BMCR 2009.02.52, Sabine Fourrier, La coroplastie chypriote

Bryn Mawr Reviews <[email protected]> Sat, 28 Feb 2009 11:58:39 -0500 (EST)
Newsgroups gmane.education.publications.bryn-mawr-classical-review
Message-ID <[email protected]>
Sabine Fourrier, La coroplastie chypriote archai+que: Identite/s
culturelles et politiques a\ l'e/poque des royaumes (Travaux de la
Maison de l'Orient et de la Me/diterrane/e, n* 46).  Lyon:  Maison de
l'Orient et de la Me/diterrane/e, 2007.  Pp. 196, pl. XXIII.  ISBN
978-2-903264-66-6.

Reviewed by Thierry Petit, Universite/ de Strasbourg
([email protected])
Word count:  2671 words
-------------------------------
To read a print-formatted version of this review, see
http://ccat.sas.upenn.edu/bmcr/2009/2009-02-52.html
To comment on this review, see
http://www.bmcreview.org/2009/02/20090252.html
-------------------------------

Sabine Fourrier est l'une des spe/cialistes reconnues de la coroplastie
cypriote. Il s'agit la\ d'un mate/riel extre^mement abondant et varie/,
et qui n'a pas encore rec,u le traitement syste/matique et e/claire/
qu'il me/ritait. L'A. en apporte la preuve en abordant le sujet sous un
angle tre\s productif, celui du style et de ses implications en termes
de particularismes politiques et culturels.

Dans une introduction me/thodologique (pp. 13-20), elle s'explique sur
sa de/marche, rappelant les proble\mes que pose la distinction de
Gjerstad entre diffe/rents styles; Gjerstad expliquait ceux-ci en
termes diachroniques, interpre/tation que Fourrier e/carte avec de
solides arguments (sont e/galement rejete/es les distinctions base/es
sur des crite\res ethniques propose/es par C. Vermeule : p. 15, n. 9).
Reconnaissant les me/rites de la se/rie The Coroplastic Art of Ancient
Cyprus due a\ J. et V. Karageorghis, qui offre une tre\s utile
synthe\se des diffe/rents types, elle entend cependant s'en distinguer
en de/terminant pluto^t que des types, des styles re/gionaux. Pour cela
elle s'inspire explicitement des travaux pionniers de Francis Croissant
pour le monde grec. Le postulat de de/part est formule/ en termes
clairs : "...les figurines en terre cuite (...) re/ve\lent des
proce/de/s, des conceptions diffe/rentes, bref des styles qui peuvent
e^tre rapporte/s a\ autant de centres cre/ateurs" (p. 15).[[1]] Afin de
de/terminer les caracte/ristiques morphologiques de la production de
chacun de ces centres, Fourrier ne prend en conside/ration que les
pie\ces dont la provenance est assure/e. Plusieurs crite\res permettent
de distinguer diffe/rentes productions particulie\res. Ainsi les
caracte/ristiques morphologiques, certains de/tails techniques et/ou
les sources d'inspiration diverses constituent un style propre. Par
exemple, la production de Kition se caracte/riserait par des mode\les
pluto^t emprunte/s a\ l'Egypte, tandis que la production amathousienne
puiserait son inspiration en Syrie du Nord. Pour ce qui concerne la
technique, tous les ateliers n'emploient pas les me^mes proce/de/s
(modelage, moulage ou combinaison des deux, selon les centres); les
gestes sont aussi diffe/rents : e/le/ments rapporte/s sur un boudin
principal ou extraits de ce me^me boudin par gestes successifs. "Le
geste est l'expression du choix", conclut Fourrier (p. 18). Les
caracte/ristiques de la pa^te, en l'absence me^me d'analyses chimiques,
sont e/galement de/terminantes. Ensuite, une fois chaque style isole/,
il convient de lui assigner un centre de production. La me/thode pour y
parvenir est simple et efficace : elle repose essentiellement sur des
crite\res quantitatifs : le style qui se retrouve majoritairement sur
le territoire d'une des cite/s-royaumes a toute chance d'e/maner de
celle-ci.

