BMCR 2009.03.03, Ivan Garofalo, Galenos: Rivista di filologia
Bryn Mawr Reviews <[email protected]> Sun, 1 Mar 2009 13:53:02 -0500 (EST)
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Ivan Garofalo (ed.), Galenos: Rivista di filologia dei testi medici antichi 1 - 2007. Pisa/Roma: Fabrizio Serra, 2007. Pp. 233 (pb). ISBN 1973-5049. Reviewed by Antoine Pietrobelli, Universite/ de Paris Sorbonne (Paris 4) ([email protected]) Word count: 2334 words ------------------------------- To read a print-formatted version of this review, see http://ccat.sas.upenn.edu/bmcr/2009/2009-03-03.html To comment on this review, see http://www.bmcreview.org/2009/03/20090303.html ------------------------------- Journal Details (http://www.libraweb.net/riviste.php?chiave=205;h=428;w=300) [Authors and titles are listed at the end of the review.] Il peut parai^tre e/trange de faire le compte-rendu d'une revue. D'ordinaire, on fait la recension de l'ouvrage d'un me^me auteur, des actes d'un colloque ou bien d'un recueil d'articles, du type me/langes. Pourtant la revue italienne Galenos qui a pour sous-titre Rivista di filologia dei testi medici antichi n'est pas une revue comme les autres. Ce volume de 233 pages surprend en effet tout d'abord par la qualite/ de son papier et par l'e/le/gance de ses polices. Mais c'est surtout par son contenu qu'il est absolument novateur. Les contributions sont en italien, franc,ais, anglais, allemand et espagnol. Elles portent sur des textes grecs, latins et arabes. Elles concernent aussi bien les e/poques antiques et tardo-antiques que me/die/vales. Elles pre/sentent enfin un grand nombre de sources et de conjectures ine/dites. Comme le rappelle l'initiateur de la revue, Ivan Garofalo, dans un bre\ve pre/face, Galenos s'inscrit dans la mouvance de l'inte/re^t croissant pour la philologie des textes me/dicaux. De cette vitalite/, te/moigne le grand nombre de colloques internationaux et de publications qui ont vu le jour ces trente dernie\res anne/es. Le renouveau e/ditorial du Corpus medicorum graecorum, le lancement des e/ditions et traductions de Galien dans la collection des Belles Lettres ou la mise en ligne sous la rubrique medic@ des e/ditions des me/decins anciens par la Bibliothe\que interuniversitaire de me/decine (BIUM) illustrent ce dynamisme du champ de la me/decine antique. La nouvelle revue, qui est annuelle, accueille des contributions philologiques sur les textes me/dicaux grecs, latins, arabes, syriaques et he/breux. 1) A. Lami pre/sente une nouvelle e/dition critique du traite/ hippocratique De virginum morbis accompagne/e d'une traduction italienne et d'un commentaire de/taille/. Ce texte, qui n'est vraisemblablement pas un fragment mais un traite/ a\ part entie\re, est datable de l'e/poque helle/nistique ou du de/but de la pe/riode impe/riale. Il traite d'un syndrome qui touche les jeunes filles au moment de leur puberte/. 2) D. Irmer fait une savante mise au point sur le glossaire hippocratique d'E/rotien. Il rappelle que cet ouvrage lexicographique du Ier sie\cle de notre e\re se pre/sente aujourd'hui sous une forme remanie/e. Tandis que l'Urglossar adoptait, pour la succession des entre/es, l'ordre de lecture des traite/s de la Collection hippocratique qu'avait suivi E/rotien, le traite/ actuel pre/sente les entre/es en les regroupant alphabe/tiquement d'apre\s leur lettre initiale, sans toutefois que le classement alphabe/tique s'impose a\ l'inte/rieur de chaque section re/unie sous une me^me lettre. Irmer retrace ensuite les progre\s de la recherche qui ont permis de mieux comprendre la structure et la logique de l'actuel glossaire, en identifiant de quels traite/s hippocratiques provenaient les mots glose/s. Cette synthe\se part de l'e/dition princeps du glossaire, e/tablie en 1564 par Henri Estienne,[[1]], pour en arriver aux pages concernant E/rotien dans le tome I des Testimonien zum Corpus Hippocraticum paru en 2006 gra^ce aux bons soins de D. Irmer et A. Anastassiou.[[2]] L'auteur appelle de ses voeux une nouvelle e/dition critique du glossaire d'E/rotien qui remplacerait celle de Nachmanson (1918) et prendrait en compte les donne/es re/centes de la critique. 