BMCR 2009.07.60: Castorio on Montanari, Sepolcri circolari di Roma e suburbio: Elementi architettonici dell'elevato. Workshop di archeologia classica. Quaderni; 2

Bryn Mawr Classical Review <[email protected]> Wed, 22 Jul 2009 10:55:48 -0400 (EDT)
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Paolo Montanari, Sepolcri circolari di Roma e suburbio: Elementi
architettonici dell'elevato. Workshop di archeologia classica.
Quaderni; 2.  Pisa/Roma:  Fabrizio Serra editore, 2009.  Pp. 110.  ISBN
9788862271981.  EUR 34.00.

Reviewed by Jean-Noe+l Castorio, Universite/ Nancy 2
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Word count:  1352 words
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[La table des matie\res est reproduite a\ la fin de ce compte rendu.]

Le pre/sent ouvrage est issu de recherches doctorales dirige/es par le
professeur Patrizio Pensabene, lequel signe d'ailleurs la pre/face. Ces
recherches, consacre/es aux tombeaux en tumulus romains, avaient de/ja\
conduit l'auteur a\ faire parai^tre, en 1999, un article sur l'un des
plus importants monuments du genre qui soit conserve/: celui des
Lucilii, e/rige/ le long de la Via Salaria.[[1]] Dans la continuite/ de
ce premier travail, il nous propose cette fois une scrupuleuse e/tude
des membra disiecta, mis au jour a\ Rome et a\ ses alentours, qu'il est
permis de rattacher a\ l'e/le/vation de se/pulcres colossaux de me^me
type, mais aujourd'hui disparus. Dans les dernie\res de/cennies, les
tombeaux en tumulus romains ont e/te/ l'objet de plusieurs synthe\ses,
la dernie\re en date ayant e/te/ publie/e en 2002 par Martina
Schwartz;[[2]] en concentrant son attention sur un mate/riel pour
l'essentiel ine/dit, Paolo Montanari leur donne un comple/ment utile,
si ce n'est indispensable pour les spe/cialistes.

Le premier chapitre de l'ouvrage a valeur ge/ne/rale: l'auteur s'y
interroge sur la diffusion des tombeaux en tumulus durant l'e/poque
romaine, ainsi que sur la personnalite/ de leurs commanditaires. Il
faut reconnai^tre que cette partie du travail n'apporte pas grand-chose
a\ ce que l'on savait de/ja\ gra^ce aux e/tudes ante/rieures; il s'agit
ne/anmoins d'un re/sume/ commode de l'e/tat actuel des connaissances
sur le sujet. A\ Rome, les plus anciens tombeaux en tumulus atteste/s
par l'arche/ologie sont date/s du milieu du Ier s. av. J.-C.; les
sources litte/raires laissent toutefois supposer que cette forme de
se/pulcre e/tait de/ja\ employe/e auparavant. Silius Italicus rapporte
ainsi que le Se/nat fit e/riger un tumulus geminus en l'honneur de
Cnaeus et Publius Scipion,[[3]] tous deux morts au combat en 211 av.
J.-C., lors de la deuxie\me guerre punique; si l'on se re/fe\re a\
Lucain,[[4]] c'est e/galement un tumulus qui aurait accueilli les
restes de Sylla, de/ce/de/ en 78 av. J.-C. Le grand tombeau circulaire
qu'Auguste fit ba^tir sur le Champ de Mars entre 28 et 23 av. J.-C.
n'e/tait donc en aucun cas une te^te de se/rie; il s'inscrivait au sein
d'une tradition de/ja\ ancienne, dont la gene\se est certainement a\
rechercher dans les cultures fune/raires italique et e/trusque,
renouvele/es par l'apport de l'architecture se/pulcrale
helle/nistique.[[5]] On peut ne/anmoins admettre que si le "mausole/e"
du Princeps ne fut pas un prototype, il contribua largement a\
revivifier cette tradition: c'est en effet de l'e/poque
julio-claudienne qu'est date/e la majorite/ des tombeaux en tumulus de
Rome et d'Italie. Qui les a fait e/lever? En prenant en compte tous les
monuments de la pe/ninsule italique, il apparai^t que sur les
vingt-deux commanditaires dont le rang est connu gra^ce aux indications
de l'e/pitaphe, pre\s de la moitie/ sont des equites; la re/partition
ge/ographique de ces tombeaux de/montre par ailleurs qu'ils ont
rencontre/ un franc succe\s aupre\s des e/lites municipales d'Italie
centrale. Il n'est donc pas interdit de suivre Paolo Montanari
lorsqu'il affirme que "les se/pulcres circulaires ont repre/sente/,
surtout durant l'e\re auguste/enne, une forme d'autoce/le/bration
ide/ale pour l'ordre e/questre" (p. 18); pour les membres de cet ordre,
ils constituaient sans doute e/galement une manie\re d'affirmation de
leur fide/lite/ et de leur loyaute/ a\ l'Empereur.