A la suite de l'introduction, la premie\re partie de l'ouvrage est donc
consacre/e a\ de/terminer les centres producteurs et les
caracte/ristiques de leur production (pp. 21-100). Ainsi sont
successivement distingue/es les productions de Salamine, d'Idalion, de
Kition, d'Amathonte, de Kourion, de Paphos, de Marion, de Soloi, et du
nord de l'i^le (Lapithos et Kazaphani). Pour chacun des sites, Fourrier
proce\de a\ un rappel des circonstances de de/couverte, de l'e/tat des
publications et de leur degre/ de fiabilite/; ensuite, pour chaque
centre, elle tente de de/terminer les sites de diffusion en
distinguant, lorsque la chose est possible, "le cercle proche", "les
sanctuaires de territoire" et "les sanctuaires de frontie\re", ceux-ci
e/tant identife/s par le fait qu'ils sont situe/s sur une zone au-dela\
de laquelle la pre/ponde/rance quantitative des figurines d'un style
disparai^t au profit d'un autre (par exemple, le sanctuaire d'Arsos
entre Idalion et Salamine). Ceci aboutit a\ des constatations parfois
surprenantes : ainsi, selon Fourrier, "il n'y a pas de production
tamassienne distincte d'Idalion", ce qui l'incite a\ conside/rer
Tamassos comme sanctuaire de territoire d'Idalion (pp. 45-47). On y
reviendra. Certaines productions sont diffuse/es sur une aire tre\s
large, comme celle de Salamine, ou celle de Soloi (voir la carte de la
fig. 8, p. 88) : dans ce dernier cas, la zone de diffusion compte des
sanctuaires aussi riches en trouvailles qu'Aghia Irini (pp. 89-92) et
Mersinaki (p. 93).; certains styles sont, au contraire, diffuse/s sur
une zone tre\s re/duite, comme celui de Kition (pp. 58-59, 61). Parmi
les productions originales, il faut citer le royaume d'Amathonte, ou\
plusieurs sanctuaires non urbains ont produit des types particuliers,
lesquels seraient l'indice qu'ils e/taient "re/serve/s" a\ la partie
phe/nicienne de la population (pp. 70, 111 et 124). Pour certains
centres, la production et/ou la publication des trouvailles sont tre\s
maigres et ne permettent gue\re de conclusions de/cisives, comme dans
le cas de Marion (p. 85).

La seconde partie, intitule/e "Ateliers, sanctuaires et royaumes", est
subdivise/e en trois chapitres : respectivement "La naissance des
styles", "Identite/s culturelles et territoires politiques" et "Les
sanctuaires".

Le premier de/veloppement du chapitre I ("Agia Eirini,[[2]] Samos et la
chronologie de la plastique chypriote archai+que) constitue sans doute
l'un des apports les plus de/terminants a\ l'e/tude de la production
plastique de Chypre archai+que. Fourrier y de/montre que les
difficulte/s qui ont surgi autour de la typologie de Gjerstad et les
tentatives d'ajustement de celle-ci en fonction des de/couvertes et des
publications ulte/rieures se re/solvent aise/ment si l'on prend en
compte la classification qu'elle propose. Ainsi la distinction, fonde/e
en termes morphologiques, entre styles proto- et ne/o-chypriotes ne
serait atteste/e qu'a\ Aghia Irini, centre tre\s mineur. Faire du
premier une production de Soloi et du second une production de Salamine
ou d'Idalion re/sout e/le/gamment le proble\me (p. 104). Fourrier
de/montre ensuite la surinterpre/tation de la stratigraphie d'Aghia
Irini qui a conduit a\ une "chronologisation" (le ne/ologisme est de
moi) excessive des trouvailles figure/es (pp. 104-106). Est aussi
inte/gre/e la stratigraphie samienne qui avait de/ja\ contribue/ a\
jeter le doute sur le classement chronotypologique de Gjerstad (pp.
106-107). Il faut en conclure que l'ancienne chronologie absolue doit
e^tre mise en cause, sans que pour l'instant on puisse en proposer
d'autre. Fourrier conclut sa de/monstration en affirmant que "Les
VIIIe-VIIe sie\cles sont une pe/riode charnie\re pour la naissance des
styles, ils repre/sentent aussi une pe/riode essentielle dans la
constitution, politique, territoriale, des royaumes chypriotes
archai+ques". Cette question est aborde/e dans les de/veloppements qui
ont pour titre "Styles et royaumes" lesquels constituent, selon moi, la
principale faiblesse de l'ouvrage.

