La troisième condition de Lénine - Résistons Ensemble ET sa diffusion

jb <[email protected]> Thu, 12 May 2016 09:19:44 +0200
Newsgroups gmane.politics.activism.zpajol
Message-ID <[email protected]>
Salut,
Voici dans le texte, le No 152, mai 2016, du petit journal mobile 
recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et 
sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa 
rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de rédaction


La troisième condition de Lénine 



C’était le premier mai à Paris et ce n’était pas comme d’habitude. Ce 
n’était pas la traditionnelle balade familiale avec les cortèges des 
partis Kurde ou Tamul. Devant le compact « carré de tête » des « chefs » 
et leur SO s’amassaient des milliers d’opposants à la « loi travail » et 
son monde, en lutte depuis déjà 2 mois. 

Jeunes et moins jeunes, 
parfois bardés de leur badge et drapeau syndicaux ont bravé l’ « ordre » 
et crié leur colère en réponse aux brutales provocations du pouvoir : 
cortèges violemment scindés, enfermant des milliers de personnes dans 
une « nasse » (tactique nouvelle déjà rodée lors des manifs lycéennes et 
employée le jeudi 28 avril et pour la première fois dans un cortège du 
premier mai !). Face aux gazages continuels, les manifestants n'ont pas 
fui et ont crié « police nationale, police du capital » ou encore « tout 
le monde déteste la police ». 
Vous vous rendez compte ? L’enfumage 
habituel se fissure ! Renvoi à l'échéance des élections de 2017, 
idéologie sécuritaire et raciste (leur « dernière carte » disions nous 
dans l'édito du RE d’avril dernier)…une partie de plus en plus massive 
de la population commence à ne plus vouloir en souper. L’Etat « le plus 
froid de tous les monstres froids. » (Nietzsche) est contraint de se 
dénuder. Son dernier atout ce sont ses hommes en armes : matraques, 
grenades, tonfas, flashballs et bientôt fusils d’assaut.
Pour Lénine trois conditions devaient être réunies pour le succès d’une 
révolution : qu’en bas on ne veuille plus, qu’en haut on ne puisse plus… 
et qu’existe un « parti révolutionnaire d’avant-garde capable de diriger 
les masses ». 

Les deux premières conditions commencent à être remplies 
en France. En revanche la troisième, on n'en veut pas : l’histoire a 
tragiquement et à plusieurs reprises condamné cette idée. En mai 1968, 
par exemple, c'est le PCF qui a entrepris de liquider la grève générale 
de 10 millions d'exploités d’où aurait pu surgir le pouvoir anti 
capitaliste du peuple. 
Pourtant on sent de plus en plus qu’une vraie « 
troisième condition » manque. D’où va-t-elle surgir ? Des assemblées 
populaires, genre « Commune de Paris », esquissées par les « Nuit Debout 
», qui essaimeraient dans le pays ? De la liaison de ces assemblées avec 
des grèves qui se généraliseraient et se durciraient ? Des quartiers 
populaires qui se révolteraient massivement sans plus être isolés, comme 
en 2005, face à la répression féroce de l’Etat ? D'un mouvement 
populaire de soulèvement spontané qui viendrait de n'importe où 
n'importe quand pour se dresser contre les massacres étatiques 
généralisés ? 
 
Aujourd’hui personne ne le sait, c’est normal tellement 
la situation est confuse et nouvelle. Mais une embellie semble se 
pointer. Et elle est pleine de promesses.