3) A. Roselli, dans "Memoria e sommatoria nel processo cognitivo (con edizione di Galeno, Comm. In Hipp. Off. Med. XVIII B 650, 8-652, 13 Kuehn) s'attache a\ l'e/dition, a\ la traduction et a\ l'exe/ge\se d'un passage difficile du commentaire de Galien a\ l'Officine du me/decin hippocratique. L'e/dition de ce passage, qui ame/liore conside/rablement le texte corrompu de Kuehn, ainsi que sa traduction annote/e, offre au lecteur un te/moignage important sur un de/bat e/piste/mologique ancien concernant la place de la me/moire (mne^me^) et de l'e/nume/ration (synarithme^sis) ou re/capitulation (synkephalaio^sis) dans le processus cognitif. 4) J. Jouanna-Bouchet offre une e/tude lexicale exhaustive sur les instruments et les techniques de caute/risation dans la litte/rature latine, d'apre\s un corpus de textes qui va du IIe sie\cle avant notre e\re au VIe sie\cle apre\s. Elle recense les diffe/rents termes de/signant les caute\res--essentiellement ferramentum, ferrum, cauter et cauterium--, les types d'affection soigne/es par caute/risation, puis les formes, les mate/riaux et les techniques d'utilisation de ces instruments. 5) L'article de S. Boscherini porte sur un type de notations qu'on trouve dans le De materia medica de Dioscoride, puis dans l'Herbier attribue/ a\ Apule/e. Dans cet Herbier, certaines plantes, apre\s avoir e/te/ nomme/es en latin, rec,oivent un autre nom e/tranger pre/ce/de/ de la mention des "Prophe\tes" (Profetae). Il s'agit en fait du nom donne/ a\ la plante par les pre^tres e/gyptiens a\ l'e/poque ptole/mai+que. L'Herbier latin du IVe sie\cle conserve donc les traces de cette interaction entre les cultures grecque et e/gyptienne. 6) Dans une contribution riche et fouille/e, N. Palmieri se met en que^te des sources du De medicina de Cassius Fe/lix, bref manuel de pathologie et de the/rapeutique compose/ en 447 en Afrique du Nord. En e/tudiant trois passages pre/cis, dans lesquels est cite/ par deux fois Magnus de Nisibe, et en les mettant en perspective avec les ouvrages ulte/rieurs des iatrosophistes alexandrins, l'auteur montre que la culture me/dicale de Cassius Fe/lix a connu l'influence du premier gale/nisme alexandrin qui lui e/tait contemporain. 7) A. Ferraces Ro/driguez apporte des nouveaute/s sur la traduction latine tardo-antique du De natura hominis hippocratique. A\ une tradition directe tre\s fragmentaire constitue/e par le Parisinus lat. 7027, l'auteur ajoute le te/moignage de quatre ouvrages qui pre/servent de brefs passages de cette traduction latine (Liber Aurelii, Liber Glossarum, Liber interrogationis yppocratis medici, Epistula yppocratis ex quattuor humoribus). L'utilisation du Liber Aurelii par Isidore de Se/ville lui permet de fixer que cette traduction latine du De natura hominis fut effectue/e avant le milieu du VIe sie\cle. 8) A. M. Ieraci Bio propose l'e/dition princeps d'une die/re\se re/capitulant le contenu des chapitres 6 a\ 18 de l'Ars medica de Galien. Ce texte qui re/sume les signes physiques lie/s aux diffe/rents tempe/raments se trouve dans un manuscrit de Naples, le Neapolitanus orat. gr. CF 2. 11, qui date du XVe sie\cle et qui a appartenu a\ Jean Dokeianos. La die/re\se pre/sente sous une forme re/dige/e le me^me contenu que certaines des die/re\ses sche/matiques des Tabulae Vindobonenses[[3]] dessine/es dans le Vindobonensis med. gr. 16. Pour l'auteur, ces die/re\ses e/manent d'une me^me tradition grecque du gale/nisme alexandrin. Avant de proce/der a\ l'e/dition du texte, l'auteur rele\ve les variantes qui existent entre le texte du manuscrit napolitain, celui du manuscrit viennois et celui de l'Ars medica. 9) Apre\s un pre/ambule sur les traductions latines de Galien et un rappel des principaux outils d'e/rudition pour les e/tudier, V. Nutton en vient a\ une analyse claire de la tradition du traite/ du De motiis liquidis, perdu en grec, et en particulier a\ un examen de la traduction arabo-latine effectue/e vers 1200 par Marc de Tole\de. Les 29 manuscrits conserve/s se re/partissent en deux familles: la famille a en comprend neuf qui sont principalement originaires d'Italie ; la famille b en compte une vingtaine, qui furent copie/s et lus dans les universite/s de l'Europe du nord et en Italie du nord. L'e/tude des variantes textuelles ame\ne l'auteur a\ la conclusion que les manuscrits de la famille b offrent une re/vision re/alise/e par Marc de Tole\de lui-me^me a\ partir d'une premie\re recension qui figure dans les manuscrits de la famille a. La mise en e/vidence de deux familles selon des crite\res textuels et philologiques, mais aussi d'apre\s la codicologie et l'histoire intellectuelle constitue un jalon important pour mieux comprendre la formation des collections gale/niques en Occident latin. Au-dela\ de ce travail sur le De motiis liquidis, l'article de Nutton livre un ve/ritable vade-mecum a\ l'intention des prochains e/diteurs qui s'inte/resseront au Galien latin. 