Fourrier rappelle les de/bats qui opposent les spe/cialistes sur
l'e/poque de l'apparition des royaumes historiques; il s'agit de deux
positions antagonistes que j'ai appele/es ailleurs[[3]] "l'hypothe\se
ache/enne", qui se fonde sur des le/gendes de fondation tardives et
selon laquelle il n'y aurait pas eu de rupture entre Age du Bronze et
Age du Fer, d'autre part "l'hypothe\se phe/nicienne", fonde/e
essentiellement sur des sources arche/ologiques (Il est faux de dire,
comme le fait Fourrier, p. 107, que cette dernie\re hypothe\se s'appuie
sur des sources e/crites, en l'occurrence la chronique d'Asarhaddon) et
qui lie l'apparition de la forme e/tatique d'organisation politique a\
la pression e/conomique et a\ l'installation des Phe/niciens a\ Kition
(seconde moitie/ du IXe sie\cle). L'ensemble des conclusions
chronologiques auxquelles parvient Fourrier semble aller dans le sens
de cette dernie\re. N'observe-t-elle pas que les styles se mettent en
place a\ partir du VIIIe sie\cle (p. 107) ? Que le surgissement des
principaux sanctuaires, "signes d'une organisation du territoire par un
Etat centralise/", se produit au cours du CG III, de la fin du IXe
sie\cle (notamment a\ Kition) au de/but du VIIIe sie\cle (pp. 107-108)
? Et il en va de me^me des sanctuaires de territoire (p. 108; voir
aussi pp. 121-122). Or, en de/pit de ces observations, Fourrier conclut
que ce qui se produit a\ ce moment n'est rien d'autre que "le passage
d'un re/gime royal a\ un re/gime monarchique". On serait bien en peine
d'expliciter ces deux cate/gories, inconnues a\ ma connaissance de
l'anthropologie sociale,[[4]] et desquelles d'ailleurs aucune
de/finition n'est propose/e. Ainsi, a\ la question "avant le VIIIe
sie\cle, les basileis chypriotes e/taient-ils des rois ?", elle pense
pouvoir re/pondre par l'affirmative.[[5]] Or les arguments convoque/s
a\ l'appui de cette affirmation (l'absence d'un ve/ritable "Age Obscur"
a\ Chypre au CG II, l'inscription si controverse/e d'Opheltau,[[6]] la
pe/rennite/ de certains symboles comme l'aigle, le titre de basileus
atteste/ de\s le VIIe sie\cle) pe\sent de bien peu de poids contre,
d'une part, l'absence des corre/lats arche/ologiques de l'Etat au
de/but de l'Age du Fer, tels que l'anthropologie les de/finit,[[7]] et,
d'autre part, leur soudaine apparition au CG III,[[8]] notamment celles
de palais; c'est ce qu'illustrent, dans leur domaine propre, celui des
styles de la plastique, les travaux me^mes de Fourrier. L'auteur (p.
109, n. 40) convoque Carlier La royaute/ en Gre\ce avant Alexandre,
Nancy, 1984, p. 505, pour souligner "le lien, non ne/cessaire, entre
syste\me palatial et royaute/". Certes, mais pre/cise/ment, "palais",
et "syste\me palatial" sont deux choses diffe/rentes; et l'absence du
second n'implique pas l'absence du premier. Dans le cas d'Amathonte, le
palais est loin d'e^tre le seul crite\re en cause (voir Petit art.cit.
note 2) : interviennent aussi notamment le choix d'une nouvelle
capitale, un territoire stable sinon permanent, inaugurant,
contrairement a\ ce qui est affirme/ (p. 109), un mouvement centripe\te
(et cela vaut aussi pour les autres cite/s avec la cre/ation des grands
sanctuaires centraux : voir p. 108). A cet e/gard, la comparaison
implicite entre le cas d'Amathonte et celui de Kushmeshusha, roi
d'Alashiya (p. 109, n. 40), est de/nue/e de fondement puisqu'on n'a pas
retrouve/ (identifie/ ?) la capitale de ce roi. Ainsi l'affirmation
conclusive (p. 109), "le VIIIe s. ne date sans doute pas la naissance
de la royaute/ chypriote, mais il date su^rement celle d'une
re/organisation des royaumes sous la forme d'E/tats centralise/s,
autour d'un noyau urbain et d'un territoire de/fini", est-elle
contradictoire : en effet, l'anthropologie a montre/ que l'un des
crite\res de l'Etat, fu^t-il "primitif" ou "archai+que", est
pre/cise/ment d'exercer son autorite/ sur un territoire de/fini; et que
seul le souverain qui dispose d'un tel pouvoir peut a\ bon droit
prendre le titre de "roi".[[9]] Au total, les affirmations exprime/es
aux pages 107 a\ 109 de l'ouvrage sont en contradiction avec les
re/sultats me^me obtenus par Fourrier, lesquels, s'ils ne de/montrent
pas l'apparition au CG III des royaumes cypriotes, constituent
cependant un important indice en faveur de cette hypothe\se. Ainsi la
re/ponse a\ la question pose/e en pre/ambule me/riterait pour le moins
une discussion plus comple\te et mieux documente/e.