Répression sans borne de la lutte contre la « loi travail » et son monde 
: la solidarité s’organise !
Le mouvement dure maintenant depuis deux mois, il a vu naître de 
nouvelles formes de lutte notamment l'occupation de places publiques 
dont celle de la République à Paris (« Nuit Debout ») et a vu monter 
d'un cran la répression. Dès le début du mois d'avril , les blocages 
lycéens ont été systématiquement réprimés : charge de flics, tabassages, 
arrestations parfois au domicile, gardes à vue (notamment des lycéens du 
lycée Voltaire le 14 avril) ... Chaque journée de manifestation compte 
ses interpellés, parfois par centaines (par exemple 240 le 28 avril dont 
60 sur la seule ville de Marseille), et ses blessés, parfois très graves 
(le 28 avril , à Rennes, Jean François Martin ,étudiant, a perdu un œil 
suite à un tir de flashball , à Marseille, une élève de première, Lola, 
en a reçu un en plein ventre...). Outre les flics infiltrés dans les 
cortèges, des doubles cordons de CRS sont présents à l'intérieur des 
manifs et les encadrent , sur le côté , au coude à coude avec les 
manifestants ; des drones les surveillent ; des hélicoptères les 
survolent lâchant parfois des gaz lacrymos (le 9 avril place de la 
nation à Paris) ; des grenades de désencerclement sont systématiquement 
lancées à hauteur d'homme et il paraît même que les syndicats de flics 
font pression pour obtenir le droit d'utiliser des canons à eau ; les 
rassemblements sont communément gazés et matraqués (par exemple devant 
le théâtre de l'Odéon en soutien aux intermittents qui l'occupaient le 
25 avril) ... Les provocations sont constantes dont cette nouvelle forme 
d'intervention policière notamment employée le 28 avril et le 1er mai: 
la tête des manifs occupée par les étudiants et les lycéens indépendants 
et tous ceux qui souhaitent manifester hors des cortèges syndicaux (dont 
des syndiqués avec badge et drapeau) est isolée par les CRS (avec la 
collaboration active des SO CGT/FO) puis nassée et copieusement gazée en 
même temps que les coups de matraque se mettent à pleuvoir. La 
solidarité s'est organisée en conséquence : un témoignage de la « Street 
medic »parisienne en atteste en même temps qu'il donne une idée de la 
brutalité de la répression 
(https://paris-luttes.info/temoignage-d-une-streetmedic-lors-5552); le 5 
avril un appel a été lancé à « Nuit Debout » République et a permis un 
rassemblement de plusieurs centaines de personnes devant un comico du 
5ème arrondissement où plusieurs interpellés avaient été enfermés puis 
une manif sauvage aux cris notamment de « Zyed, Bouna, Rémi on n'oublie 
pas ! » . Les condamnations commencent cependant à tomber : le 9 avril , 
à Paris, sur les15 personnes mises GAV au moins 6 sont passées en 
comparution immédiate et ont écopé de prison avec sursis notamment deux 
personnes qui ont reconnu lors de leur GAV avoir jeté des projectiles 
sur les flics ( alors que ceux qui, accusés du même délit, ont refusé de 
rien dire ou signer chez les flics ont été relaxés) ; le 28 avril , lors 
de l'action de blocage du port de Gennevilliers, deux personnes 
interpellées ont été inculpées pour port d'arme (un opinel) et violence 
sur agent (pour celui qui s'était lui-même pris des coups), leur procès 
aura lieu le 6 Octobre, en attendant elles sont sous contrôle judiciaire 
; lundi 9 mai ce sera aux étudiants arrêtés lors de l'évacuation brutale 
de Tolbiac le 17 mars de passer devant le juge ;deux militants CGT PSA 
Rennes et Tremery ont été condamnés à de la prison ferme... Les lycéens 
n'ont pas échappé aux poursuites judiciaires : après Ryan élève de 15 
ans du lycée Voltaire à Paris qui a été mis en examen suite à sa 
participation au blocus du 1er avril et risque jusqu'à 15 ans de prison 
et 7500 euros d'amende, lundi 2 mai, c'est au tour de13 lycéens et 
lycéennes du 92 d'être convoqués à la Sûreté Territoriale de Nanterre 
pour s'être mobilisés notamment au lycée Léonard de Vinci de Levallois, 
ils ont été gardés à vue et libérés le mardi 3 mai. Ils et elles sont 
accusés d'être responsables de dégâts matériels occasionnés lors du 
blocage de leur lycée le 5 avril, journée de mobilisation nationale. Une 
vingtaine d'élèves de ce même lycée sont convoqués en commission 
disciplinaire, une exclusion définitive a déjà été prononcée pour 
certains d'entre eux. Mais, la solidarité s'organise également à ce 
niveau : un collectif de soutien du lycée Voltaire et un comité de 
soutien 92 se sont formés ;sur Paris, le groupe de défense collectif « 
Defcol » met à disposition un numéro de téléphone et un mail (07 53 89 
19 10 , [email protected] ) permettant de recueillir les témoignages sur 
les violences policières et de proposer une aide et un suivi juridique 
(avocats, conseils...) aux personnes interpellées ; une réunion qui 
s'est tenue le 4 mai à la Bourse du Travail de Paris pour permettre une 
résistance la plus large possible contre la répression et les violences 
policières a rassemblé des centaines de personnes de tous horizons. 