10) La contribution cosigne/e par J. Jouanna et K.-D. Fischer explore une se/rie de textes grecs et latins tardifs qui ont pour point commun d'associer la variation quotidienne des quatre humeurs aux heures de la journe/e et de la nuit. Cette chronobiologie, faussement attribue/e a\ Hippocrate, appartient en re/alite/ a\ la me/decine tardive puisqu'elle est poste/rieure a\ Galien. Les textes de ce dossier se divisent en deux groupes. Le premier groupe de/rive d'un texte grec Sur le pouls et le tempe/rament humain et comprend la Lettre a\ Pentadius du pseudo-Vindicien et l'Isagoge saluberrima du pseudo-Soranos. Il envisage l'alternance des quatre humeurs sur une pe/riode de vingt-quatre heures. En revanche, le deuxie\me groupe, qui comprend le traite/ grec sur la Formation de l'homme, ainsi qu'un traite/ ine/dit de/couvert par K.-D. Fischer a\ la bibliothe\que nationale de la Re/publique tche\que (Pragensis lat. XIV. H. 28), de/crit l'alternance des humeurs sur un cycle de douze heures et dans un contexte embryologique, les heures de la journe/e de/terminant le tempe/rament du futur enfant. 11) Une bre\ve note de K.-D. Fischer intitule/e "Aphorismorum Hippocratis argumentum metricum" rectifie l'une des nombreuses informations errone/es de l'Hippocratus latinus de Pearl Kibre,[[4]] relative a\ un commentaire anonyme des Aphorismes d'Hippocrate. En fait, les cinq vers en hexame\tres, qui sont pour la premie\re fois e/dite/s par l'auteur, ne sont pas le de/but d'un commentaire anonyme, mais des vers introductifs ajoute/s a\ la traduction latine des Aphorismes d'Hippocrate ou a\ celle de leur commentaire par Galien, re/alise/e par Constantin l'Africain. 12) I. Garofalo se penche sur la traduction arabe du De sectis de Galien et de son sommaire alexandrin. Apre\s avoir effectue/ une pre/sentation codicologique, pale/ographique et textuelle des manuscrits arabes du De sectis, I. Garofalo passe en revue les passages ou\ la confrontation avec la traduction arabe et avec l'ancienne traduction latine ame\ne a\ revoir les choix e/ditoriaux d'Helmreich, le pre/ce/dent e/diteur du texte grec. L'auteur fournit aussi une liste fort utile sur les proce/de/s stylistiques et les caracte/ristiques de la traduction arabe, attribue/e a\ Hunain Ibn Ishaq. Sa contribution se poursuit par un de/veloppement sur le sommaire alexandrin du De sectis tel qu'il est pre/serve/ en arabe. Le traducteur de ce sommaire n'est pas le me^me que celui du De sectis. 13) A\ partir de l'exemple du De humoribus d'Hippocrate, O. Overwien s'interroge sur l'origine de la traduction arabe des traite/s hippocratiques. La plupart de ces traductions arabes d'Hippocrate proviennent de leur commentaire gale/nique, c'est-a\-dire que les traducteurs n'eurent pas acce\s directement aux traite/s de la Collection hippocratique, mais qu'ils ont reconstitue/ le texte de ces traite/s, en mettant bout a\ bout les passages hippocratiques qui se trouvaient explique/s dans les commentaires de Galien. Le proble\me pour le De humoribus est que, si le traite/ est bien conserve/ en traduction arabe, son commentaire par Galien est perdu en grec comme en arabe. Toutefois, en recourant a\ des indices internes et a\ des passages paralle\les, l'auteur de/montre de manie\re convaincante que le De humoribus conserve/ en arabe de/rive bien du Commentaire aux humeurs de Galien qui est aujourd'hui perdu. 