Dans le deuxie\me chapitre de cette deuxie\me partie sont rassemble/s
les mate/riaux de son e/tude pour pre/senter ce qui est appele/
"esquisse de ge/ographie historique" (p. 119). On peut conside/rer que
Fourrier y a amplement re/ussi et la carte synthe/tique qu'elle
pre/sente a\ la p. 113 (fig. 9) est d'une grande clarte/. On y discerne
bien la diffusion des mode\les. Comme E. Gjerstad et O. Masson
l'avaient de/ja\ bien montre/ pour chacun des deux domaines respectifs,
la ce/ramique et l'e/criture se re/partissent dans l'i^le en deux
grands ensembles, ouest et est. Il en va de me^me de la coroplastie;
Amathonte se situe, quant a\ elle, a\ la charnie\re des deux grandes
re/gions, en pre/sentant en outre des productions particulie\res (voir
supra). Lape/thos est un autre cas particulier en ceci qu'elle adopte
les mode\les de Kition, avec laquelle elle ne partage pourtant aucune
frontie\re commune, ce qui suppose une forte parente/ culturelle. La
carte de la fig. 9, comme Fourrier l'admet, est the/orique et ne peut
prendre en compte les fluctuations re/gionales et ponctuelles (p. 112
et 119); mais elle illustre une aire de re/partition de type culturel
qui ne peut e^tre e/trange\re a\ l'influence politique des centres de
production et donc de de/cision. Cette carte aboutit a\ nuancer les
de/limitations entre royaumes, fonde/es sur les sources e/crites,
notamment celles de D.W. Rupp (p. 112). Les conclusions qui en sont
tire/es appellent cependant quelques re/serves. Ainsi peut-on, sur la
seule base de la diffusion coroplastique, conclure, par exemple, qu'"Il
est peu problable que Tamassos soit reste/ un royaume inde/pendant
entre 673/2 et le milieu du IVe s.", et conse/quemment que les tombes
dites "des rois" appartiendraient non a\ des souverains, mais a\ une
"aristocratie locale" (p. 115) ? Cela semble difficile a\ admettre dans
la mesure ou\ l'existence du royaume est atteste/e a\ la fois en amont
(liste d'Asarhaddon) et en aval (sources classiques). Peut-on de me^me
affirmer, sur ces me^mes fondements, que Marion, absente de la liste
d'Asarhaddon, pre/sentait "une identite/ culturelle et certainement
[mes italiques] politique, inde/pendante, de\s la seconde moitie/ du
VIIe s. av. J.-C...." (p. 118) ? Peut-e^tre est-ce aller trop loin. Il
n'en reste pas moins que des donne/es essentielles sont ainsi e/tablies
: par exemple, l'existence d'un style propre a\ Kition ou\, en de/pit
de l'exigui+te/ de la zone ou\ elle est diffuse/e, la production
coroplastique semble bien attester l'existence d'un centre politique
pendant l'e/poque archai+que, ce qui va a\ l'encontre de certaines
hypothe\ses formule/es nague\re (p. 115-116). Les conclusions de
Fourrier permettent aussi de faire progresser l'interpre/tation de
certaines sources textuelles. Ainsi, pour Amathonte, la coroplastie
confirme la pre/sence d'une identite/ politique forte de\s le de/but du
VIIe sie\cle et donc incite a\ chercher le royaume dans la liste
d'Asarhaddon, qu'il s'agisse de la "Carthage" de Chypre ou de
(Kin?)nuria (p. 116); les styles permettent me^me de pre/ciser quelque
peu les limites du royaume, du co^te/ est, mais surtout a\ l'ouest (pp.
116-117). Les cas de Paphos, de Marion, de Soloi et de Lape/thos sont
enfin e/voque/s. Le poids politique et l'e/tendue du royaume de Soloi
devaient e^tre conside/rables si l'on en juge par la zone de diffusion
de sa production plastique. D'autre part, Fourrier suppose -- avec de
bons arguments -- que la cre/ation du royaume de Lape/thos eut lieu
assez tardivement au de/triment d'Idalion (VIe s. ?) et qu'elle fut la
conse/quence d'une probable manoeuvre kitienne (pp. 117-119). Enfin on
en conclut (pp. 119-120) a\ des modifications dans le nombre et
l'e/tendue des royaumes, modifications qui furent plus nombreuses au
nord qu'au sud de l'i^le; on ne discerne en outre aucun mode\le
ge/ographique qui serait commun a\ l'ensemble des royaumes chypriotes
archai+ques.

