nouveaux roles en=20 utilisant de nouveaux espaces de noms. Cela donne egalement aux=20 micro-formats le moyen de se developper sans detourner l'attribut =AB=20 class =BB qui peut reprendre sa fonction initiale et ne definir que la=20 presentation des elements. Approche document ou approche application? Le second point notable sur lequel les deux specifications divergent=20 est dans leurs relations entre donnees et applications ou traitements. XHTML 2.0 s'appuie non seulement sur la syntaxe mais sur l'architecture=20 XML qui consiste a superposer les couches suivantes : - Au plus bas niveau, on definit les regles syntaxiques, c'est a dire=20 les recommandations XML et espaces de noms. - Au dessus de ces regles, on definit un modele de donnees : l'infoset=20 XML independant de tout traitement. - S'appuyant sur ce modele de donnees, on definit ensuite des=20 interfaces et des langages specifiques ( DOM , XPath , XQuery , ...)=20 et des langages de schema ( W3C XML Schema , RELAX NG , Schematron ,=20 ...). Cette architecture a mis du temps a se construire et historiquement les=20 choses n'ont pas toujours ete aussi simple, mais elle dissocie=20 totalement donnees et traitements et permet un couplage lache entre=20 applications. Nous avons vu que HTML 5 se coupe volontairement de ses racines XML et=20 SGML . Cela signifie egalement que cette specification ne s'appuie pas=20 sur cette architecture et au contraire, elle melange les aspects=20 syntaxiques, modele de donnees et interface ( DOM ) dans une seule=20 specification sous un pretexte de simplicite. Cette conception est liee au fait que HTML 5 se presente, nous l'avons=20 vu en introduction, comme un format permettant de developper des=20 applications web. On ne parle plus de documents mais bien de=20 developpement d'applications. La difference me semble importante notamment en matiere de perennite :=20 les documents sont transformables et reutilisables et tout le monde=20 s'accorde a dire que l'utilisation de XML est la meilleure garantie=20 pour la conservation a long terme des documents. Il n'en va pas de meme=20 des applications. Une application HTML 5 combinant du texte, du=20 balisage et une bonne dose de JavaScript a t-elle la meme perennite=20 qu'un document XHTML 2.0? J'en doute fort. L'architecture XML sur laquelle est batie XHTML 2.0 n'empeche pas=20 l'ecriture d'applications web, mais elle dissocie plus clairement ce=20 qui est donnees et ce qui est traitement. XHTML 2.0 cherche egalement a promouvoir, notamment au travers de=20 XForms , des methodes de developpement declaratives mieux adaptees que=20 JavaScript a l'architecture orientee documents a laquelle HTML 5=20 cherche a echapper. Que le meilleur gagne? Pour toutes ces raisons, HTML 5 me semble constituer un grand pas en=20 arriere et je considere XHTML 2.0 comme lui etant la seule alternative=20 techniquement viable et souhaitable. Est-ce que cela signifie pour autant que XHTML 2 va s'imposer et le=20 fait que HTML 5 soit tire par ceux qui developpent les navigateurs de=20 demain ne signifie t-il pas au contraire que c'est HTML 5 qui=20 l'emportera? XHTML 2.0 semble effectivement avoir un serieux handicap sur ce plan,=20 mais les des ne sont pas jetes. Le groupe de travail ne prevoit pas que=20 HTML 5 devienne recommandation avant le troisieme trimestre 2010 et=20 d'ici la bien des choses peuvent encore changer. Il nous revient en tant qu'utilisateurs de faire savoir ou va notre=20 preference en commencant par boycotter les fonctionnalites HTML 5=20 qu'implementent deja certains navigateurs. A court terme, certifier qu'une page est conforme XHTML 1.x est=20 egalement un moyen de certifier qu'elle ne contient pas de HTML 5! Voir aussi : - Vers une nouvelle guerre du Web? [20] - XML, quel historique ? [21] - Web 2.0 : mythe et realite [22] Copyright 2008, Eric van der Vlist . --------------------------------------------------------- References: [1] http://www.w3.org/TR/2008/WD-html5-20080122/ [2]=20 http://www.ljouanneau.com/blog/2008/01/23/747-premier-brouillon-de-html5 [3] http://www.w3.org/TR/2008/WD-html5-diff-20080122/ [4] http://www.w3.org/TR/2008/WD-html5-20080122/#introduction [5] http://www.w3.org/TR/2008/WD-html5-20080122/#relationship1 [6] http://xmlfr.org/actualites/decid/051201-0001#N506 [7] http://xmlfr.org/actualites/decid/020905-0002 [8] http://xmlfr.org/documentations/articles/000321-0001 [9] http://www.whatwg.org/ [10] http://www.whatwg.org/specs/web-forms/current-work/ [11] http://dig.csail.mit.edu/breadcrumbs/node/166 [12] http://www.w3.org/MarkUp/ [13] http://www.w3.org/MarkUp/ [14] http://www.w3.org/MarkUp/ [15] http://www.w3.org/2007/03/HTML-WG-charter [16] http://www.w3.org/2007/03/HTML-WG-charter [17] http://www.w3.org/TR/2008/WD-html5-20080122/#html-vs [18] http://www.w3.org/TR/2006/REC-xml-20060816/#sec-terminology [19] http://www.w3.org/TR/2006/REC-xml-20060816/#dt-xml-proc [20] http://xmlfr.org/actualites/decid/050603-0001 [21] http://xmlfr.org/documentations/articles/000321-0001 [22] http://xmlfr.org/actualites/decid/051201-0001 --------------------------------------------------------- Mail genere par FormatedTextOutputHandler pour XT=20 (http://4xt.org/downloads/examples/outputhandlers/formatedtext/).