BMCR 2009.08.24: Van den Kerchove on Bouteneff, Beginnings: Ancient Christian Readings of the Biblical Creation Narratives
Bryn Mawr Classical Review <[email protected]> Mon, 10 Aug 2009 08:58:22 -0400 (EDT)
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Peter C. Bouteneff, Beginnings: Ancient Christian Readings of the Biblical Creation Narratives. Grand Rapids, MI: Baker Academic, 2008. Pp. xv, 240. ISBN 9780801032332. $22.99 (pb). Reviewed by Anna Van den Kerchove, E/cole pratique des hautes e/tudes-Institut europe/en en sciences des religions ([email protected]) Word count: 924 words ------------------------------- To read a print-formatted version of this review, see http://bmcr.brynmawr.edu/2009/2009-08-24.html To comment on this review, see http://www.bmcreview.org/2009/08/20090824.html ------------------------------- Table of Contents (http://lccn.loc.gov/2008016926) En se plac,ant dans la perspective de l'histoire de l'exe/ge\se, Peter C. Bouteneff se propose d'e/tudier la manie\re dont les re/cits de cre/ation de Gene\se 1-3 ont e/te/ lus et interpre/te/s par les premiers chre/tiens. Apre\s avoir fait le point sur les versions he/brai+que et grecque des deux re/cits de la cre/ation dans le livre de la Gene\se et sur leur exe/ge\se juive (qui apparai^t relativement tardivement, au cours des IIe et Ier avant l'e\re commune, en particulier dans le Sirach et le Livre des Jubile/s), l'auteur consacre le premier chapitre a\ Paul. Tout en e/tant influence/ par l'exe/ge\se juive, Paul ope\re une double rupture avec celle-ci. D'une part, il associe la cre/ation a\ l'action du Christ ; d'autre part, il perc,oit Adam comme le premier pe/cheur et comme une image inverse/e du Christ. Pour autant, la doctrine du pe/che/ originel n'est toujours pas pre/sente chez Paul ; elle apparai^t plus tard, avec Je/ro^me, puis avec Augustin qui se fonde sur la traduction latine de la Bible par Je/ro^me. Tout en poursuivant la lecture christianocentre/e de la Gene\se initie/e par Paul, le IIe sie\cle met en place, pour les sie\cles suivants, les principes de l'exe/ge\se chre/tienne, notamment autour de la notion de typologie qui permet de lire et d'interpre/ter les livres juifs a\ la lumie\re des quatre e/vangiles. Il est inte/ressant de noter que les penseurs chre/tiens de l'e/poque ne mettent toujours pas l'accent exclusivement sur la faute d'Adam, mais pluto^t sur le libre-arbitre de l'homme. C. Bouteneff s'inte/resse a\ Justin le martyr, Me/liton de Sardes, The/ophile d'Antioche et Ire/ne/e de Lyon. Ce dernier exprime pour la premie\re fois l'ide/e d'une re\gle de foi (p. 75) qui doit pre/sider a\ la lecture et a\ la compre/hension des E/critures. Son attitude est peut-e^tre a\ relier a\ sa volonte/ de re/agir face a\ des interpre/tations diffe/rentes et non re/gle/es des e/critures, en particulier celle des Valentiniens. Apre\s s'e^tre brie\vement inte/resse/ a\ Tertullien, l'auteur consacre tout un chapitre a\ Orige\ne qui engage l'exe/ge\se chre/tienne sur une nouvelle voie. Orige\ne pose essentiellement la question de l'historicite/ des e/ve/nements relate/s dans les re/cits de cre/ation, en relation avec la diffe/rence entre sens litte/ral et sens spirituel. Il doute ainsi que certains e/ve/nements aient re/ellement eu lieu, attitude qui a pu lui amener quelques soucis. Notamment, concernant la cosmologie, il ne cherche pas a\ insister sur l'interpre/tation litte/rale ou scientifique