> [ Chronique de l'arbitraire ]
La haine des flics
L'état d'urgence encore pour 2 mois, soit disant pour que les 
footballeurs et les cyclistes soient en sécurité. Pour cela, restriction 
de la circulation, interdiction de séjour dans certains lieux et surtout 
maintien des assignations à résidence. A cela on rajoute toutes les 
dispositions prises par l'Etat pour asseoir encore plus sa violence.
Une formation expresse d'une semaine pour les CRS qui vont passer du 
maintien de l'ordre à la riposte lourdement armée en cas de force 
majeure. Cette dernière pouvant être une attaque terroriste mais aussi 
des manifestations, des révoltes qu'il faudrait réprimer. Les premiers 
formés vont pouvoir s'essayer durant l'Euro de football. Concrètement un 
arsenal de tireur d'élite, un déplacement en binôme un qui tire l'autre 
qui observe. La décision de tirer est basée sur l'initiative pour ne pas 
perdre de temps. Ou encore un plan national de contre terrorisme censé 
réunifier les différentes forces de l'ordre. Et un projet de loi qui 
veut plus de protection juridique pour les policiers et ce même en 
dehors du cadre terroriste. Dans la rue cela donne quoi? Des flics qui 
affichent clairement leur volonté d'en découdre. Comme par exemple le 14 
avril dernier lors de la manif contre la loi El Khomri un sticker collé 
sur la matraque d'un flic qui représentait la tête de mort emblème du 
Punisher, un personnage de l'univers Marvel. Son crédo : vengeance et 
justice personnelle! Ou encore ces flics qui piqués au vif arrachent les 
appels à témoins diffusés par l'IGPN après qu'un manifestant frappé par 
la police ait déposé plainte. Tout ceci sous fond de revendications de 
la police qui compte manifester contre "la haine anti-flic" le 18 mai 
place de la République à Paris.
Heure à préciser.

Flics-voyous en marge d'une manif à Lille
La vidéo montre une violence incroyable des flics lillois : après une 
manif contre la loi Travail, une trentaine d'entre eux défonce à coups 
de bélier la porte du local de la CNT (syndicat révolutionnaire) et 
interpelle deux militants. Accusés de quoi au juste ? On ne sait pas 
trop, d'avoir tagué des vitrines peut-être.

Prisonnières en lutte à Fleury-Mérogis
Une soixantaine de personnes se sont rassemblées samedi 16 avril devant 
la prison pour soutenir les prisonnières en lutte contre l’implantation 
du système de promenade unique. Les cris : « des parloirs tout le temps, 
des promenades tout le temps, téléphone tout le temps, liberté tout de 
suite », en basque aussi « presoak kalera, amnistia osoa » ont transmis 
notre message de solidarité et de soutien vers l’intérieur de la prison. 
Le 7 mai un nouveau rassemblement a eu lieu.