Le dernier chapitre (III) de cette deuxie\me partie est consacre/ aux
sanctuaires (pp. 121-124) et au maillage du territoire qu'ils
permettent. Y sont mis en paralle\le les exemples cypriote et grec (ce
dernier e/tudie/ par Fr. de Polignac) qui pre/sentent similitudes et
diffe/rences (pp. 121-122); parmi les similitudes, notons
l'implantation des sanctuaires du haut archai+sme sur des vestiges de
l'Age du Bronze. Enfin sont e/voque/s les diffe/rentes cate/gories de
sanctuaires, urbains, pe/ri-urbains, de territoire. Les premiers,
repre/sente/s par les sanctuaires d'Aphrodite de Paphos et d'Amathonte,
ou celui d'Athe/na-Anat a\ Idalion, sont directement en rapport avec le
pouvoir royal; a\ Amathonte en particulier, ou\ des sanctuaires
palatiaux ont e/te/ mis au jour. A cet e/gard, Fourrier passe sous
silence le cas proble/matique des sanctuaires palatiaux de Vouni (que
ce soit p. 93, malgre/ la mention du sanctuaire d'Athe/na, ou p. 124),
ou\ plusieurs sanctuaires sont sis dans la proximite/ imme/diate du
grand e/difice fouille/ par la mission sue/doise. On aurait aime/
connai^tre son avis sur la question. Pour ce qui concerne les
sanctuaires de territoires, Fourrier suppose, vu le lien e/troit qu'ils
montrent e/galement avec le pouvoir politique, qu'ils auraient e/te/ le
the/a^tre de processions qui les auraient relie/s symboliquement au
centre politique, comme c'e/tait le cas en Gre\ce. Cette relation entre
royaute/ et sanctuaires expliquerait de me^me que beaucoup d'entre eux
disparurent avec les royaumes (p. 124).