de Gene\se 1-3. Apre\s une bre\ve notule sur Cyrille de Je/rusalem, Athanase d'Alexandrie et la Philocalie, le dernier chapitre concerne les Cappadociens et la manie\re dont ils se fondent sur Orige\ne tout en ne le disant pas explicitement, en raison de la condamnation dont ce dernier a fait l'objet. C. Bouteneff aborde successivement Basile de Ce/sare/e, Gre/goire de Nazianze et Gre/goire de Nysse et quelques-unes de leurs oeuvres. Cette e/tude met en exergue les liens entre eux, surtout entre Gre/goire de Nysse et Basile de Ce/sare/e, mais aussi leurs approches exe/ge/tiques diffe/rentes. Cet ouvrage s'adresse a\ un public cultive/ large ; un appendice donnant les deux re/cits de cre/ation dans la version grecque de la Septante et dans diffe/rentes traductions anglaises, ainsi que trois index (auteurs modernes, sources et sujets) permettent au lecteur de s'y repe/rer. Cet ouvrage est bienvenu en ces temps de de/bats houleux autour du cre/ationnisme et de l'e/volution, tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Il permet de revenir sur certaines ide/es rec,ues. Il rappelle que certaines lectures litte/rales sont peut-e^tre plus re/centes que certains ne le supposent parfois. Ainsi, a\ la lecture des pages de C. Bouteneff, on s'aperc,oit que les six jours avaient finalement peu de place dans les commentaires chre/tiens antiques et qu'ils n'e/taient pas vraiment perc,us comme un fait historique. Les exe/ge\tes ne cherchaient pas a\ les relier aux donne/es scientifiques de leur temps. Cette attitude est particulie\re suggestive par rapport au de/bat actuel sur le cre/ationnisme qui prend a\ la lettre le re/cit de la Gene\se. Il est e/galement inte/ressant de relever que l'ide/e d'une ge/ne/alogie humaine remontant a\ Adam e/mise par les auteurs chre/tiens antiques n'implique pas celle que l'homme est ne/ coupable de la faute d'Adam. Bien au contraire, ces auteurs mettent l'accent sur le libre-arbitre, position inte/ressante si on la met en perspective avec le long de/bat ulte/rieur en Occident autour de cette notion de libre-arbitre et de celle de pe/che/ originel. Ce que l'on peut regretter est le traitement re/serve/ aux textes provenant des groupes dits he/re/tiques. Le terme me^me d'he/re/sie n'est pas mis a\ distance. A\ propos d'Ire/ne/e, l'auteur mentionne les Valentiniens, mais sans donner de de/tail sur leur exe/ge\se, ce qui est dommage, notamment pour ce qui concerne la distinction entre image et ressemblance. De me^me, la manie\re dont certains gnostiques ont interpre/te/ le serpent de la Gene\se aurait pu e^tre aborde/e. Confronter la fac,on dont ces groupes interpre\tent la Gene\se a\ celle pratique/e par les auteurs ici e/tudie/s aurait e/te/ tre\s fructueuse. Il est vrai que l'ouvrage n'aurait plus eu la me^me ampleur. Les remarques qui pre/ce\dent sont finalement plus une incitation a\ poursuivre ce type de travail en e/largissant le corpus e/tudie/, sans tenir compte des frontie\res e/tablies peu a\ peu entre orthodoxie et he/re/sie. Notre dernie\re remarque concerne la cre/ation ex nihilo. C. Bouteneff la mentionne a\ propos de Justin le martyr qui parle de "unformed matter" (p. 62) ; nous ne sommes pas su^re que cette expression exprime re/ellement l'ide/e de cre/ation ex nihilo. Celle-ci serait apparue plus tardivement, au cours du IVe sie\cle. Ces deux remarques n'enle\vent rien a\ l'inte/re^t de l'ouvrage, qui invite a\ approfondir le the\me aborde/.