Une affiche de la CGT qui fait polémique
« CRS – Stop la violence ». Cette affiche a choqué dans les rangs 
policiers, au gouvernement, chez certains entrepreneurs aussi... Il 
n'est pas de bon ton de médiatiser une affiche qui dénonce la violence 
commise par les CRS. A moins que ce soit surtout le sang en arrière-plan 
de la matraque qui ait tant choqué. L'Union des entreprises des 
Pyrénées-Orientales n'a pu s'empêcher de répondre : selon elle, la 
police « nous protège », la CGT « les insulte ». Les deux ont raison : 
l'affiche de la CGT montre bien la violence que la police incarne, pour 
preuve les multiples violences qui aboutissent à la perte d'un œil, des 
fractures, des morts parfois. Mais la police « protège » aussi : les 
patrons, l'ordre établi....

Un lycée occupé par des réfugié(e)s à Paris
Depuis le 21 avril, des réfugié(e)s occupaient un lycée désaffecté dans 
le XIXème. Suite à la plainte de la région île de France, ils ont été 
évacué(e)s de force et avec violence le 4 mai au petit matin alors 
qu'ils étaient près de 300. Les soutiens présents devant le lycée ont 
été immédiatement et sans sommation gazés et maltraités et comme 
d'habitude les réfugié(e)s ont été triés, emmené(e)s dans des cars 
parfois en lointaine banlieue et en dépit de tout bon sens  (les membres 
de certaines familles ont parfois été séparés), environ 80 ont été 
emmenés au comico de l'Evangile et plusieurs sont ressortis avec une 
OQTF. Deux jours plus tôt c'étaient les réfugiés qui campaient sous le 
métro à Stalingrad qui avaient été évacués. Un blocage d'un débat sur « 
la solidarité » européenne aux migrants lors de la « Fête de l'Europe » 
(sic) a été organisé par les militants écœurés.




> [ Agir ]
Un nouveau guide:
Quelques principes de la défense collective et l’action du groupe ces 
derniers jours. Elaboré par le Groupe de défense collective (Defcol)
Tél : 07 53 82 19 10 ; mèl : [email protected]
Le guide est sur : 
https://paris-luttes.info/communique-du-groupe-de-defense-5442

Rassemblement « Stop à l’impunité policière »
mercredi 18 mai à 11 h, place de la République, juste avant la manif des 
flics, convoqué par le collectif UNPA.
Manifestation  convoquée par le « Collectif contre l’état d’urgence » le 
même jour, infos : paris.demosphere.eu

Eric Blaise, on ne t’oublie pas
Le combat de la famille Blaise suite au décès de leur fils Eric à la 
prison de Fleury-Merogis en 2005 : 
https://www.youtube.com/watch?v=XZSpH3e07fA
(Voir aussi RE n° 39, février 2006, n° 44, mai 2006)

Bordeaux
14 mai Mobilisation générale contre l'état d'urgence !!!
Manifestation, concert de casseroles, prises de parole, musique. Info :
https://fr.scribd.com/doc/311320680/Etat-d-urgence-Planche-Flyer-Mobilisation-du-14-mai

Solidarité avec Jean-Marc Rouillan…
… convoqué le 1er juin 2016 à l'audience de la Chambre correctionnelle 
10/1 Tribunal de Grande Instance de Paris pour : « avoir fait l'apologie 
publique d'un acte de terrorisme » C'est pour que la parole puisse 
continuer d'interroger le monde que nous vous appelons à refuser la 
censure et à venir assister à l'audience du 1er juin 2016.

Procès des salariés d'Air France « chemises déchirées »
vendredi 27 mai 2016 (heure non définie) Palais de justice de Bobigny 
173 avenue Paul Vaillant Couturier Bobigny (93) Métro 
Bobigny-Pablo-Picasso Tram Libération http://paris.demosphere.eu/rv/44936

_____________________________________________
ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

* abonnement/desabonnement via le web a <http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/zpajol/>
* abonnement par mail : ecrire a [email protected]
* desabonnement par mail : ecrire a [email protected]
* archives :  <http://news.gmane.org/gmane.politics.activism.zpajol>