Dans la mesure ou\ Fourrier n'a pas pris la peine d'e/tablir un
catalogue exhaustif des objets sur lesquels elle fonde son analyse,
choix qu'elle justifie dans son introduction, elle fournit en annexe la
liste des objets, leur nume/ro de catalogue et les re/fe/rences
bibliographiques auxquelles se reporter (pp. 125-173). Les
abre/viations bibliographiques et la bibliographie figurent en fin de
volume (pp. 175-187), de me^me qu'un index des noms propres (pp.
189-192), une liste des illustrations, le cre/dit photographique (pp.
193-196) et XXIII planches qui closent l'ouvrage. On a de/ja\ souligne/
l'importance et la clarte/ de la fig. 9; il en va de me^me de toutes
les cartes, comple\tes ou partielles, qui illustrent le propos, et qui
sont toutes d'une grande qualite/ graphique.

Ainsi, en de/pit des quelques re/serves formule/es ci-dessus sur le
contenu des pp. 107-109, cet ouvrage marque assure/ment un e/tape
importante dans la compre/hension des types coroplastiques cypriotes et
de leur origine, et pour les conclusions que l'on peut en tirer sur
l'existence, la nature et l'e/tendue des royaumes historiques.


------------------
Notes:


1.   Sur la notion de styles, voir dernie\rement Cartens, Panayia
Ematousa, II, p. 125, n. 3 et re/fe/rences.

2.   On ne voit pas bien pourquoi Fourrier adopte une transcription
ba^tarde pour ce terme, entre la transcription conforme a\ la
prononciation moderne (Irini) et la prononciation "e/rasmienne"
(Eire\ne\).

3.   Th. Petit, "The First Palace of Amathus and the Cypriot
Poleogenesis", dans I. Nielsen (e/d.), The Royal Palace Institution in
the First Millenium BC, [Aring ]arhus, 2001, p. 53-75 (article que ne
mentionne pas Fourrier).

4.   Voir, entre autres, H.J.M. Claessen and P. Skalni/k (eds), The
Early State, La Haye, 1978; H.J.M. Claessen and P. Skalni/k (eds),
Study of the State, La Haye, 1981; H.J.M. Claessen and J.G. Oosten,
Ideology and the Formation of Early States, La Haye, 1996; Al. Testart,
Ele/ments de classification des socie/te/s, Paris, 2005.

5.   Fourrier s'inspire de la me^me question pose/e par P. Carlier,
Kte\ma, 1996, pour la royaute/ "home/rique". Cependant on peut ne pas
se ranger aux arguments de celui-ci, puisque manquent aux
e/tablissements e/ge/ens pendant les Ages dits "obscurs" la plupart des
corre/lats arche/ologiques de l'Etat : voir, entre autres, J. Whitley,
"Social Diversity in Dark Age Greece", Annuals of the British School at
Athens, 86 (1991), p. 341-365.

6.   A cet e/gard, voir J.-P. Olivier, "Syllabic scripts in the Aegean
and Cyprus in the Second and First Millenia", dans J. T. Killen et A.
Morpugo (eds), Documents in Mycenaean Greek, 3e e/dition, Cambridge ,
sous presse : l'inscription appartiendrait au CM 1.

7.   Par exemple, B. Trigger, "The Archaeology of Government", World
Archaeologist, 6 (1974), pp. 95-106; voir aussi Petit, op. cit., n. 2.

8.   Voir les travaux de D.W. Rupp cite/ dans sa bibliographie; cf.
supra note 2.

9.   Voir les travaux cite/s note 3; en particulier, Claessen, The
Early State, pp. 537-538.