14) Une courte note de P. Annese publie pour la premie\re fois un index du livre I du De naturalibus facultatibus de Galien qui se trouve au f. 55 r du Laurentianus 74, 5. Ce premier nume/ro de la revue Galenos se clo^t par une se/rie de conjectures ine/dites sur des textes me/dicaux grecs, latins et arabes. Cette section est tout a\ fait remarquable, puisqu'elle te/moigne d'une pratique philologique savante et innovante et qu'elle ouvre la voie a\ l'important travail d'e/dition qui reste a\ accomplir sur ces textes de me/decine. Ces conjectures ne sont qu'un e/chantillon d'un ensemble plus vaste recueilli en ligne sur le site de l'AFMA (Archivio Filologico per la Medicina Antica) (http://www.afma-medicinaantica.it) . Pour conclure, on ne peut que saluer l'initiative courageuse d'Ivan Garofalo qui est le mai^tre d'oeuvre de la revue. Il offre en effet un outil rigoureux et exigeant pour diffuser les travaux philologiques sur la me/decine antique aupre\s du public et pour accueillir les publications sur un domaine en plein essor. La revue Galenos est promise a\ un long avenir: elle s'impose comme un organe de communication indispensable entre les chercheurs internationaux. Elle est le reflet de la richesse des approches critiques, linguistiques, lexicales, philologiques et historiques qui construisent le champ de la me/decine antique: elle en constitue en quelque sorte le fleuron. Le nume/ro 2 de la revue, paru en 2008, contient un programme alle/chant: Vol. 2, 2008: L. Arata, Due emmenagoghi in Sulle malattie femminili I 74; M. Cronier, L'apport de la traduction arabe de Ste/phane a\ l'e/tablissement du texte grec du de materia medica de Dioscoride; L. Perilli, Su Esichio e i cosiddetti 'frammenti' del Glossario ippocratico di Erotiano; S. Grimaudo, Galeno, l'Ordine dei suoi libri e i destinatari del trattato di Igiene (de ord. libr. suor. II 13); I. Garofalo, Gli scoli al de sectis e all'ad Glauconem nel Parisinus suppl. gr. 634; M. E. Va/zquez Buja/n, Sur les traces de l'ancienne traduction latine des Aphorismes dans le manuscrit Paris, BNF, latin 710; S. Buzzi, Aezio Amideno 16.124.12-25 e 125.1-6 Zervo/s nel Parisinus suppl. gr. 446; B. Zipser, Die uneinheitliche Ueberlieferung eines Fragmentes ueber den Puls und ein Iatrosophion. Congetture inedite sui testi medici. Abstracts. Liste des auteurs et des titres de Galenos 1, 2007: Vol. 1, 2007: A. Lami, Lo scritto ippocratico Sui disturbi virginali; D. Irmer, Das Hippokratesglossar Erotians und die Identifizierung der erklaerten Stellen im Corpus Hippocraticum; A. Roselli, Memoria e sommatoria nel processo cognitivo (con edizione di Galeno, comm. in hipp. off. med. XVIII B 650,8-652,13 Kuehn); J. Jouanna-Bouchet, La caute/risation dans la me/decine antique, e/tude sur le vocabulaire, les instruments et les techniques dans la litte/rature latine; S. Boscherini, L'Erbario di Apuleio e le ricette dei profeti; N. Palmieri, Elementi alessandrini in Cassio Felice; A. Ferraces Rodri/guez, Fragmentos de la antigua traduccio/n latina del de natura hominis hipocra/tico en textos me/dicos tardoantiguos; A. M. Ieraci Bio, Dihaireseis relative all'ars medica di Galeno nel Neap. Orat. CF 2.1-1 (olim XXII-1); V. Nutton, De motibus liquidis and the medieval Latin Galen; J. Jouanna, K.-D. Fischer, Chronobiologie dans la me/decine tardive. La variation quotidienne des quatre humeurs: nouveaux te/moignages grecs et latins; K.-D. Fischer, Argumentum aphorismorum Hippocratis metricum Latinum; I. Garofalo, La traduzione araba del de sectis di Galeno e il sommario degli alessandrini; O. Overwien, Zur Herkunft der arabischen Uebersetzung von Hippokrates' de humoribus. Note: P. Annese, L'indice del de nat. fac. nel Laurentianus 74.5. Congetture da AFMA. Abstracts. ------------------ Notes: 1. Cet ouvrage est disponible dans une re/impression anastatique de l'e/dition de 1780 (parue a\ Leipzig) chez Georg Olms Verlag, Hildesheim-Zuerich-New York, 2005, p. 1-398. 2. A. Anastassiou et D. Irmer, Testimonium zum Corpus Hippocraticum, Vandenhoeck & Ruprecht, Goettingen, 2006, p. 547-560. 3. Sur ces diagrammes, voir B. Gundert, "Die Tabulae Vindobonenses als Zeugnis alexandrinischer Lehrtaetigkeit um 600 n. Chr.", dans K.-D. Fischer, D. Nickel, P. Potter (e/d.), Text and Tradition, Studies in Ancient Medicine and its Transmission presented to Jutta Kollesch, Leiden-Boston-Koeln, 1998, p. 91-144. 4. P. Kibre, Hippocrates latinus. Repertorium of Hippocratic writings in the Latin Middle ages, revised edition, New York, 1985.