Le deuxie\me chapitre correspond au catalogue; il s'agit du plus long
de l'ouvrage. Les blocs sont classe/s en fonction de leur provenance;
Paolo Montanari en a recense/ cinquante-six, ayant appartenu a\
vingt-six monuments diffe/rents. Pre\s des trois-quarts ont e/te/ mis
au jour le long de la Via Appia;[[6]] la moitie/ d'entre eux sont
ine/dits. Les notices sont soigneusement construites et fort
de/taille/es; les photographies, reporte/es en fin de volume, sont de
bonne qualite/. La grande majorite/ des pierres que l'auteur a pu dater
appartient a\ la seconde moitie/ du Ier s. av. J.-C. et a\ la premie\re
moitie/ du Ier s. apr. J.-C.; une bonne partie d'entre elles sont
attribuables au re\gne d'Auguste. Si, ainsi qu'on peut le constater
ailleurs qu'a\ Rome, le type ne perdure gue\re au-dela\ de l'e/poque
julio-claudienne, l'un des blocs e/tudie/ par Paolo Montanari (no 35)
peut ne/anmoins e^tre date/ du re\gne de Trajan ou de celui d'Hadrien:
le somptueux se/pulcre circulaire de ce dernier aurait-il donne/ une
seconde vie a\ un genre de tombeau qui n'e/tait visiblement plus gue\re
a\ la mode depuis plus d'un demi-sie\cle? Difficile a\ dire car la
datation de cet e/le/ment architectonique demeure impre/cise.

Le troisie\me et dernier chapitre de l'ouvrage constitue une remise en
contexte architecturale et stylistique des pie\ces e/tudie/es; il est
fort court, puisqu'il ne compte que deux pages et demi. La structure de
ces tombeaux peut aise/ment e^tre restitue/e: une base; un cylindre de
pierre retenant les terres du tumulus et recevant l'e/pitaphe; une
architrave; une corniche, qui a pu e^tre surmonte/e de merlons comme
c'est le cas sur le tombeau de Caecilia Metella, cette particularite/
te/moignant sans doute de l'influence de l'architecture militaire.
L'auteur retrace enfin les grandes lignes de l'e/volution stylistique
que laissent deviner ces membra disiecta: par rapport aux se/pulcres
date/s de la fin de la Re/publique, ceux de l'e/poque julio-claudienne
accordent ainsi une place plus importante aux motifs de/coratifs,
parfois emprunte/s a\ l'architecture publique.

L'e/tude de Paolo Montanari se clo^t par un long appendice, de pre\s de
vingt pages, consacre/ au Culex, poe\me de quatre cent quatorze
hexame\tres attribue/ a\ Virgile de\s l'Antiquite/. Rappelons que cette
oeuvre narre la mort d'un moustique, e/crase/ d'un revers de main par
un berger apre\s qu'il l'eut pique/ afin de le pre/venir de la morsure
d'un serpent; par la suite, le culex apparait a\ son meurtrier en songe
et lui demande instamment de lui e/riger un tombeau auquel le gardien
de che\vre donne pre/cise/ment la forme d'un tumulus, "quem circum
lapidem leui de marmore formans conserit" (v. 397-398). Le Culex a
e/te/ conside/re/ par un certain nombre de savants, de Franz Dornseiff
a\ Henner von Hesberg, comme une critique indirecte adresse/e a\
Auguste en raison du faste qu'il de/ployait dans l'architecture de son
"mausole/e". Paolo Montanari prend le contrepied de cette hypothe\se:
sans e^tre totalement affirmatif sur ce point, il reconnai^t dans le
Culex, dont l'attribution a\ Virgile a e/te/ remise en cause de\s la
fin du XVIIe s. par le Pe\re La Rue, l'oeuvre d'un imitateur du
Mantouan, e/crivant peut-e^tre sous le re\gne de Tibe\re ou de Claude;
pour l'auteur, le se/pulcre construit par le berger ne serait de\s lors
rien d'autre qu'un "mausole/e poe/tique" (p. 76), inspire/ par un type
de tombeau qui e/tait alors tre\s en vogue. Les arguments avance/s,
puise/s aussi bien dans le texte me^me que dans les connaissances
arche/ologiques et e/pigraphiques acquises durant les dernie\res
de/cennies sur les se/pulcres en tumulus romains, emportent
l'adhe/sion; on peut ne/anmoins douter que cette controverse, qui a
aujourd'hui plus de trois sie\cles, puisse jamais e^tre de/finitivement
tranche/e.

Pour conclure, re/pe/tons qu'il s'agit la\ d'un ouvrage dont les
spe/cialistes de l'architecture fune/raire romaine tireront un grand
be/ne/fice, en particulier ceux qui s'inte/ressent a\ ces tumulus qui
ont connu un si grand succe\s a\ Rome et dans certaines provinces de
l'Empire durant la premie\re moitie/ du Ier s. apr. J.-C.[[7]] Le
catalogue de/taille/ publie/ par Paolo Montanari leur offrira
certainement de bons points de comparaison afin d'affiner la
chronologie des monuments qu'ils e/tudient ou seront amene/s a\
e/tudier. On ne peut donc adresser qu'un seul reproche a\ cet ouvrage:
sa brie\vete/. En effet, il y avait la\ pluto^t matie\re a\ deux gros
articles, l'un consacre/ aux membra disiecta, l'autre au Culex, qu'a\
un ouvrage. La lenteur des de/lais de parution dans les revues
scientifiques invite toutefois a\ se demander si l'auteur n'a pas fait
un choix tout a\ la fois raisonnable et prudent en re/unissant ces deux
e/tudes dans un petit livre.

Table des matie\res:
Premessa (Patrizio Pensabene), 9.
Introduzione, 9-10.
1. La diffusione dei tumuli in eta\ romana. Tracce sulla committenza,
11-20.
2. Catalogo degli elementi architettonici, 21-52.
2.1. La via Appia, 21-43.
2.2. La via Prenestina, 44.
2.3. La via Salaria, 45-48.
2.4. La via Flaminia, 48-50.
2.5. Il Trastevere, 50-51.
2.6. La via Ostiense, 51-52.
2.7. La via Ardeatina, 52.
3. Inquadramento architettonico-stilistico, 53-55.
Conclusioni, 56-57.
Appendice: Tumulus ed elogium nel Culex: Aspetti storico-archeologici,
58-76.
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Notes:


1.   Montanari (P.), "Primi elementi sul sepolcro dei Lucilii",
Bullettino della Commissione archeologica comunale di Roma, 100, 1999,
p. 167-196.

2.   Schwarz (M.), Tumulat Italia tellus. Gestaltung, Chronologie und
Bedeutung der roemischen Rundgraeber in Italien, Rahden, 2002. Voir
aussi Eisner (M.), Zum Typologie der Grabbauten im Suburbium Roms,
Mayence, 1986; Hesberg (H. von), Monumenta. I sepolcri romani e la loro
architettura, Milan, 1994, p. 113-134; Gros (P.), L'architecture
romaine. 2, Maisons, palais, villas et tombeaux, Paris, 2001, p.
422-435. Plus ancien, mais toujours utile: Fellman (R.), Das Grab des
Lucius Munatius Plancus bei Gae+ta, Ba^le, 1957, p. 63-98.

3.   Silius Italicus, XIII, 659-660.

4.   Lucain, Pharsale, II, 222.

5.   Sur ce point, ajouter a\ la bibliographie de l'ouvrage: Davies (P.
J. E.), Death and the Emperor. Roman Imperial Funerary Monuments from
Augustus to Marcus Aurelius, Austin, 2004, p. 13-19, 49-67.

6.   Nombre de ces blocs ont e/te/ remploye/s dans le castrum Caetani,
accole/ au tombeau de Caecilia Metella; ils avaient de/ja\ e/te/
signale/s par Paris (R.), Via Appia. Il mausoleo di Cecilia Metella e
il Castrum Caetani, Milan, 2000.

7.   Pour la Gaule, voir notamment Castorio (J.-N.), Maligorne (Y.),
Une tombe monumentale d'e/poque tibe/rienne a\ Nasium (cite/ des
Leuques), Paris, 2007. Voir e/galement Balty (J.-C.), "Des tombeaux et
des hommes: a\ propos de quelques mausole/es circulaires du monde
romain" dans Moretti (J.-C.), Tardy (D.) (e/d.), L'architecture
fune/raire monumentale: la Gaule dans l'Empire romain, Actes du
colloque organise/ par l'IRAA du CNRS et le muse/e arche/ologique
Henri-Prades, Lattes, 11-13 octobre 2001, Paris, 2006, p. 41-54.